Pérou, les poissons du District de Jenaro Herrera

Le mot de l’auteur

Comme je maintiens diverses espèces de cette région, je me suis intéressé à ses caractéristiques, et peu à peu, j’ai réuni de quoi constituer un mini-dossier sur ce district péruvien.

C’est au 16ème siècle que les espagnols de Pizzaro découvrirent le Pérou des incas, incas qui furent rapidement balayés par les conquistadores.
Aujourd’hui, le Pérou comprend 30 millions d’habitants, dont un tiers résident dans la capitale, Lima.
Le Pérou est grand comme deux fois la France, et plus de 70% de sa surface est une jungle dense, à l’est de la cordillère des Andes.

Carte du Pérou

Cette jungle, de type amazonienne, dissimule encore de nombreux secrets, et la présence d’indiens bravos, c’est-à-dire sans contact avec les péruviens, n’est pas des moindres.

Bien que comme partout le progrès rogne peu à peu sur la forêt, on estime que subsistent encore une quinzaine de tribus sans aucun contact avec la « civilisation », citons parmi celles-ci les Cacataibos, les Isconahua, les Matsigenka, les Mashco-Piro, les Mastanahua, les Murunahua (ou Chitonahua), les Nanti et les Yora.

La partie Est du pays, la jungle donc, est encore très peu peuplée, avec par exemple 2,4 habitants par km2 dans la région de Loreto, au nord-est, et 1,3 habitants  par km2 dans la région de Madre de Dios.

Les anciens départements du Pérou ont été transformés en régions, ce qui peut générer une confusion dans la localisation.
Dans cette fiche, c’est la région de Loreto qui nous intéresse, de  loin la plus grande, au nord-est, recouvrant une partie de la jungle péruvienne.

Emplacement de la région de Loreto

La capitale régionale est Iquitos, essentiellement accessible par avion et  bateau.
C’est dans le Loreto que se trouve le Parc national de la Sierra del Divisor, l’un des plus grands parcs nationaux mondiaux.

Le district qui nous intéresse ( un district est la plus petite division administrative au Pérou) est Jenaro Herrera, souvent orthographié Gennaro Herrera.
C’est la première orthographe qui est la bonne, le district tirant son nom de la ville de Jenaro Herrera, ainsi nommée en mémoire de Ernesto Herrera Torres Jenaro, écrivain et avocat.

C’est l’un des 11 districts de la Province de Requena, située dans la région de Loreto.
La capitale éponyme du district est située sur les bords du río Ucayali, qui provient bien évidemment de la Cordillère des Andes.

Le rio Ucayali

Jenaro Herrera est situé en amont de la confluence du rio Ucayali et du rio Maranon, qui iront ensuite alimenter l’Amazone.

Carte de Jenaro Herrera

Le district est situé au sud de la Réserve nationale Allpahuayo  Mishana, qui protège de nombreuses richesses, qu’il s’agisse de la faune ou de la flore.

A l’ouest, c’est l’immense réserve nationale Pacaya Samiria qui borde Jenaro Herrera.

A noter, ces deux réserves sont visitables, et il est possible d’y loger.

Les poissons constituent une base alimentaire importante dans cette partie du Pérou, et on y rencontre, plus au nord vers Iquitos, des sites de pêche sportive.

Gamitana

Tucunare

Recenser les poissons du district est un véritable casse-tête. 

Notons que de plus, l’ensemble de la région comprend plus de 300  espèces endémiques, dont une bonne partie est constituée de poissons maintenus en aquariophilie.

La majeure partie des exportations s’effectue vers les USA et l’Asie, la France représente 2% du total des exportations (6% pour l’Allemagne).
Hélas, pour des raisons alimentaires, les Tilapia ont été introduits au Pérou, et leur croissance est exponentielle, toutefois moins dans le Loreto que dans les autres régions.

Le biotope

Eau blanche : visibilité faible, du fait des minéraux et sédiments  dissous dans l’eau. Fréquemment il n’y a que du bois et des feuilles mortes. L’eau blanche affiche souvent les valeurs suivantes :
pH  compris entre 6.2 et 7.2
kH  compris entre 0.2 et 0.4
GH  inférieur à 1°

Eau claire : peu de sédiments dissous, donc meilleure visibilité, l’eau provient de massif montagneux.  Nombreuses roches, dépourvue de végétation.
Le pH est compris entre 4.5 et 7.8
Le kH est inférieur à 0.3
La dureté totale, GH est comprise entre 0.3 et 0.8°

Eau noire : eau colorée et chargée de tanins ainsi que de divers acides humiques dus à la décomposition des feuilles et branches d’arbres, un exemple : le Rio Negro. Les rivières coulent sous le couvert des arbres, et comme elles reçoivent peu de lumière et que l’eau est acide et faiblement minéralisé, elles sont généralement dépourvues de végétation. L’eau est transparente, bien que de couleur thé. Les poissons se cachent dans les racines des grands arbres, et dans les branchages tombés. 
Le pH est compris entre 3.8 et 4.7
Le kH est non-mesurable (faible quantité de carbonates)
La dureté totale : 0.1° GH
Les eaux noires se rencontrent le plus souvent au nord du bassin amazonien, les eaux blanches à l’ouest, et les eaux claires à l’est, mais c’est bien évidemment une généralité souffrant d’exceptions.

Les rios les plus représentatifs, et fréquemment cités, sont :
Eaux noires : Rio Negro, le Rio Abacaxis, le haut Rio Trombetas et le haut Rio Nhamunda.
Eaux blanches : Rio Solimoes, le Rio Amazonas, le Rio Madeira et le Rio Branco.
Eaux claires : Rio Tapajós, le rio Xingu, le rio Guaporé et le Rio Tocantins.

Pour la région qui nous intéresse, Jenaro Herrera, le cours d’eau principal est l’Ucayali.

Ce Rio coule sud-nord, en provenance de la région de l’Ucayali, rejoignant le Rio Maranon, pour constituer la source principal de l’Amazone.
Le Rio Ucayali provient de la confluence du Río Tambo et du Río Urubamba à la hauteur d’Atalaya.

Ces deux derniers Rios viennent des Andes, et plus précisément du système glaciaire andin.

Mais le Tambo et l’Urubamba parcourent plus de 800 kms en forêt avant de créer l’Ucayali.

Ce dernier a de nombreux affluents, fréquemment en provenance des Andes, qu’il longe du sud au nord.

 L’Ucayali.

Le bassin de L’Uacayali est complexe, avec d’innombrables îles sur le cours principal, des affluents d’origine diverses, et de nombreux bras morts.

C’est bien souvent dans ces derniers, riches en eaux noires, que nous allons trouver des espèces de cichlidés, soit endémiques, soit répandues sur de plus vastes biotopes.

De manière générale, les biotopes abritant des cichlidés dans cette région vont se caractériser par l’absence de plantes aquatiques, avec par contre beaucoup de plantes flottantes (je mets des lentilles d’eau dans mes bacs, afin de filtrer la lumière, mais attention , il convient de prévoir leur ramassage régulier, tant l’expansion est rapide)

Le substrat est sablonneux, souvent de sable blanchâtre et très fin ( important pous la conservation des apistos), avec du limon le recouvrant, et sur ce limon, des couches importantes de feuilles et de brindilles (bien sûr, j’utilise de la catappa)

Pas ou peu de roches, dans le milieu naturel, et cela va de soi, les racines immergées sont nombreuses.

Toutefois, d’autres familles sont représentées dans ce biotope, bien évidemment, et nombre d’espèces sont également endémiques.
Etablir une liste précise des 5000 espèces qui vivent au Pérou (espèces connues à ce jour !) voir même des 1800/2000 endémiques serait fastidieux, et inutile.

D’innombrables Characidés, des Callichthyidae également..

Planète Catfish a  une longue liste d’autres poissons-chats , et notamment des espèces du bassin du Rio Ucayali.

Pour les cichlidés, je suis parti de la base solide que constitue le livre «  Cichlids fishes of the Amazon drainage of Peru », de Sven Kullander, publié en 1986, que j’ai actualisé bien évidemment.

Bien sûr, impossible de citer les cichlidés du Pérou sans évoquer Patrick de Rham, que Kullander cité à différentes reprises.
A cette époque, Kullander parle de 55 espèces de cichlidés présentes au Pérou.

Il va de soi que ceci évolue sans cesse, par exemple en octobre de cette année, deux nouvelles espèces d’apistos ont été découvertes dans le Loretto.

Kullander avait en effet noté la présence intéressante de ces cichlidés endémiques, et je vais tenter d’insister plus particulièrement sur le bassin de l’Ucayali, et de la région de Jenaro Herrera.


Le port de Jenaro Herrera.

Cichlidés a priori endémiques.

Genre : Aequidens Espèce : patricki, endémique d’une zone limitée aux rivières Rio Aguaytía et Rio Pachitea ( cf fiche sur cet Aequidens sur le forum)
Genre : Aequidens Espèce : sp. Jenaro Herrera, bassins Ucayali et Nanay,secteur du bas Ucayali (cf fiche sur cet Aequidens sur le forum)
Genre : Andinoacara Espèce : stalsbergi, biotope : les rivières et les lacs trans-andins de la côte Pacifique.
Genre : Apistogramma Espèce : allpahuayo, Rio Nanay
Genre : Apistogramma Espèce : amoena, Río Ampiyacu dans le bassin du Rio Amazonas.
Genre : Apistogramma Espèce : atahualpa, Rio Nanay
Genre : Apistogramma Espèce : baenschi, Rio Shanushi, dans la zone inférieure du bassin du Rio Huallaga
Genre : Apistogramma Espèce : barlowi, bassin du Río Ampiyacu
Genre : Apistogramma Espèce : cinilabra, 78 Km au sud d’Iquitos, entre Iquitos & Nauta, 4°00’46 ».2″S, 7327’47.7″W,lacs et étangs
Genre : Apistogramma Espèce : eremnopyge, Rio Pintuyacu, un affluent du Rio Itaya près 
d’Iquitos
Genre : Apistogramma Espèce : feconat, Rio Pucacuro, district de Loretto
Genre : Apistogramma Espèce : Huascar, Rio Nanay
Genre : Apistogramma Espèce : nijsseni, Río Carahuayte et Río Yavarí, affluents du Río Ucayali
Genre : Apistogramma Espèce : ortegai, petits cours d’eau affluents de la rivière Ampiyacu près de Pebas
Genre : Apistogramma Espèce : panduro, Río Tahuayo et Río Tamshiyacu, bassin du Río Ucayali 
(cf fiche sur cet Apistogramma sur le forum)
Genre : Apistogramma Espèce : paulmuelleri, Rio Quebrada, entre Iquitos et Nauta
Genre : Apistogramma Espèce : sp Alto Tapiche, Rios Ucayali et Tapiche
Genre : Apistogramma Espèce : urteagai, bassin du Rio Madre de Dios
Genre : Apistogramma Espèce : wolli, Origine : Cabo Pontoja,district de Loretto
Genre : Bujurquina Espèce : apoparuna, Rio Ucayali
Genre : Bujurquina Espèce : cordemadi ; Madre de Dios
Genre : Bujurquina Espèce : eurhinus, ville de Pilcopata, partie supérieure du Madre de Dios, Parc national de Manu, Rio Colorado et rio Marcapata
Genre : Bujurquina Espèce hophrys,   Rio Pachitea et Rio Aguaytía , Bassin supérieur du Rio Ucayali
Genre : Bujurquina Espèce : huallagae, Rio Huallaga, un affluent du río Marañón,près de la ville de Tingo Maria, et  à Tarapoto (sur le rio Shilcayo ?)
Genre : Bujurquina Espèce : labiosa, Rio Chinipo  bassin supérieur du Rio Ucayali  
Genre : Bujurquina Espèce : megalospilus,   Rio Pachitea et Rio Aguaytía , Bassin supérieur du Rio Ucayali
Genre : Bujurquina Espèce moriorum, Rio Quebrada Carahuayte,bassin de l’Ucayali,et dans la région de  Mazam au bord du Rio Napo 
Genre : Bujurquina Espèce : ortegai,   Rio Mayo, bassin du Rio Huallaga
Genre : Bujurquina Espèce : robusta, Rio Chinipo  bassin supérieur du Rio Ucayali  
Genre : Bujurquina Espèce : syspilus, Rio Pacaya, bassin du Rio Ucayali, et Rio Yavarí
Genre : Bujurquina Espèce :tambopatae, Rio Tambopata (bassin Río Madre de Dios). 
Genre : Crenicichla Espèce :Anthurus, Rios Ucayali, Huallaga (affluent du Río Marañon), Putumayo, Napo et Amazone (au Pérou). 
Genre : Tahuantinsuyoa Espèce : macantzatza, Rio Aguaytía, dans le Haut Ucayali


Apistogramma allpahuayo


Bujurquina peregrinabunda,photo A.Stalberg


Crenicichla anthurus

Cichlidés non-endémiques

Genre : Acarichthys Espèce : heckelii
Genre : Acaronia Espèce : nassa
Genre : Aequidens Espèce : diadema
Genre : Aequidens Espèce : tetramerus
Genre : Andinoacara Espèce : rivulatus
Genre : Apistogramma Espèce : agassizii (cf fiche sur cet Apistogramma sur le forum)
Genre : Apistogramma Espèce : aguarico
Genre : Apistogramma Espèce : bitaeniata
Genre : Apistogramma Espèce : cacatuoides (très présent dans le bassin de l’Ucayali)
Genre : Apistogramma Espèce : cruzi
Genre : Apistogramma Espèce : eunotus
Genre : Apistogramma Espèce : juruensis
Genre : Apistogramma Espèce : luelingi
Genre : Apistogramma Espèce : moae
Genre apistogramma Espèce : rubrolineata
Genre Apistogrammoides Espèce : pucallpaensis ( se rencontre dans l’Ucayali)
Genre : Astronotus Espèce : crassipinnis
Genre : Astronotus Espèce : ocellatus
Genre : Biotodoma Espèce : cupido
Genre : Bujurquina Espèce : peregrinabunda
Genre : Chaetobranchus Espèce flavescens
Genre : Cichla Espèce : monoculus
Genre : Cichlasoma Espèce : amazonarum
Genre : Cichlasoma Espèce boliviense
Genre : Cichlasoma Espèce : festae
Genre : Crenicara Espèce : punctulatum ( se rencontre dans l’Ucayali)
Genre : Crenicichla Expèce : cincta
Genre : Crenicichla Espèce :cyanonotus
Genre : Crenicichla Espèce :johanna
Genre : Crenicichla Espèce : lucius
Genre : Crenicichla Espèce : proteus ( se rencontre dans l’Ucayali)
Genre : Crenicichla Espèce : reticulata
Genre : Crenicichla Espèce : sedentaria ( se rencontre dans l’Ucayali)
Genre : Geophagus Espèce : proximus ( se rencontre dans l’Ucayali)
Genre : Heros  Espèce : efasciatus
Genre : Hypselecara Espèce : temporalis ( se rencontre dans l’Ucayali)
Genre : Laetacara Espèce : flavilabris
Genre : Laetacara Espèce : thayeri
Genre : Mesonauta Espèce : festivus
Genre : Mesonauta Espèce : mirificus
Genre : Pterophyllum Espèce : scalare
Genre :Satanoperca Espèce :jurupari ( se rencontre dans l’Ucayali)
Genre : Symphysodon Espèce : aequifasciatus

Cette liste n’est sans doute pas complète, et qu’elle sera obsolète au fur et à mesure de la découverte de nouvelles espèces. 

Ce qui est frappant en consultant cette liste c’est l’hyper représentativité de certains genres, comme Bujurquina, par exemple.

Dans les endémiques, on relève 2 Aequidens, 1 Andinoacara, 16 Apistogrammas, 12 Bujurquina, 1 Crenicichla et l’oiseau rare, 1 Tahuantinsuyoa.
Dans les non-endémiques, j’ai noté : 1 Acarichthys , 1 Acaronia , 2 Aequidens ;1 Andinoacara ; 10 Apistogramma, Genre 1 Apistogrammoides , 2 : Astronotus, 1 : Biotodoma , 1Bujurquina ; 1Chaetobranchus , 1Cichla, 2 Cichlasoma , 1 Crenicara, 7 Crenicichla, 1 Geophagus, 1 Heros, 1 Hypselecara, 2 Laetacara, 2 Mesonauta, 1 Pterophyllum, 1 Satanoperca, et 1 Symphysodon.
Soit 74 espèces.

En faisant un mini-organigramme, on obtient donc : Pérou > Loretto, Ucayali, et enfin Jenaro Herrera.

Inutile de revenir sur les conditons générales de maintenance des espèces issues de ce biotope, mais attention aux Bujurquina, qui bien souvent présentent des conditions de maintenance assez différentes.

Pour les espèces du biotope Jenaro Herreara, si l’on souhaite respecter ce biotope, on peut les maintenir en bac communautaire avec Corydoras panda et Corydoras trilineatus, qui se trouvent dans l’Ucayali.

Brochis multiradiatus sera également un compagnon sensiblement du même biotope.

Toujours chez les siluriformes, Ancistrus. Rio Ucayali porte un nom qui me dispense de tout commentaire.

Chez les Plecos, Panaqolus albivermis fera très bel effet.

Parmi les tetras de l’Ucayali, on trouve Hyphessobrycon frankei, Hyphessobrycon loretoensis, Hyphessobrycon peruvianus.

Plus commun, Paracheirodon innesi ne sera pas dépaysé non plus. Nannostomus trifasciatus serait également à son aise.


Panaqolus albivermis

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Uaru
  
 

Réflexion autocritique & aquariopsychologique….ou pamphlet ?

Analyse autocritique d’un aquariophilie !

S’ils sont d’indéniables antidotes à la solitude et au stress, les animaux de compagnie sont aussi et parfois de véritables donneurs de leçons… de vie.  Pensez à l’indéfectible loyauté du chien, la fière sensualité du chat, l’hypersensibilité du cheval, l’inaltérable impassibilité du poisson rouge…

La surenchère dans le choix des épithètes est la règle dans le monde des animaux de compagnie et dans ce domaine l’aquariophilie et les aquariophiles, en particulier, n’échappent pas à la règle, bien au contraire. Souvent, ces passionnés que nous sommes développons un univers dans lequel les projections narcissiques, amour de la nature associés à des connaissances empiriques cohabitent avec plus ou

moins d’excès.

A tel point que la question se pose de savoir si cette passion est animée par l’amour des animaux ou plutôt l’amour de soi ?

« Autrefois utilitaires dans le milieu rural, peluches vivantes pour les enfants ou petits compagnons des personnes âgées, le chien et le chat ont totalement investi la famille. La dimension affective dans cette relation ne cesse de se renforcer. Aujourd’hui, ce qui est nouveau et qui a changé la philosophie de conservation de nos animaux, c’est la notion de responsabilité, d’engagement qui anime les aquariophiles qui veulent  connaître leurs animaux, les biotopes dans lesquels ils évoluent, se passionnent pour reproduire au maximum les meilleures conditions de maintenance de leurs poissons….font tout pour mieux s’en occuper. »

Par ailleurs, certains propriétaires acquièrent en la matières une telle connaissance par l’observation de leurs poissons, leurs conditions de maintenance  et tous les moyens qu’il faut mettre en œuvre pour y arriver qu’ils sont, la plupart du temps , intarissables et certains s’autoproclament même « docteur es science » en la matière, n’hésitant pas à se promouvoir conférencier au passage !

Car, si parler de son (ses) poisson(s), de son (ses) aquarium(s) engage l’affect de manière parfois incontrôlable, cela déchaîne très (trop) souvent des passions.

« On ne peut nier qu’il existe un investissement narcissique important dans la relation avec les animaux que l’on détient », faisait remarquer un psychologue.

« Le propriétaire évoque souvent la particularité de son animal, sa capacité à réagir à telle ou telle situation, à devancer certaines demandes. Le discours tourne la plupart du temps autour de la spécificité de tel ou tel poisson ou maintenance d’une espèce particulière, et cela est fréquent chez les personnes qui ont du mal à parler d’elles. »

L’animal, serait donc un thérapeute pour l’homme !

Si l’animal a le don de délier les langues et de générer des démonstrations affectives particulières que nous avons évoquées, sa spécificité est justement de ne pas être un thérapeute : Ne nous calquons pas sur les psychologues de la boule de cristal….avec un poisson rouge !

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« À une époque où tout doit être thérapeutique, l’animal de compagnie offre, lui, un espace relationnel, qui a certes des effets bénéfiques, mais qui repose sur l’absence de norme et d’attentes particulières. Entre un animal et son propriétaire, il se passe des choses d’ordre émotionnel, mais est-ce pour autant thérapeutique ? ».

Est-ce pour cette raison que progressivement les aquariums trouvent leur place dans les hôpitaux et autres lieux ?

Pour beaucoup de psychologues, la plus grande vertu de cette relation réside dans la dimension créative que génère la passion de l’aquariophilie.

« Le fait que la communication avec l’animal soit non verbale oblige à affûter son sens de l’observation, pour le comprendre et être compris de lui. En cela, elle est une école de l’altérité. »

ou

« Notre relation avec l’animal de compagnie n’est ni un substitut ni une singerie des relations humaines, mais un supplément qui les enrichit ».

ou

« Le besoin qu’a l’homme de s’approprier la nature est inscrit en lui depuis les origines »

et encore

« Le phénomène animal de compagnie » est allé croissant avec la perte progressive du contact avec la nature. En prenant un animal sous son toit, l’homme a, d’une certaine façon, l’impression de la recréer ».

mais

«Il existe un sentiment selon lequel le crime contre la faune n’en est pas véritablement un ! »

Profil psychologique de l’aquariophile-collectionneur.

Comme cela a déjà été abordé, la satisfaction du collectionneur repose sur la recherche et sur l’acquisition, beaucoup plus que sur la possession.

Mais le collectionneur reste un éternel insatisfait car il est guidé par un désir insatiable : la découverte et l’acquisition de nouvelles pièces. Ce besoin est comparable à la faim, car s’il peut être assouvi le temps d’une acquisition, il revient sans cesse. Le collectionneur est un consommateur maniaque qui renouvelle toujours l’expérience de recherche et d’acquisition. Et même si dans certaines périodes il achète moins, il est seulement « calmé », car il est un point commun à tous les aquariophiles : l’absence de point de saturation.

Le collectionneur est un passionné, et comme tout passionné, son comportement n’est pas gouverné par la raison mais par des comportements compulsifs. Le collectionneur est méticuleux, soigneux, il trie, range, et bien souvent expose sa collection. Il est méthodique : il recherche selon différentes méthodes, à différents endroits, entretient ses contacts, créé et diffuse des listes de recherche auprès de son réseau. Il a très souvent une tendance à la surestimation : il donne une valeur plus élevée à l’objet qu’il désire acquérir que sa valeur réelle.

Le collectionneur, passionné par sa collection, lui accorde une part conséquente de ses revenus et lui consacre une grosse partie de son temps de loisir. Son comportement s’assimile presque à un trouble obsessionnel compulsif.  Dans de nombreux cas d’ailleurs, la collection est assimilée à une pathologie de l’esprit, on parle de collectionnomanie.

Nous pouvons distinguer deux profils d’aquariophiles-collectionmaniaques :

  • L’aquariophile vitrine : plutôt extraverti et presque exhibitionniste, il ne parle que de sa collection (environ 70% des aquariophiles sont des « aquariophiles vitrines »).
  • Le collectionneur placard : introverti et méfiant, il ne montre jamais sa fishroom ni même de photos. Il est cependant tout aussi actif dans la recherche, l’acquisition et la rencontre de nouveaux aquariophiles (environ 30% des aquariophiles sont des « aquariophiles placards »).

La complexité psychologique que nous venons de décrire  explique pourquoi ce type d’aquariophile s’attache beaucoup plus à son activité de « collectionneur animalier » qu’à la maintenance de ses poissons.

C’est un point important dont il faut être conscient dès qu’on s’intéresse à la collection, que ce soit en tant qu’observateur ou acteur.

Bien que tous les objets puissent être collectionnés, certains présentent plus de prédispositions à l’être, et sont par conséquent plus collectionnés que d’autres. Il existe différents facteurs qui font d’un objet une pièce de collection et notamment les différences plus ou moins complexes qui séparent chaque élément de la catégorie d’objet à laquelle il appartient, mais aussi les émotions qu’il évoque et auxquelles il est lié, son importance culturelle ou historique.

Finalement la question qui vient à se poser est la suivante : Les aquariophiles sont-ils névrosés ?

Chez certains la maintenance des poissons poussent à augmenter sans fin le nombre de bacs en fonctionnement à leurs domiciles y compris au sein de structures associatives auxquelles ils peuvent appartenir : Les fishrooms !

Autre caractéristique de ces aquariophiles :

  • Où sont les limites ?
  • Quelles limites imposent à leur passion et à leur entourage ?

Souvent, ils n’ont pas ou peu de de point de saturation….c’est bien souvent leur budget financier ou le conjoint qui les ramènent à la triste réalité permet de réduire les  contraintes qu’imposent leur passion : Phénomène de CAF (Coefficient d’Acceptation Féminin) !

Même si leur goût change (cichlidés américains VS  cichlidés africains) et que leur intérêt se déplace vers d’autres types d’espèces, ils ne s’arrêtent vraiment  jamais et reviennent souvent à leurs premières amours. Mais, rassurons nous, cela n’a rien à voir avec ce que les psychanalystes freudiens définissent comme un « trouble obsessionnel compulsif ».

« L’aquariophilie fait de nous tous, des compulsifs ! »

C’est bien vrai à des degrés divers, c’est pourquoi le “collectionnisme aquariophile” n’est ni un comportement pathologique ni une maladie. On peut même dire que c’est un traitement en soi !

Quand on constate et mesure avec quelle ferveur, l’aquariophile est attaché à ces poissons ou aquariums, on remarque que sa démarche n’a pas forcément de rapport avec leur rareté ou leur valeur marchande. Il s’agirait en fait d’une projection de son psychisme. La preuve en est que bien des aquariophiles sont déprimés lorsqu’ils ont terminé ou, quand ils considèrent «avoir fait le tour de d’une espèce à maintenir » qu’il leur suffit d’en commencer une nouvelle aventure, et la dépression disparaît Il en est de même pour ces aquariophiles qui après avoir fini un bac en recommencent un autre…souvent plus gros que le précédent ou les précédents !

Bien évidemment, dans ce petit monde, l’esprit mercantile trouve aussi sa place chez certains personnages. L’aquariophilie n’échappe pas à cette règle universelle.

Toutefois, on peut se demander si cette quête perpétuelle d’acquisition n’est pas une tentative de restaurer l’image de soi en complétant sa fishroom sans cesse d’éléments nouveaux, de bacs supplémentaires…

Collectionner pourrait alors être considéré comme une valorisation narcissique.

Quelques chiffres approximatifs et extrapolés

  • Les aquariophiles se répartissent en 73 % d’hommes et 27 % de femmes.
  • 50 % ont commencé leur « collection » entre 4 et 15 ans d’âge.
  • La majorité des aquariophiles y consacrent de 5 à 20 % de leur budget.
  • 9 % pensent que c’est une façon de placer de l’argent.
  • 90 % s’occupent régulièrement de leur fishroom, mais le temps passé varie de 10 à 100 % du temps de loisir total.
  • 60 % acceptent de montrer leur collection à leurs amis, 20 % de temps en temps, 20 % jamais.

Très rares sont les aquariophiles qui s’estiment « enfermés » dans un carcan d’espèces particulières (sauf les cichlidophiles !) qui se multiplient à l’infini.

« La grande majorité d’entre eux se sent libre et heureuse, ils sont fiers de leur passion, de connaître à fond leur sujet, de faire œuvre de protection d’un patrimoine culturel. »

Ce qui confirmerait l’hypothèse de la valorisation narcissique. Mais que penser de ceux qui rendent la vie de leurs proches insupportable ?

« Leur comportement devient dangereux lorsque la collection a dépassé son but, l’aspect passionnel prend le dessus, et ils perdent toute notion de réalité ».

Ce sont des cas rares, bien sûr !

Quant aux aquariophiles dits “normaux”, même s’ils ne souffrent pas d’une maladie, ils ne guérissent pas du “collectionnisme”. C’est une véritable dépendance, un peu comme l’alcoolisme, à la différence que cette assuétude est plutôt sympathique.

«Il y a une différence fondamentale entre l’individu qui collectionne et celui qui ne collectionne pas. Comme si, chez le collectionneur, il y avait un dispositif qui n’est pas présent chez le non-collectionneur »,

En effet, l’animal de collection/l’objet de collection (on parle autant des poissons que de leurs contenants : les aquariums) ne doit avoir pas avoir d’utilité, et le collectionneur, de motivation mercantile.

Les psychologues divisent les objets/animaux de collection en deux catégories :

  • l’objet/animal « bouchon » qui comble un manque chez le collectionneur,
  • l’objet/animal « vitrine » qui lui permet d’exprimer son narcissisme.

Et si on parlait de la difficulté de montrer ses aquariums et ses poissons !

« Le problème des aquariophiles est que, plus ils accumulent, moins ils peuvent montrer ce qu’ils ont !

Il est vrai que déplacer ces aquariums n’est pas une mince affaire et relève de l’impossible !

Pourtant, dans les manifestations de type « Bourse », à une échelle plus réduite, sont déchargés au « cul du camion » bacs, matériels et plantes et poissons.

Mais chez certains aquariophiles, cela relève d’une forme de confidentialité que de montrer ce qu’ils possèdent : Il faut cacher ce qu’on aime de peur d’avoir à partager.

La démarche du collectionneur est qu’en principe, celui-ci ne montre pas ses possessions !

ATTENTION, danger(s)…..le Syndrome de Noé !

Cette forme de passion couve dans son exercice un autre danger bien réel : Le « syndrome de Noé », appelé en anglais « animal hoarding » qui est une maladie mentale qui consiste à posséder trop d’animaux de compagnie.

Plus exactement, on possède plus d’animaux que l’on en peut héberger, nourrir et soigner correctement et dans le même temps, on dénie cette incapacité.

Les malades sont vraiment attachés à leurs animaux et n’envisagent pas de s’en séparer. Le plus souvent ils ne veulent pas admettre qu’ils les font souffrir. Cette maladie atteint plus particulièrement des femmes (ouf, sauvés pour l’essentiel des aquariophiles : les compagnons féminins aquariophiles ne sont pas légion !), d’autant plus quand elles sont âgées de plus de 60 ans et vivent seules.

 …ou pire, le syndrome de Diogène !

Le syndrome de Diogène est un syndrome décrit par Clark en 19751 pour caractériser un trouble du comportement conduisant à des conditions de vie négligées, voire insalubres.

Diogène et son tonneau : Le précurseur de l’aquariophilie ?

Ce syndrome est une forme extrême d’accumulation compulsive ou syllogomanie.

La personne présentant ce syndrome choisit un isolement social aussi grand qu’il lui est possible ; elle en arrive à vivre presque recluse chez elle, n’ayant dès lors plus autant de raisons d’entretenir son logement et se désintéressant en même temps, à un degré plus ou moins grand, de son hygiène personnelle.

Se pensant à tort ou à raison en risque de pauvreté extrême, ce qui lui est suggéré par la vie peu gratifiante où elle s’installe, elle essaie d’économiser le plus possible pour parer à l’avenir, et accumule parfois des sommes importantes sans avoir réellement conscience de leur valeur. Accumuler aussi chez elle de grandes quantités de déchets ou du moins d’objets sans utilité immédiate l’amène à vivre dans des situations insalubres : d’abord simple encombrement, puis impossibilité d’entretenir ou même de faire entretenir son logement en raison même de cet encombrement devenu obstacle.

L’aquariophilie-collectionnite serait considérée comme TOC ?

Vivre avec une personne qui accumule bacs après bacs, des poissons à gogo rend vite la vie infernale… et bordélique !

C’est l’horreur : imaginez des bacs partout, une chaleur humide, des odeurs nauséabondes de poissonnerie mélangées à la fermentation, des factures électriques exorbitantes, un encombrement sauvage des lieux….

Aucune maison n’est jamais assez grande pour accueillir des aquariums toujours plus nombreux et plus grands. Dramatiquement, les aquariums et les poissons occupent tous les espaces libres dans la maison jusqu’aux endroits les plus intimes comme votre chambre ou celle de vos enfants. Cela devient une vraie pathologie qui cause beaucoup de dégâts relationnels…

Quand on rencontre ce genre d’individu, on se rend compte qu’à cause de ça, il n’a plus de vraie vie sociale… et quelle femme voudrait partager cette vie ?

Et, souvent, cette personne refuse de prendre conscience que c’est un TOC et que ça se soigne. Ces personnes ont tellement de plaisir à accumuler et cela leur plaît de vivre ainsi !

Face à ces démonstrations, on peut se demander à partir de quel moment un tel comportement devient vraiment un TOC.

Plus scientifiquement, il existe une définition de l’accumulation pathologique aussi appelée accumulation compulsive. Les critères sont les suivants:

  • l’acquisition ou l’impossibilité de se débarrasser d’un grand nombre de biens qui apparaissent comme étant inutiles ou de valeur limitée;
  • les espaces de vie sont tellement encombrés que la réalisation des activités pour lesquelles ils étaient destinés est rendue difficile voire impossible;
  • l’accumulation entraîne une détresse significative ou une altération du fonctionnement de la personne.
  • On se situe donc bien au-delà de la collection !
  • Dans l’accumulation compulsive, il n’y a pas le désir de compléter une collection mais bien l’impossibilité de se débarrasser d’objets/animaux auxquels la personne s’accroche.

Quelle est finalement le profil psychologique type de l’aquariophile ?

Collectionner des poissons et des bacs est un instinct humain de base et très antique, propre  en général, aux personnes organisées, soigneuses et voire éventuellement un petit peu obsessionnelles (autre définition de la rigueur qu’impose une maintenance sans reproche ?), de sorte que, souvent, cette belle passion peut se transformer en la passion d’une vie, avec tout ce que cela peut comporter….de bon et moins agréable pour soi et pour l’entourage proche.

Pour un aquariophile dit normal, c’est souvent d’abord le processus de recherche qui procure le plus de plaisir ou le premier moment de satisfaction, mais chez l’aquariophile « puriste », trouver le poisson rare dont la souche est connue, nouvellement découverte et, « cerise sur le gâteau » fraîchement rapportée de sa rivière d’origine, donc hors du commun ou difficile à obtenir, équivaut à la quête du Saint Graal faite par les croisés et devient une forme de consécration.

Parfois, ce poisson rare peut reléguer, à son arrivée dans la fishroom, tous les autres poissons de la même espèce dont la souche est moins noble ou inconnue !

Notez qu’au passage, dans le cas d’une nouvelle espèce découverte, l’aquariophile pourrait même lui donner son nom : C’est le Nec plus ultra !

De ces comportements, parfois exagérés, il se dégage néanmoins quelques idées-forces :

  • accumuler n’est pas tout-à-fait collectionner et encore moins la garantie d’assurer une maintenance aquariophile digne de ce nom : Même si le l’aquariophile est ordonné et soigneux, et a l’habitude de partager sa passion avec ses coreligionnaires en la montrant avec orgueil, en distribuant même sa production piscicole…., l’accumulation segmentée et désordonnée, sans souci de la qualité de la maintenance assurée, est une forme de psychopathologie, comme le syndrome de Diogène.
  • Les aquariophiles sont (devraient être) ordonnés et voire obsessionnels. Normalement, comme on a déjà dit, les aquariophiles sont ordonnés et soigneux mais on y trouve parfois aussi une certaine tendance obsessionnelle qui peut être exacerbée ….sans  forcément tomber dans la pathologie.
  • Une majorité des aquariophiles a commencé sa passion dès l’enfance ou dans la préadolescence qui sont des époques favorables pour s’y initier, bien qu’en la matière il n’existe, heureusement pas, de règle définie. Au stade de l’enfance on est collectionneur par nature : collectionner et identifier ce sont des instincts de base, quelque chose d’enraciné en nous tous. Initié à l’enfance, cet instinct basique nous accompagnera, s’il ne subit pas de contrainte majeure, toute la vie. Parce que qu’une collection vivante est la partie la plus attractive de l’aventure, une collection, quelle qu’elle soit, n’est jamais complète, il y a toujours quelque chose qui attirera ou qui pourra permettre de compléter tout ce qu’on a déjà. Un aquariophile est un être vivant et passionné. Par ailleurs, tout le monde peut devenir aquariophile, même s’il est certain que la distance, le temps, l’argent, l’espace, etc.., peuvent être des facteurs conditionnels. Il est aussi certain qu’on peut collectionner des choses plus légères, qui n’occupent pas trop d’espace et qui ne sont pas trop coûteuses.
  • partager et se réjouir de sa passion, pour beaucoup d’aquariophiles, il y a plus de satisfaction à montrer, distribuer….qu’à trouver le poisson rare. Ce besoin de socialisation est très fort mais peut produire de grandes frustrations, parce qu’il y a peu d’espaces ouverts aux aquariophiles privés, et c’est pourquoi certains choisissent d’ouvrir leur propre espace. La connexion entre clubs aquariophiles et fishrooms privées serait un autre thème à traiter et à améliorer. D’autre part, le fait de collectionner apparait comme quelque chose d’avantageux à plusieurs titres : parce que cela produit une sorte de relâchement et, en plus, la satisfaction d’obtenir des choses, à partir de la contemplation de quelque chose qui pour le collectionneur semble belle ou précieuse; parce que cela encourage le désir de soigner les objets et de les valoriser; parce que cela peut être une manière d’apprendre à gérer les frustrations, puisque tout ne peut pas être obtenu immédiatement et parce qu’il faire preuve de patience; et parce que cela contribue à augmenter l’estime de soi, au moment de montrer ou exposer sa collection.

Collections et aquariophiles : définition, généralités et profil psychologique

Si parfois certaines considérations paraissent excessives, il est important de tout de même s’y attarder, pour mieux comprendre le domaine passionnel auquel appartient la collection. Bien souvent pour approcher de façon précise un concept, il convient d’en étudier ses extrémités afin de faire apparaître différents degrés et leurs implications.

Voici la définition que nous donne Larousse :

(Une collection est une) Réunion d’objets (animaux dans notre cas) rassemblés et classés pour leur valeur documentaire, esthétique, pour leur prix, leur rareté, etc.

Nous allons approfondir cette définition afin de ne pas se limiter au caractère succin imposé par le dictionnaire.

Pour aborder correctement le concept de collection, il convient de s’intéresser à son essence ainsi qu’aux éléments qui la composent.

Les composants d’une collection appartiennent tous à une même catégorie, plus ou moins large, mais chaque objet ou exemplaire reste différent de l’autre. Très souvent les objets qui composent une collection sont détournés de leur fonction première (l’acquisition d’un jeu sous blister pour une collection n’a plus pour fonction d’être joué).

Une collection a pour ultime but la complétion, à savoir la réunion complète de tous les objets d’une série répondant à des critères communs et définis par celui qui les réunit (en l’occurrence le collectionneur). La collection trouve sa justification dans son caractère incomplet, dans son inachèvement. En effet, la recherche représente (environ et en moyenne) 90% de l’activité du collectionneur. Elle est donc le moteur de tout collectionneur et la collection devient dénuée d’intérêt dés lors que le collectionneur n’a plus rien à rechercher. Ce dernier éprouve alors soudainement un vide, car l’intérêt de toute collection réside dans la recherche et la complétion. Une fois complétée, la collection est achevée, la recherche n’existe plus, et le collectionneur perd sa raison d’être.

Dans les cas où l’on assiste à l’achèvement d’une collection,

  • soit le collectionneur étend le champ des caractéristiques qui composent les éléments de sa collection afin d’acquérir de nouvelles pièces (et de continuer sa collection) ;
  • soit le collectionneur revend sa collection. Il n’est pas anodin non plus que le collectionneur donne sa collection à un musée.

C’est dans de très rares cas que le collectionneur conserve sa collection une fois terminée. On remarque que les collections qui ne font pas l’objet d’une revente sont celles qui ne détournent pas l’utilité de l’objet, celles dont chaque élément qui la compose est toujours utilisé pour sa fonction originelle.

Pour résumer, un aquariophile est un être vivant et passionné, ordonné et soigneux, avec une pointe d’obsession, constant dans le temps, et quelqu’un à qu’il plaît de partager.

Et vous, êtes-vous cet Aquariophile ?  

Vous n’auriez pas du acheter ce poisson !!! [4ème partie]

Vous n’auriez pas du acheter ce poisson !!! [4ème partie]

Une maintenance à maîtriser…..

L’acquisition d’un tel animal impose une certaines prise de conscience et un engagement de la part du futur propriétaire pour faire vivre décemment ce type de poisson, s’en occuper dignement et surtout ne pas provoquer de catastrophes écologiques en relâchant, en particulier, ce type de poisson dans nos rivières où il pourrait rapidement s’adapter et même proliférer.

Ce danger est malheureusement bien réel, tout comme d’autres !

Un peu partout dans le monde, les populations se mobilisent pour lutter contre, parfois, l’irresponsabilité de certaines personnes et en particulier celle de certains aquariophiles. Par, eux Etats Unis, le gouvernement américain s’est mobilisé et a décidé de combattre l’invasion de la rascasse en encourageant les pêcheurs de tous types (amateurs et professionnels), les plongeurs à pêcher cet intrus. Pourtant, malgré tous ces efforts louables, rien n’y fait et les populations de rascasse continuent de croître atteignant même des records : plus de 700% d’augmentation dans certaines régions !

En même temps, l’aire de répartition démographique de cette espèce ne cesse de s’agrandir avec toutes les conséquences connues et encore inconnues sur les espèces indigènes qui sont la proie de ces prédateurs.

Plus près de nous en France, ces comportements irresponsables sont à l’origine de phénomènes identiques dont les conséquences ne sont pas encore bien mesurables….et les scenarios « catastrophe du cinéma hollywoodien » pourraient ne plus être des fictions dans quelques années.

Depuis des siècles, nous domestiquons et élevons toutes sortes d’animaux comme compagnons ou, comme c’est le cas en aquariophilie, pour le plaisir. Ces animaux font maintenant partie d’un grand nombre de familles du règne animal et ne sont plus seulement les traditionnels animaux domestiques bien connus!

La conservation des animaux exotiques est un sujet qui est la source de grands débats depuis de nombreuses années. Avec Internet et l’accès à une multitude de média (magazines et publications scientifiques…), la participation à des associations de tous azimuts, les propriétaires d’animaux jouissent d’un accès à l’information sans égal. D’autre part, aujourd’hui, les détaillants et l’industrie alimentaire, vétérinaire proposent aux propriétaires de ces animaux des produits faciles à manipuler et plus adaptés.

Toutes ces mesures profitent à l’animal, à son propriétaire et à toute la communauté dans une certaine mesure.

La « Bête des Vosges » serait enfin découverte ?

L’irresponsabilité des aquariophiles peut aussi porter sur l’abandon de plantes qui deviennent elles aussi des espèces invasives !

Tout le monde a en mémoire ces petites tortues aquatiques vertes qui étaient amassées dans les aquariums des animaleries dans les années 80 et qui se vendaient souvent avec un petit récipient en forme de « haricot » pour vivre des semaines de calvaire en situation de malnutrition dans une eau souillée et souvent trop froide, avant l’issue fatale.

Ces pauvres tortues n’ont pas toutes eu un sort funeste, certaines ont rencontré des propriétaires responsables, de vrais passionnés de tortues respectueux de leur biologie et de leur mode de vie. D’autres ont au contraire connu l’irresponsabilité dont l’être humain est parfois capable et se sont retrouvées lâchement abandonnées dans les cours d’eau et les étangs de toutes les régions de France.

Parfois, même s’ils offrent une compagnie appréciée, les animaux peuvent contribuer directement ou indirectement à la santé de leurs propriétaires. Dans certains cas, les propriétaires ne comprennent ou n’acceptent pas la responsabilité qui est la leur  qui est à vie et qu’exige un animal fut-il de compagnie ou de « collection ».

Originaire en réalité des Appalaches, cette espèce a été massivement reproduite dans des fermes d’élevage du sud des USA pendant de nombreuses décennies et c’est ce qui lui a valu son nom trompeur. Ce très bel animal a des besoins fort rudimentaires et il jouit d’une faculté d’adaptation surprenante. C’est pourquoi il a été classé en tant qu’espèce invasive en France alors que le climat y est pourtant très différent de celui rencontré dans son aire naturelle de répartition.

En outre, certains propriétaires ignorent ou plus souvent négligent leurs responsabilités à l’égard de ces animaux, n’en maîtrisent pas la maintenance causant ainsi des troubles de toutes sortes et souvent lourdes de conséquences non maîtrisées.

Avant donc de s’engager sur la maintenance d’un Lepisosteus (ou tout autre animal), il convient de bien considérer les critères suivants :

  • La possession de cette espèce de poisson doit être documentée et étudiée par le futur propriétaire qui devra bien mesurer les exigences relatives à l’élevage et aux soins vétérinaires d’un tel poisson.
  • Le propriétaire devra s’assurer que la possession de ce poisson n’est pas de nature à générer des risques particulier pour sa santé, celle de son entourage et la sécurité publique.
  • Le propriétaire devra être conscient du fait que s’il relâche ce type de poisson en milieu naturel (France) il risque de mettre en danger les espèces indigènes sauvages.
  • Le propriétaire devra savoir que certaines espèces sont régies par la Convention sur le commerce international des espèces de faune de et Flores sauvages menacées d’extinction (CITES). Dans ce cas particulier, le Lepisosteus n’en fait pas partie mais sachant que cette espèce a particulièrement souffert de prédation de la part de l’homme, sa conservation devra être réfléchie.

En Thailande

 

Relâchés par des aquariophiles peu scrupuleux, tous ces animaux peuvent survivre dans les rivières européennes. … La présence de poissons d’eau douce sud-américains en Europe s’explique par la bêtise de propriétaires indélicats, totalement irresponsables, qui relâchent des individus devenus  trop encombrants…

Lisez ce document avant de vous faire plaisir avec ce poisson !

MAIS, ne mettez pas n’importe quoi dans dans vos aquariums !

Espèces invasives et aquariophilie

Les espèces exotiques envahissantes sont considérées comme la deuxième cause d’extinction des espèces au niveau mondial, juste après la destruction de l’habitat. Leur impact est incommensurable, insidieux et bien souvent irréversible. Elles représentent une menace considérable pour l’écologie, l’économie et la santé.

Chaque espèce possède une aire de répartition naturelle dans laquelle elle fait partie de la faune et la flore indigène qui compose la biodiversité de la région. Certaines espèces possèdent une très petite aire de répartition géographique, alors que d’autres sont réparties sur plusieurs provinces, voire même sur un ou plusieurs continents.

« Les espèces allochtones [le contraire d’autochtones] ne sont nuisibles que lorsqu’elles deviennent invasives. Elles déséquilibrent alors l’écosystème qui les accueille », affirment les biologistes.

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Les espèces « exotiques » sont les espèces qui ont réussi à s’établir à l’extérieur de leur aire de répartition naturelle, dans des régions où on ne les trouverait pas normalement.

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L’une des meilleures façons de réduire l’impact des espèces exotiques envahissantes consiste à les empêcher de s’établir, au départ. Pour ce faire, nous devons comprendre de quelle façon elles arrivent à se déplacer, que ce soit par leurs propres moyens ou pas, à l’extérieur de leur aire de répartition naturelle.

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Pourquoi les poissons nagent ils en banc ?

Dans le monde, chaque année, plus d’un million de personnes meurent sur les routes et 50 millions sont blessées.

Dans la mer, des millions de poissons nagent en bancs et pourtant ils n’entrent presque jamais en collision. Pire, leurs évolutions dans l’eau sont magnifiques, artistiques ou majestueuses mais encore mal interprétées !!!

Quel est leur secret ?

Définition admise : Un banc de poissons qualifie un groupe de poissons de la même espèce qui nagent ensembles !

Et c’est bien le « ensemble » qui importe: il n’y a pas de hiérarchie dominant/dominé dans un banc. Un banc est un groupement important d’individus de la même espèce qui se déplacent ensemble, sans hiérarchie. Il correspond à un comportement d’agrégation.

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Gastronomie : Un poisson d’Amazonie bientôt dans nos assiettes

A l’occasion du dernier salon Seafood de Bruxelles, le spécialiste des produits de la mer Adrien a annoncé qu’il commercialisera en Europe un poisson d’exception. Baptisé également « Paiche » au Pérou ou « Pirarucu » au Brésil, ce poisson est considéré comme le « roi de l’Amazonie ».

Il s’agit tout simplement du plus grand poisson d’eau douce au monde avec une taille pouvant atteindre 3 m pour 200 kg !

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Juste pour le plaisir des yeux….

De magnifiques aquariums comme on en voit peu….en AMC, en particulier !

L’Aquaponie – 5ème partie – Les liens Internet

Vous trouverez dans les lignes qui suivent une série de liens utiles pour comprendre, pratiquer, faire de l’aquaponie.

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L’Aquaponie – 3éme partie – La mise en pratique du filtre aquaponique et un bricolage « maison »

La mise en pratique du filtre aquaponique et mon bricolage

Partant de l’article présenté dans le forum  [Rubrique « Généralités » : Aquaponie], j’ai aussitôt voulu mettre en application le procédé sur l’un de mes aquariums. Je m’étais bien essayé à un bricolage rapide avec une jardinière récupérée dans le jardin et posée vite-fait sur l’aquarium, ce procédé, aussi convainquant et efficace qu’il puisse être était insuffisant. Il fallait dont passer à la vitesse supérieure et bricoler quelque chose de plus performant et « percutant ».

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L’Aquaponie – 4ème partie : Les plantes pour paludariums

Les plantes pour paludariums

Voici un large éventail de plantes qu’il vous sera possible d’intégrer à votre paludarium. Vous pourrez retrouver une bonne partie de ces plantes en animaleries ou simplement dans votre centre jardin.

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