Histoire de l’Aquariophilie au XIXème siècle – Episode 3

Le 19ème siècle : Le siècle des révolutions industrielles

L’évolution des techniques de l’Aquariophilie grâce au développement des connaissances et les aquariums privés.

 ….la naissance de l’Aquariophilie et ses dérivés.

Edward EDWARDS (1803 – 1879) un zoologiste marin, en 1864, s’intéressât à l’observation des formes de la vie marine dans les eaux magnifiques du détroit de Menai, il commença à étudier les habitudes et les caractères des poissons dans leur milieu natif.

Il fut incité à tenter un « arrangement artificiel pour conserver les poissons, en santé, dans l’isolement » afin de pouvoir étudier de plus près leurs habitudes. Par une imitation ou plutôt reproduction des conditions naturelles dans lesquelles les poissons prospèrent, il a réussi à introduire de telles améliorations dans la construction des aquariums qui lui ont permis de conserver ses poissons pendant une période presque illimitée sans changement d’eau.

Son amélioration la plus notable était son «réservoir à fond sombre de la chambre à eau», résultat d’une étude attentive des bassins rocheux, avec leurs fissures et leurs gouffres, dans les rochers des rives du détroit de Menai. Cette amélioration retarda longtemps le goût pour les aquariums domestiques, et le principe du réservoir d’EDWARDS fut adopté avec succès dans tous les grands établissements de ce pays et dans de nombreuses écoles zoologiques continentales et américaines.

« Ceci est l’aquarium, constitué d’un réservoir en verre ou d’une fontaine, généralement de forme oblongue, avec des côtés droits, et d’une taille plus grande ou plus petite, mais cependant de dimensions suffisantes pour admettre un plancher de sable et de pierres, avec quelques les plantes aquatiques, de sorte que les poissons de toutes sortes puissent librement se déplacer dans l’eau au-dessus et au-dessous de ces objets.  »

GOODRICH, 1859

Souvenez-vous….

En 1869 le naturaliste français Pierre CARBONNIER a commencé à élever les premiers poissons exotiques : Macropodus opercularis rapporté de la Chine en 1869 et le Combattant en 1874. Il a également été directeur de l’Aquarium du Trocadéro à l’Exposition française de 1878.

Le succès de l’aquarium en France ne fut pas non plus indéniable : pendant plus d’une décennie, il représenta l’objet des envies et des regards de la part des classes aisées de la société française. Mais cette mode ne dura pas, au début des années 1870, l’aquarium était déjà devenu un objet commun, que les scientifiques s’étaient réapproprié pour leurs études. Il est intéressant de se demander ce qui, dans les comportements culturels et dans les systèmes de représentations des Français de cette période, a pu déterminer ce « moment » de l’aquarium, soit l’ascension fulgurante d’un appareil de laboratoire, puis plus tard et progressivement son oubli.

Avec l’apparition de l’électricité, vers 1880, l’aquarium va connaitre un nouveau développement fulgurant grâce à :

  • L’ampoule qui vient d’être inventée par Mr EDISON qui permet un éclairage continu et à moindre cout,
  • Le chauffage qui s’améliore aussi, on passe des bougies à la lampe à pétrole et ainsi le chauffage est ainsi plus facile à gérer.
  • Aux progrès des transports, et des circuits commerciaux qui se développent, notamment à Hambourg, Anvers, Amsterdam.
  • Alford LLOYD fut un des premiers visiteurs de l’aquarium public de Londres, et inventa le filtre à décantation.

A partir du moment où chaque aquarium pouvait être équipé d’un filtre individuel, une plus grande facilité était procurée aux installations des particuliers.

La ventilation par eau a été, à cette époque l’aspect le plus crucial du développement de l’aquarium.

Les méthodes employées faisaient autant appel à l’ingéniosité qu’aux connaissances technique de l’époque.

Bien que les dispositifs hydrauliques / pneumatiques (avec une fontaine) ou des mécanismes à ressort entraînant une roue à aubes avaient été disponibles dès le début, les nouveaux aquariophiles, enthousiastes et ingènieux, expérimentaient constamment des mécanismes alternatifs, comme les petites machines à vapeur (Buck 1875) ou des dispositifs nouveaux s’appuyant sur les infrastructures croissantes de l’approvisionnement urbain (gaz et électricité).

Adolf SASSE, qui dirigeait le plus grand aquarium de Berlin, fit même un voyage de Berlin à Luèbeck pour étudier l’appareil construit par Heinrich Lenz, directeur de la collection d’histoire naturelle locale, qui utilisa la pression de l’eau du système d’adduction d’eau urbain récemment installé. (Sasse 1878).

Dans le compte rendu que fit Sasse sur ses propres efforts réalisés pour installer cet appareil dans son appartement, il apparut que la mise au point était particulièrement compliquée !

Ce nouvel appareil de ventilation consistait en un tuyau en caoutchouc qui traversait trois pièces et reliait le robinet d’eau de la cuisine aux aquariums. Mme SASSE se plaignit de l’eau coulant jour et nuit, son époux, dut finalement retourner à son ancien système de pompage. Le nouvel appareil avait l’avantage de remplacer l’ancien système de pompe, qui était plutôt volumineux et utilisé pour pulvériser de l’eau ce qui, comme l’a souligné SASSE avait pour avantage  «personne n’était plus heureux que ma femme» ….une fois qu’il fut remisé.

Naissance de ce que l’on appelle aujourd’hui le « CAF » : Coefficient d’Acceptation Féminin ?

Le type de dispositif de ventilation développé par LENZ, plus efficace, ne fut finalement commercialisé qu’à partir de 1908.

Mais ces aquariums restaient encombrants et coûteux, destinés à des amateurs fortunés ; cela ne dura pas, des modèles populaires furent rapidement mis au point.

A noter qu’aux Etats unis, les espèces d’eau chaude sont rares, et l’offre matérielle demeure très limitée.

Aquarium avec filtre à décantation incorporé dans la partie arrière et inférieure du bac (plan incliné).

En Europe, et notamment via le transit de l’aquarium du Havre, les espèces d’eau chaude sont importées, et des circuits propres se mettent en place (tel que l’entreprise Paul Matte à Berlin qui réalise de nombreuses importations dès 1871). Cette prédominance de l’Allemagne se confirmera au début du XXe siècle.

 

Quelle était la façon dont l’aquarium était intégré dans la vie de famille ?

Alors qu’il formait souvent le centre de la maison, dominant les besoins des femmes et des enfants, aucune femme, aucun enfant n’était autorisé à proximité.

Au cours de cette médiation entre les divers intérêts des aquariophiles, des membres de la famille et des propriétaires, l’aquarium est devenu socialement et socialement intégré et l’assemblage techno-naturel s’est développé en astable et une infrastructure de plus en plus prête.

Comme l’aquarium a trouvé un public croissant, un marché a été développé qui a été servi par un nombre croissant de fournisseurs.

 

Les publications, les clubs….

En 1858, apparaît aux Etats-Unis le premier livre traitant uniquement de l’aquariophilie : « The Family Aquarium » de Henry D. BUTLER. La publication de ce livre en fait l’un des premiers livres traitant uniquement d’aquariophilie aux États-Unis.

Dans les années 1870, les premiers clubs d’aquariophiles apparaissent en Allemagne. Le premier club aquariophile américain a été fondé à New York en 1893.

Sous l’impulsion des aquariums publics se développent toute une infrastructure :

  • fournisseurs de matériels,
  • importateurs,
  • ouvrages d’aquariophilie.

Un premier magasin aquariophile voit le jour à Londres grâce à Alford LLOYD.

Dans les années 1850, la mode aquariophile se répandit rapidement en Angleterre et par conséquent, la littérature suit avec de nombreuses publications, et curieusement, beaucoup concerne plus l’eau de mer que l’eau douce.

Ce développement du phénomène « Aquariophilie » suit dans le reste de l’Europe et aux Etats Unis à partir de 1860.

Comme en Grande-Bretagne et en France, les aquariophiles étaient des membres de la classe moyenne disposant des ressources nécessaires en argent, en temps et en éducation.

Au cours de ces années, l’aquarium a trouvé un nouveau public parmi les membres de la classe ouvrière, le nombre de nouveaux aquariophiles s’est progressivement accru et un grand nombre de clubs « prolétariens » ont été fondés.

L’expansion rapide du domaine à la fin du XIXe siècle se manifeste clairement par le nombre croissant de revues spécialisées qui voient le jour ou de formation de clubs. Jusqu’aux années 1870, Der Zoologische Garten,  Zeitschrift für diegesamte Tiergartnerei (Le jardin zoologique, journal pour l’ensemble du domaine de la conservation du zoo), fondé en 1859, était le journal le plus important dans le domaine de la fantaisie animale en Allemagne.

Il fut à l’origine le journal de la société zoologique de Francfort et de son zoo, il devint bientôt la publication centrale pour les jardins zoologiques, l’acclimatation et l’élevage en Allemagne.

En 1876, Zeitschrift fur allenaturwissenschaftlichen Liebhabereien. Verkehrsblatt fürr naturgeschichtlichen Kauf und Tausch (Journal pour tous les loisirs scientifiques et le commerce et le commerce historique et naturel) a est lancé : Il s’est spécialisé dans les besoins des éleveurs privés d’animaux, il servira de plate-forme pour l’échange d’informations pratiques et de lien entre les acheteurs et les vendeurs d’animaux.

SUSSWASSERAQUARIUM (L’aquarium d’eau douce) de Emil BADE, Berlin 1896

En dehors des monographies publiées régulièrement dans les trois pays, seule l’Allemagne a vu se développer des revues hautement spécialisées, orientées vers la pratique, et un réseau national de clubs. Les clubs ont surtout été utilisés comme des plates-formes de communication locales liés par un intérêt commun dans lesquels on cultivait, dans la sociabilité, l’échange de pratiques,  de technologies, de connaissances et surtout d’organismes.

Les revues spécialisées remplissaient cette même fonction à un niveau national et parfois international, reliant les passionnés et le nombre croissant de fournisseurs d’aquariums professionnels.

La conservation et la reproduction des organismes dans les aquariums et les terrariums s’est ainsi développés, les clubs et les journaux ont joué un rôle crucial dans ce développement, dans la stabilisation et la connaissance et technologies accessibles et nécessaires.

Toutefois, à la différence des USA et de l’Allemagne où la poussée de l’aquariophilie domestique est très forte, la mode s’essouffle au Royaume Uni, puis en Allemagne et enfin de façon générale en Europe.

En France, comme dans d’autres pays européens, l’aquariophilie va souvent de pair avec le jardinage, voire le jardinage d’intérieur et le jardinage féminin. On verse ainsi souvent dans le décor (statue immergée, etc.) que dans l’aspect « naturaliste ».

L’Aquarium au service de la Science….entre zoologie scientifique et expérimentale

L’aquarium a littéralement donné vie aux sciences de la vie. Mais la transition des collections de spécimens morts au réservoir de vie qu’est l’aquarium n’a été sans soulevé certains problèmes : Il a eu des conséquences de grande envergure, puisque la garde et l’élevage des animaux n’étaient pas par moi l’activité astrologique et doit faire partie de la vie scientifique.

Il a fallu réorganiser, redéfinir tous les arrangements spatiaux et les horaires de travail pour tenir compte des besoins des animaux et des scientifiques. En revanche, ce qui a été extraordinaire dans ce processus a été la mise ne évidence des enthousiastes académiques et non académiques des personnes  qui travaillaient à la création d’un assemblage techno-naturel pour établir et maintenir des environnements artificiels.

L’imagination des aquariums constituait un tel milieu où les connaissances, les pratiques, les technologies et les organismes étaient développés et diffusés. Le résultat était un processus dynamique dans lequel les besoins des humains et des animaux étaient aussi cruciaux que les aspects de l’esthétique de la classe moyenne urbaine et les conceptions de la nature.

Le laboratoire avec sa diversification dans les espaces fonctionnels doit être considéré à certains égards à la suite de ce processus et l’aquarium en tant que partie intégrante de celui-ci.

L’histoire de l’aquarium montre que non seulement les disciplines les plus appliquées dans les sciences de la vie reposaient lourdement sur la chimio-prophylaxie et le vécu colonialisme, mais aussi dans des domaines comme la zoologie expérimentale.

L’aquarium s’est révélé être une passerelle entre le monde scientifique et celui des amateurs, à la fois comme instrument et environnement, il l’a fait de diverses manières.

Il a apporté une pléthore de nouvelles espèces dans les espaces zoologiques.

Bien que ces animaux vivants en tant que tels aient fait une différence évidente pour les zoologistes comme Weismann, l’aquarium a également affecté la gamme d’organismes de recherche disponibles.

En outre, il a été appliqué pour adapter l’offre d’animaux expérimentaux aux exigences des méthodes de recherche et a servi d’instrument. Etant donné que les conceptions médiocres-esthétiques de la nature et les contraintes matérielles lors de son intégration dans les espaces domestiques et scientifiques ont été cruciales dans son développement, elles ont également influencé la nature qui y est contenue.

Ce ne sera qu’au début du vingtième siècle que l’aquariophilie atteindra  sa vraie dimension : L’aquarium est devenu prêt à l’emploi et des systèmes élaborés pourront être achetés sur le marché.

Alors seulement, après que ses problèmes les plus existentiels auront été résolus et qu’un espace hybride pour les animaux humains et non humains eut été établi, l’aquarium deviendra important pour les scientifiques qui n’étaient pas aussi enthousiastes à sa « naissance ».

Conclusion

Jusqu’au XVIIIème siècle, les scientifiques ou naturalistes étaient essentiellement intéressés par la description physiologique du poisson et du monde marin qu’ils découvraient progressivement. Si dans un premier temps, l’étude des poisson fut faite à partir de cadavre, il apparut très rapidement qu’il était nécessaire de poursuivre et compléter ce type d’étude sur des spécimens vivants afin de mieux connaitre les modes de vie, les mœurs…et stout simplement mieux les observer dans leur milieux naturels.

Pendant longtemps, ces scientifiques ont essayé de trouver un moyen d’effectuer ces observations pour conduire leur recherche en mettant au point divers dispositifs techniques aptes à retenir les organismes vivants à observer tout en les maintenant en vie et si possible en reproduisant au mieux leurs conditions de vie dans le milieu naturel : l’eau.

Ainsi l’invention de l’aquarium n’avait pour but que de reconstituer le plus fidèlement possible l’environnement naturel du poisson. Cette invention à laquelle le nom définitif ne sera attribué qu’au milieu des années 1850, n’avait certainement pas pour but initial de devenir un objet de loisir ou un ornement à la mode à la disposition du grand public.

On peut, sans réserve, parler d’un effet de mimétisme et de masse car au milieu du XIXème, l’aquarium est devenu un véritable phénomène de mode. Cet engouement n’était pas fondé sur le caractère scientifique ou l’étude du milieu sous-marin ou aquatique.

En revanche, on peut penser que l’intention des inventeurs de l’aquarium était d’en promouvoir l’usage, la vulgarisation pour l’étude du monde aquatique. L’engouement qui s’en est suivi, que personne n’avait anticipé, n’a pas été celui prévu : Cet outil de laboratoire et de recherche est très rapidement devenu un objet de luxe, abritant des espèces rares et finalement ne présentant plus aucune dimension scientifique.

Rapidement, comme tout effet de mode qui s’essouffle et « retombe comme un soufflé », il faudra encore attendre quelques décennies, le progrès scientifique et une meilleure connaissance du milieu aquatique pour que naisse vraiment l’aquariophilie moderne telle qu’on la connait aujourd’hui.

Histoire de l’Aquariophilie au XIX ème siècle – Episode 2

Le 19ème siècle : Le siècle des révolutions industrielles

Concevoir le contenant qu’est l’aquarium était une chose compliquée au regard des technologies du XIX ème siècle. L’ère industrielle en cours, le progrès des techniques et la maîtrise des matériaux nouveaux vont aider à franchir ce pas !

Mais plus que l’instrument qui venait de naître, le concept de l’aquarium devait à son tour être défini.

Après l’invention du nom, la découverte du concept de l’Aquarium.

Pierre CARBONNIER, 1864, « Guide pratique du pisciculteur »

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Histoire de l’Aquariophilie au XIX ème siècle – Episode 1

Le 19ème siècle : Le siècle des révolutions industrielles

 

Introduction

En commençant la rédaction des articles sur les origines et fondements de l’aquariophilie et sur celles de l’objet « Aquarium », j’étais bien loin de penser et m’imaginer qu’il y avait autant d’options, d’hypothèses, de revendications….sur qui, le premier, a inventé l’aquarium, à savoir qu’il y a tout autant d’auteurs qui ont aussi écrit à ce sujet !

En fait à cette époque, la vraie question qui se posait aux découvreurs et défricheurs de l’Aquariophilie, avant tout, était :

Quelle définition donne-t-on au « mot « aquarium » et surtout qu’entend-on par ce mot ?

 

Un rappel des faits…

Les tentatives pour retenir et observer des poissons vivants dans un contexte domestique ou urbain remontent à plusieurs milliers d’années. Continuer la lecture

Histoire de l’Aquariophie au XVIIIème siècle

Le 18ème siècle : Le siècle des lumières

Le roi Louis XIV avait, lui aussi, manifesté beaucoup de de sympathie pour les poissons. A Fontainebleau il avait retrouvé les fameuses carpes que la légende prétendait amenés par François 1er.

En juin 1702, des carpes provenant des demeures royales de Meudon et de Fontainebleau furent envoyées à Marly pour empoissonner les bassins du parc. Un mémoire daté des 12 et 13 juin de cette année a gardé la trace des 92 poissons pêchés à Fontainebleau. Un vrai feu d’artifice que Louis XIV apprécia beaucoup, au point d’avoir élu sa carpe préférée. Continuer la lecture

Histoire de l’Aquariophilie au XVII ème siècle

Histoire de l’Aquariophilie au XVII ème siècle.

L’Aquariophilie n’est pas vraiment née, au moins telle qu’on l’entend à nos jours, les prémices sont là et les bases sont posées. Les siècles et millénaires passés ont montré une chose, au moins : l’engouement des hommes pour les poissons à des fins autres que nourricières est bien présent et réel.

Conserver des poissons hors de leurs milieux naturels, qu’ils soient salins ou d’eau douce n’est pas une chose aisée, cela demande des moyens matériels et « financiers » qui ne permettent pas d’en faire une attractivité appelée aujourd’hui : Loisir.

Le 17ème siècle : Naissance de la science moderne…. Continuer la lecture

Histoire de l’Aquariophilie: de l’Antiquité à nos jours [1ère partie]

Histoire de l’aquariophilie

Peu d’aquariophiles, d’eau douce ou d’eau de mer, connaissent vraiment l’histoire de leur hobby l’aquariophilie et plus particulièrement l’histoire de la science qui fut précurseur de notre hobby : l’Aquariologie.

Par aquariologie, on entend tout ce qui étudie les faunes (ichtyologie) et flores (botanique aquatique) de l’aquarium et du bassin de jardin.

L’aquariologie regroupe quelques étapes importantes des sciences de divers domaines d’activités avec l’eau: aquacultureaquariophiliebiologiezoologie, etc. L’aquariologie étudie les milieux aquatiques captifs, fermés, principalement les aquariums. Un spécialiste en aquariologie est un aquariologue (terme officiel), mais est parfois qualifié d’aquariologiste (terme impropre).

Cette chronique va vous permettre d’en savoir un peu plus sur cet art apparu il y a plus de 50 000 ans dont le développement s’est accéléré au XIX siècle et qui constitue notre passion actuelle.

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Le saviez–vous ? L’Inventeur de l’aquarium est français ! …et, en plus, c’est une femme !

L’Inventeur de l’aquarium est français !

…et, en plus, c’est une femme !

C’est une femme, une française, originaire de la Corrèze, Jeanne Villepreux épouse Power (1794-1871), Autodidacte passionnée qui inventa vraiment l’aquarium dès 1832, pour réaliser ses expérimentations sur les Argonautes, mollusques, qui proliféraient à Messine. Ses « cages à la Power  » ont été fabriquées pour leur observation. Ceci vingt ans plus tôt qu’il ne l’est généralement indiqué. Elle a également été à l’origine de la biologie marine et de l’océanographie.

Le fabuleux destin d’une obscure brodeuse devenue la première femme océanologue au monde…

Biographie

Jeanne Villepreux est née à Juillac, chef-lieu de canton du département de la Corrèze, le 5 Vendémiaire de l’An 3 du calendrier révolutionnaire, soit le 25 Septembre 1794.

Elle était l’aînée des enfants de Pierre Villepreux petit propriétaire mais aussi successivement militaire, garde champêtre, cordonnier, agent salpêtrier. On dit que la famille Villepreux avait connu autrefois des jours plus brillants et même porté la particule.

La légende veut que la jeune fille ait été bergère. A la campagne, tous les enfants gardaient un jour ou l’autre les troupeaux.
Nous avons la preuve que Jeanne, surnommée Lili, savait au moins lire et écrire, contrairement à sa sœur et à son frère qui, adultes, seront déclarés illettrés dans divers documents. À part cela, nous savons peu de choses de son enfance.

Sa mère meurt en 1805. Jeanne n’a que onze ans. Son père se remarie. Il semble que les relations avec sa belle-mère étaient mauvaises.

À l’âge de 18 ans, avec l’accord de son père, elle quitte son village pour « monter » à Paris où une parente lui a promis un emploi. Mineure, elle ne peut voyager seule. Elle est donc confiée à un cousin qui convoie des troupeaux vers les abattoirs parisiens. C’est un trajet de 480 km à pied. On marchait beaucoup à cette époque!

Les choses se passent mal. Arrivés à Orléans, le cousin agresse la jeune fille qui se réfugie à la gendarmerie où elle doit prouver sa bonne foi. Elle est assignée à résidence dans un couvent, le temps de recevoir de Juillac les documents l’autorisant à poursuivre son voyage. La mairie de Juillac conserve la lettre émouvante qu’elle a envoyée dans ce but en avril 1812 au maire de la commune.

Quand elle arrive enfin à Paris, elle n’est plus attendue. Sa place a été prise ; la voilà sans travail. Fort heureusement pour elle, son atout est un grand talent de brodeuse. Une célèbre maison de mode de l’époque (Germon et Huchez) lui fait confiance et l’engage. Elle va s’y révéler d’une grande habileté.

Nous sommes à la période de la Restauration. Louis XVIII règne sur la France. En 1816, la jeune princesse Marie-Caroline de Bourbon, fille de François 1er, Roi des Deux-Siciles, vient à Paris pour épouser le duc de Berry, neveu du Roi de France.

La maison Germon et Huchez est chargée de la confection du trousseau. La création et la réalisation des somptueuses broderies de la robe nuptiale sont confiées à Jeanne.

La beauté de l’ouvrage est très remarquée, notamment par un jeune noble anglais de passage à Paris, Lord James Power, riche négociant en Sicile. Les jeunes gens se rencontrent et tombent amoureux.

Aquarelle de Jeanne Villepreux représentant un argonaute vivant

Ils partent pour Messine où James réside et s’y marient en mars 1818. Jeanne va alors connaître la vie mondaine de la riche colonie anglaise sicilienne.

Mais cela ne lui suffit pas.

Elle se lance dans les études et devient petit à petit « femme savante ». Elle se cultive, lit beaucoup, apprend plusieurs langues (anglais, italien, latin, grec). D’une curiosité insatiable elle se passionne pour tout ce qui concerne les sciences dites naturelles.

Elle parcourt la Sicile en tous sens pour découvrir ses paysages, ses monuments, ses richesses naturelles et son abondant patrimoine culturel.

Elle rassemble progressivement une importante collection dans des domaines variés. Elle effectue plusieurs travaux dans les domaines zoologiques, botaniques et géologiques, qu’elle communique à l’académie de Catane où elle est très appréciée en dépit de son sexe.

Elle s’intéresse particulièrement à la faune marine très riche dans le détroit de Messine. Elle décrit et étudie de nombreuses espèces.

Elle se passionne surtout pour l’argonaute (Argonauta argo), curieux mollusque céphalopode à coquille qui y pullule à l’époque. Ce poulpe faisait l’objet de querelles incessantes entre naturalistes depuis des siècles.

Confondu longtemps avec un autre poulpe à coquille, le nautile, on savait depuis peu qu’il s’agissait de deux animaux bien différents. La coquille du nautile est dure, calcifiée et cloisonnée, l’animal y étant solidement attaché. Celle de l’argonaute est fine comme du papier (d’où le non de « paper nautilus » donné par les anglais) et n’est pas cloisonnée, ce qui permet à l’animal d’en sortir.

Deux opinions s’affrontaient au sujet de la nature de la coquille de l’argonaute. Certains affirmaient que le poulpe empruntait la coquille vide d’un coquillage à l’exemple du bernard-l’ermite. D’autres, comme le français Lamarck, pensaient que le poulpe construisait sa coquille.

De plus, tous les spécimens connus étaient de sexe féminin. Jeanne va s’attacher à résoudre ces problèmes. Elle met alors au point la toute première méthode expérimentale. Expérimenter était chose nouvelle, les naturalistes se contentant d’observer et de classer dans leurs « cabinets » des spécimens conservés dans l’alcool. Elle va créer des outils originaux permettant l’observation des animaux aquatiques « in vivo ».

Elle crée dès 1832, de grandes cages qu’elle immerge en mer pour les expérimentations sur le terrain (cages à la Power).

Coquille d’argonaute

Argonaute mâle – Taille : quelques millimètres

Elle invente des récipients en verre qu’elle nomme « aquaria ». Elle y reconstitue les conditions du milieu naturel pour l’étude en laboratoire. Ils précéderont les premiers aquariums anglais d’une vingtaine d’années.

S’appuyant sur des centaines d’expériences elle démontre que :

  • L’Argonaute construit bien sa coquille par les sécrétions de ses tentacules.
  • L’Argonaute peut en réparer de la même manière les fractures éventuelles.

Elle découvre aussi le mâle, être minuscule qui avait été considéré jusqu’alors comme un petit ver marin parasite.

Cependant, Jeanne est une femme, de plus autodidacte. Si la reconnaissance est effective chez ses collègues naturalistes de Catane et Messine, il n’en est pas de même en France où le mandarin de la zoologie de l’époque, Blainville, juge ses travaux sans intérêt et contraires à sa doctrine affirmant que l’argonaute emprunte la coquille d’un autre mollusque.

S’ensuit une longue bataille qu’on a nommée « bataille de l’argonaute ».

Jeanne est vivement soutenue par la célèbre académie de Catane (Academia Gioena) et, surtout, par le célèbre naturaliste anglais, le professeur Richard Owen, directeur du British Museum (on lui doit la définition du mot « dinosaure »).

Grâce à ces appuis, Jeanne finira par l’emporter.

Blainville ne s’inclinera qu’après une longue résistance.

Il reconnaît qu’elle est la seule inventrice de l’aquarium et rend enfin hommage à ses recherches sur l’argonaute.

L’admiration européenne est unanime. En 1839, Jeanne est admise membre correspondant de la Zoological Society de Londres. Elle fera partie de dix-huit autres académies en Europe, ce qui était un exceptionnel honneur pour une femme en cette première moitié du 19ème siècle.

La suite est malheureusement plus triste.

Le couple Power prévoit de s’installer à Londres. Leur mobilier et les riches collections sont embarqués en 1838 sur le brigantin Bramley qui, par malheur, sombre, corps et biens, en Méditerranée. Jeanne ne se remettra jamais de cette catastrophe.

Sa carrière scientifique s’arrête à cette époque.

En 1842, le couple s’installe à Paris. James y crée une entreprise d’électrolyse avant de devenir le représentant pour la France de la société du câble télégraphique sous-marin qui posera le premier câble reliant Calais à Douvres en 1851.

Jeanne n’a plus l’âge des aventures.

Son activité se limite à l’entretien d’une riche correspondance et à l’édition du résumé de ses travaux dans un livre portant le titre de « Observations physiques sur le poulpe Argonauta argo ».

Elle s’intéresse cependant à l’astronome et publie un ouvrage sur les météorites et corps célestes.

La guerre éclate en 1870. Jeanne se réfugie dans son bourg natal de Juillac pour échapper au terrible siège de Paris. James meurt à Paris un an après. Elle avait soixante-dix-sept ans.

Les époux sont enterrés dans le vieux cimetière du Village de Juillac. Le couple n’avait pas d’enfants.

La suite est une longue période d’oubli. Les sciences ont beaucoup évolué depuis dans tous les domaines. Les connaissances biologiques n’ont cessé de progresser. Les travaux précurseurs de Jeanne vont vite appartenir à un passé révolu.

Sa carrière et son œuvre ne sont plus cités que dans de rares ouvrages.

Sa maison de Juillac et sa tombe sont détruites ; son village l’oublie.

Ce n’est que dans les années 1980 qu’un habitant retraité de Juillac, monsieur Claude Arnal, entreprend les recherches qui permettront de redécouvrir cette femme remarquable et de lui redonner la place qu’elle mérite dans l’histoire des sciences.

En 1993, l’Aquarium du Limousin ouvre ses portes à Limoges. L’Aquarium du Limousin ne pouvant que s’intéresser à cette pionnière de l’aquariologie, de surcroît d’origine limousine, va éditer en 1995 un premier document destiné au grand public et au milieu scolaire. Ce fut le début d’une renaissance.

Une association portant son nom est fondée à Juillac en 2007 sous la présidence d’Anne-Lan, artiste peintre corrézienne réputée pour ses œuvres peintes sur soie. Cette présidence est justifiée par le fait que Jeanne était, non seulement une femme de science, mais aussi une artiste comme en témoignent quelques rares aquarelles conservées dans les musées.

Jeanne Villepreux : peinture sur soir d’Anne Lan

L’œuvre de Jeanne Villepreux a été présentée dans plusieurs réunions savantes dont le Congrès International de Zoologie à Paris en 2011.

Le roman de sa vie a été écrit par Claude Duneton sous le titre « La dame de l’Argonaute ».

Un congrès international lui a été consacré à Messine et Catane en 2012 sous la présidence d’une savante italienne de notre époque, le professeur Michaela Angelo.

Un grand prix Jeanne Villepreux récompense maintenant chaque année trois jeunes étudiantes en science de la région Limousine.

Elle a désormais l’honneur de figurer officiellement dans la liste des quarante femmes de science de l’histoire sélectionnées par la Commission Européenne.

En 1997, l’Union Astronomique Internationale a donné son nom à un grand cratère de la planète Vénus (où seuls les noms féminins sont admis).

Enfin, les sites internet consacrés à Jeanne Villepreux-Power, dont celui de jeanne-villepreux.org/ , ne cessent de se multiplier dans le monde entier.

Jeanne Villepreux–Power est sortie de l’oubli pour tenir une place justifiée en tant que première femme scientifique moderne et mère de l’aquariologie.

La Genèse des premiers aquariums

Pour l’étude des organismes marins vivants, les naturalistes utilisaient déjà des vases d’eau de mer ; c’est toutefois Jeanne Villepreux-Power qui, à partir de 1832, a systématisé l’usage d’aquariums dans lesquels elle s’efforce de maintenir les conditions de vie nécessaires aux  argonautes. Elle les appelle cages et les présente a l’Académie de Catane qui les dénomme « Gabbioline alla Power ».

Il fallait innover et c’est ce que Jeanne invente et fait en créant, dès 1832, ses « cages à la Power ». Le mot « aquarium » est apparu plus tard. Des grandes cages, construites expressément, étaient immergées dans la mer près du Lazzaretto de Messine. Jeanne y plaçait les pensionnaires qu’elle voulait étudier et il y en eu beaucoup de toutes sortes. D’autres, pensionnaires étaient étudiés à terre dans des réceptacles en verre qui deviendront les fameux aquariums. Assurer pendant plus de dix ans la nourriture de tout ce petit monde vorace a dû être une corvée des plus contraignantes !

Elle tient sa renommée d’avoir été la première à avoir créé et utilisé systématiquement des aquariums pour l’étude du monde marin. Dans sa démarche expérimentale basée sur l’observation des organismes marins vivants, elle a construit plusieurs types d’aquariums, qu’elle appelait «cages», pour maintenir les conditions de vie nécessaires aux argonautes :

La savante en développe trois variantes :

Une première forme, en verre, est destinée à l’étude en cabinet, elle la destine à la conservation et l’étude des argonautes vivants ;

Un second modèle plus résistant car disposant d’une armature extérieure, est destiné à être tour à tour immerge et émergé, afin de laisser les animaux dans leur milieu tout en ayant la possibilité de les en extraire pour multiplier les observations ;

Enfin, une dernière cage, en bois et de grande dimension, est munie d’ancres pour être fixée au fond tout en laissant émergée sa partie supérieure.

Cette scientifique, honorée à son époque : en 1839, Jeanne sera admise comme membre correspondant de la célèbre « Zoological Society » de Londres, comme de 18 autres académies, très rare honneur pour une femme, a été oubliée et l’on redécouvre seulement maintenant ses nombreux travaux.

« Ces cages avaient 4 mètres de longueur, 2 mètres de hauteur, 1 mètre 10 centimètres de large. Je  laissais entre les barres un intervalle nécessaire pour que l’eau de mer put y circuler librement, sans que le mollusque put en sortir avec sa coquille. Pour consolider ces cages, il y avait à chaque angle un morceau de fer. Une porte s’ouvrait au-dessus de la cage ; deux petites ouvertures avaient été ménagées à droite et à gauche ; de là, je pouvais sans être vue observer mes animaux. A chaque angle aussi j’avais fixé une ancre afin de la maintenir solidement dans la mer.

J’introduisais dans l’intérieur de cette cage de l’algue, des plantes marines, de petites parties de roches, de petits cailloux, des millipora, des venus, des tritons et d’autres mollusques conchylifères ».

Apres en avoir obtenu l’autorisation administrative, elle implante ces aquariums près du lazaret  de Messine, et y maintient vivants des argonautes pour ses expériences, en leur fournissant un apport nutritif quotidien fait de ≪ mollusques testacés, venus, cytheres, loligo casses, […] pêches expres à l’aide d’un râteau ≫.

Bien que l’endroit fût choisi pour son calme, un important orage brise les cages et les argonautes prennent la fuite. Jeanne Villepreux-Power répare et maintient son dispositif pendant plusieurs mois, jusqu’à parvenir aux observations décisives pour son étude.

 Quelques citations donnent une idée de difficultés rencontrées:     .

* « Pour la réussite de mon projet, j’imaginai des cages (ayant obtenu la permission des autorités); je les plantai dans un bas fond maritime qui est dans le lazaret de Messine, dans un endroit où je pourrais, sans être dérangée, pour- suivre mes observations; ensuite j’y renfermai une quantité d’Argonauta vivants, ayant soin de leur préparer chaque jour la nourriture nécessaire consistant en mollusques testacés, vénus, cythères, loligo cassés, que j’avais pêchés exprès à l’aide d’un râteau(13).

* « J’approchai ma barque de ladite cage, afin d’observer mes poulpes ».

* « Cet animal est très soupçonneux, et aussitôt qu’il s’aperçoit qu’on l’observe, il rentre en un clin d’œil ses membranes dans sa coquille, s’enfuit au fond de la cage ou de la mer, et ne remonte à la surface que lorsqu’il se croit à l’abri de tout danger ».

* « Je me posai souvent deux ou trois heures sur mes cages à observer ce que faisaient mes Argonauta, et c’est ainsi que j’ai pu connaître leurs habitudes ».

* « Puis survint un orage qui brisa mes cages et les Argonautes prirent la fuite ».

* « Je ne pensai jamais à renoncer à mon entreprise, quoique je visse mes essais réitérés n’aboutir à aucun résultat satisfaisant ».

* « Ce ne fut qu’après plusieurs mois que je réussis à éclaircir mes doutes, et à voir en même temps mes recherches couronnées d’un heureux succès ».

* « Quand l’eau était un peu agitée, je la calmais et la faisais devenir comme une glace formant un immense cercle autour de ma barque, avec du sable humide bien mêlé d’huile que je jetais par poignées à droite et à gauche dans l’eau »

Sans vouloir ici trancher aucune question de priorité dans l’invention des aquariums modernes, on peut sans conteste affirmer avec certitude que ces « Gabbioline alla Power » constituent un tournant de tout premier plan dans leur histoire,mais surtout, il convenait de saluer le  travail de cette femme scientifique qui est la pionnière de notre passion.

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References :

  • http://www.pronatura-france.fr/88-portraits/231-jeanne-villepreux-power
  • http://jeanne-villepreux-power.org/documentation-et-travaux-de-claude-arnal/128-la-bataille-de-l-argonaute-texte-de-claude-arnal-juillet-1995
  • https://www.pourlascience.fr/sd/histoire-sciences/cendrillon-et-la-querelle-de-largonaute-6157.php

[2ème partie] La phytothérapie, pour les poissons aussi !

La phytothérapie, pour les poissons aussi !

Les fruits d’aulne

Les fruits d’aulne ont la particularité de baisser très efficacement le PH, compter un fruit pour 15L.

Les fruits d’aulnes sont très utilisés en aquariophilie et notamment dans la maintenance de crevettes.

Ils ont des propriétés antifongiques, et antibactériennes, permette de baisser légèrement le Ph, et facilitent la mue des crevettes et autres.

Les cônes d’aulne nommé aussi fruit d’aulne contiennent des acides humiques et tanniques de qualité qui protègent naturellement vos poissons d’aquarium de nombreuses maladies.

Ils sont recommandés pour les poissons originaires des zones tropicales à eau « noire », comme les Discus, les cardinalis, les scalaires, les cichlidés nains, mais aussi les crevettes qui en plus d’apprécier les tannins aiment venir manger la micro-faune et flore qui se

développe sur le fruit.

Caractéristiques des cônes :

  • Créent une eau d’aquarium proche de celle où vivent à l’état naturel les poissons tropicaux
  • Favorisent le bien-être, la vitalité et stimule le frai
  • Préviennent les mycoses des poissons et les moisissures des œufs
  • Acidifient l’eau et baisse le pH
  • Ce sont des produits 100% naturel.

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Pérou, les poissons du District de Jenaro Herrera

Le mot de l’auteur

Comme je maintiens diverses espèces de cette région, je me suis intéressé à ses caractéristiques, et peu à peu, j’ai réuni de quoi constituer un mini-dossier sur ce district péruvien.

C’est au 16ème siècle que les espagnols de Pizzaro découvrirent le Pérou des incas, incas qui furent rapidement balayés par les conquistadores.
Aujourd’hui, le Pérou comprend 30 millions d’habitants, dont un tiers résident dans la capitale, Lima.
Le Pérou est grand comme deux fois la France, et plus de 70% de sa surface est une jungle dense, à l’est de la cordillère des Andes.

Carte du Pérou

Cette jungle, de type amazonienne, dissimule encore de nombreux secrets, et la présence d’indiens bravos, c’est-à-dire sans contact avec les péruviens, n’est pas des moindres.

Bien que comme partout le progrès rogne peu à peu sur la forêt, on estime que subsistent encore une quinzaine de tribus sans aucun contact avec la « civilisation », citons parmi celles-ci les Cacataibos, les Isconahua, les Matsigenka, les Mashco-Piro, les Mastanahua, les Murunahua (ou Chitonahua), les Nanti et les Yora.

La partie Est du pays, la jungle donc, est encore très peu peuplée, avec par exemple 2,4 habitants par km2 dans la région de Loreto, au nord-est, et 1,3 habitants  par km2 dans la région de Madre de Dios.

Les anciens départements du Pérou ont été transformés en régions, ce qui peut générer une confusion dans la localisation.
Dans cette fiche, c’est la région de Loreto qui nous intéresse, de  loin la plus grande, au nord-est, recouvrant une partie de la jungle péruvienne.

Emplacement de la région de Loreto

La capitale régionale est Iquitos, essentiellement accessible par avion et  bateau.
C’est dans le Loreto que se trouve le Parc national de la Sierra del Divisor, l’un des plus grands parcs nationaux mondiaux.

Le district qui nous intéresse ( un district est la plus petite division administrative au Pérou) est Jenaro Herrera, souvent orthographié Gennaro Herrera.
C’est la première orthographe qui est la bonne, le district tirant son nom de la ville de Jenaro Herrera, ainsi nommée en mémoire de Ernesto Herrera Torres Jenaro, écrivain et avocat.

C’est l’un des 11 districts de la Province de Requena, située dans la région de Loreto.
La capitale éponyme du district est située sur les bords du río Ucayali, qui provient bien évidemment de la Cordillère des Andes.

Le rio Ucayali

Jenaro Herrera est situé en amont de la confluence du rio Ucayali et du rio Maranon, qui iront ensuite alimenter l’Amazone.

Carte de Jenaro Herrera

Le district est situé au sud de la Réserve nationale Allpahuayo  Mishana, qui protège de nombreuses richesses, qu’il s’agisse de la faune ou de la flore.

A l’ouest, c’est l’immense réserve nationale Pacaya Samiria qui borde Jenaro Herrera.

A noter, ces deux réserves sont visitables, et il est possible d’y loger.

Les poissons constituent une base alimentaire importante dans cette partie du Pérou, et on y rencontre, plus au nord vers Iquitos, des sites de pêche sportive.

Gamitana

Tucunare

Recenser les poissons du district est un véritable casse-tête. 

Notons que de plus, l’ensemble de la région comprend plus de 300  espèces endémiques, dont une bonne partie est constituée de poissons maintenus en aquariophilie.

La majeure partie des exportations s’effectue vers les USA et l’Asie, la France représente 2% du total des exportations (6% pour l’Allemagne).
Hélas, pour des raisons alimentaires, les Tilapia ont été introduits au Pérou, et leur croissance est exponentielle, toutefois moins dans le Loreto que dans les autres régions.

Le biotope

Eau blanche : visibilité faible, du fait des minéraux et sédiments  dissous dans l’eau. Fréquemment il n’y a que du bois et des feuilles mortes. L’eau blanche affiche souvent les valeurs suivantes :
pH  compris entre 6.2 et 7.2
kH  compris entre 0.2 et 0.4
GH  inférieur à 1°

Eau claire : peu de sédiments dissous, donc meilleure visibilité, l’eau provient de massif montagneux.  Nombreuses roches, dépourvue de végétation.
Le pH est compris entre 4.5 et 7.8
Le kH est inférieur à 0.3
La dureté totale, GH est comprise entre 0.3 et 0.8°

Eau noire : eau colorée et chargée de tanins ainsi que de divers acides humiques dus à la décomposition des feuilles et branches d’arbres, un exemple : le Rio Negro. Les rivières coulent sous le couvert des arbres, et comme elles reçoivent peu de lumière et que l’eau est acide et faiblement minéralisé, elles sont généralement dépourvues de végétation. L’eau est transparente, bien que de couleur thé. Les poissons se cachent dans les racines des grands arbres, et dans les branchages tombés. 
Le pH est compris entre 3.8 et 4.7
Le kH est non-mesurable (faible quantité de carbonates)
La dureté totale : 0.1° GH
Les eaux noires se rencontrent le plus souvent au nord du bassin amazonien, les eaux blanches à l’ouest, et les eaux claires à l’est, mais c’est bien évidemment une généralité souffrant d’exceptions.

Les rios les plus représentatifs, et fréquemment cités, sont :
Eaux noires : Rio Negro, le Rio Abacaxis, le haut Rio Trombetas et le haut Rio Nhamunda.
Eaux blanches : Rio Solimoes, le Rio Amazonas, le Rio Madeira et le Rio Branco.
Eaux claires : Rio Tapajós, le rio Xingu, le rio Guaporé et le Rio Tocantins.

Pour la région qui nous intéresse, Jenaro Herrera, le cours d’eau principal est l’Ucayali.

Ce Rio coule sud-nord, en provenance de la région de l’Ucayali, rejoignant le Rio Maranon, pour constituer la source principal de l’Amazone.
Le Rio Ucayali provient de la confluence du Río Tambo et du Río Urubamba à la hauteur d’Atalaya.

Ces deux derniers Rios viennent des Andes, et plus précisément du système glaciaire andin.

Mais le Tambo et l’Urubamba parcourent plus de 800 kms en forêt avant de créer l’Ucayali.

Ce dernier a de nombreux affluents, fréquemment en provenance des Andes, qu’il longe du sud au nord.

 L’Ucayali.

Le bassin de L’Uacayali est complexe, avec d’innombrables îles sur le cours principal, des affluents d’origine diverses, et de nombreux bras morts.

C’est bien souvent dans ces derniers, riches en eaux noires, que nous allons trouver des espèces de cichlidés, soit endémiques, soit répandues sur de plus vastes biotopes.

De manière générale, les biotopes abritant des cichlidés dans cette région vont se caractériser par l’absence de plantes aquatiques, avec par contre beaucoup de plantes flottantes (je mets des lentilles d’eau dans mes bacs, afin de filtrer la lumière, mais attention , il convient de prévoir leur ramassage régulier, tant l’expansion est rapide)

Le substrat est sablonneux, souvent de sable blanchâtre et très fin ( important pous la conservation des apistos), avec du limon le recouvrant, et sur ce limon, des couches importantes de feuilles et de brindilles (bien sûr, j’utilise de la catappa)

Pas ou peu de roches, dans le milieu naturel, et cela va de soi, les racines immergées sont nombreuses.

Toutefois, d’autres familles sont représentées dans ce biotope, bien évidemment, et nombre d’espèces sont également endémiques.
Etablir une liste précise des 5000 espèces qui vivent au Pérou (espèces connues à ce jour !) voir même des 1800/2000 endémiques serait fastidieux, et inutile.

D’innombrables Characidés, des Callichthyidae également..

Planète Catfish a  une longue liste d’autres poissons-chats , et notamment des espèces du bassin du Rio Ucayali.

Pour les cichlidés, je suis parti de la base solide que constitue le livre «  Cichlids fishes of the Amazon drainage of Peru », de Sven Kullander, publié en 1986, que j’ai actualisé bien évidemment.

Bien sûr, impossible de citer les cichlidés du Pérou sans évoquer Patrick de Rham, que Kullander cité à différentes reprises.
A cette époque, Kullander parle de 55 espèces de cichlidés présentes au Pérou.

Il va de soi que ceci évolue sans cesse, par exemple en octobre de cette année, deux nouvelles espèces d’apistos ont été découvertes dans le Loretto.

Kullander avait en effet noté la présence intéressante de ces cichlidés endémiques, et je vais tenter d’insister plus particulièrement sur le bassin de l’Ucayali, et de la région de Jenaro Herrera.


Le port de Jenaro Herrera.

Cichlidés a priori endémiques.

Genre : Aequidens Espèce : patricki, endémique d’une zone limitée aux rivières Rio Aguaytía et Rio Pachitea ( cf fiche sur cet Aequidens sur le forum)
Genre : Aequidens Espèce : sp. Jenaro Herrera, bassins Ucayali et Nanay,secteur du bas Ucayali (cf fiche sur cet Aequidens sur le forum)
Genre : Andinoacara Espèce : stalsbergi, biotope : les rivières et les lacs trans-andins de la côte Pacifique.
Genre : Apistogramma Espèce : allpahuayo, Rio Nanay
Genre : Apistogramma Espèce : amoena, Río Ampiyacu dans le bassin du Rio Amazonas.
Genre : Apistogramma Espèce : atahualpa, Rio Nanay
Genre : Apistogramma Espèce : baenschi, Rio Shanushi, dans la zone inférieure du bassin du Rio Huallaga
Genre : Apistogramma Espèce : barlowi, bassin du Río Ampiyacu
Genre : Apistogramma Espèce : cinilabra, 78 Km au sud d’Iquitos, entre Iquitos & Nauta, 4°00’46 ».2″S, 7327’47.7″W,lacs et étangs
Genre : Apistogramma Espèce : eremnopyge, Rio Pintuyacu, un affluent du Rio Itaya près 
d’Iquitos
Genre : Apistogramma Espèce : feconat, Rio Pucacuro, district de Loretto
Genre : Apistogramma Espèce : Huascar, Rio Nanay
Genre : Apistogramma Espèce : nijsseni, Río Carahuayte et Río Yavarí, affluents du Río Ucayali
Genre : Apistogramma Espèce : ortegai, petits cours d’eau affluents de la rivière Ampiyacu près de Pebas
Genre : Apistogramma Espèce : panduro, Río Tahuayo et Río Tamshiyacu, bassin du Río Ucayali 
(cf fiche sur cet Apistogramma sur le forum)
Genre : Apistogramma Espèce : paulmuelleri, Rio Quebrada, entre Iquitos et Nauta
Genre : Apistogramma Espèce : sp Alto Tapiche, Rios Ucayali et Tapiche
Genre : Apistogramma Espèce : urteagai, bassin du Rio Madre de Dios
Genre : Apistogramma Espèce : wolli, Origine : Cabo Pontoja,district de Loretto
Genre : Bujurquina Espèce : apoparuna, Rio Ucayali
Genre : Bujurquina Espèce : cordemadi ; Madre de Dios
Genre : Bujurquina Espèce : eurhinus, ville de Pilcopata, partie supérieure du Madre de Dios, Parc national de Manu, Rio Colorado et rio Marcapata
Genre : Bujurquina Espèce hophrys,   Rio Pachitea et Rio Aguaytía , Bassin supérieur du Rio Ucayali
Genre : Bujurquina Espèce : huallagae, Rio Huallaga, un affluent du río Marañón,près de la ville de Tingo Maria, et  à Tarapoto (sur le rio Shilcayo ?)
Genre : Bujurquina Espèce : labiosa, Rio Chinipo  bassin supérieur du Rio Ucayali  
Genre : Bujurquina Espèce : megalospilus,   Rio Pachitea et Rio Aguaytía , Bassin supérieur du Rio Ucayali
Genre : Bujurquina Espèce moriorum, Rio Quebrada Carahuayte,bassin de l’Ucayali,et dans la région de  Mazam au bord du Rio Napo 
Genre : Bujurquina Espèce : ortegai,   Rio Mayo, bassin du Rio Huallaga
Genre : Bujurquina Espèce : robusta, Rio Chinipo  bassin supérieur du Rio Ucayali  
Genre : Bujurquina Espèce : syspilus, Rio Pacaya, bassin du Rio Ucayali, et Rio Yavarí
Genre : Bujurquina Espèce :tambopatae, Rio Tambopata (bassin Río Madre de Dios). 
Genre : Crenicichla Espèce :Anthurus, Rios Ucayali, Huallaga (affluent du Río Marañon), Putumayo, Napo et Amazone (au Pérou). 
Genre : Tahuantinsuyoa Espèce : macantzatza, Rio Aguaytía, dans le Haut Ucayali


Apistogramma allpahuayo


Bujurquina peregrinabunda,photo A.Stalberg


Crenicichla anthurus

Cichlidés non-endémiques

Genre : Acarichthys Espèce : heckelii
Genre : Acaronia Espèce : nassa
Genre : Aequidens Espèce : diadema
Genre : Aequidens Espèce : tetramerus
Genre : Andinoacara Espèce : rivulatus
Genre : Apistogramma Espèce : agassizii (cf fiche sur cet Apistogramma sur le forum)
Genre : Apistogramma Espèce : aguarico
Genre : Apistogramma Espèce : bitaeniata
Genre : Apistogramma Espèce : cacatuoides (très présent dans le bassin de l’Ucayali)
Genre : Apistogramma Espèce : cruzi
Genre : Apistogramma Espèce : eunotus
Genre : Apistogramma Espèce : juruensis
Genre : Apistogramma Espèce : luelingi
Genre : Apistogramma Espèce : moae
Genre apistogramma Espèce : rubrolineata
Genre Apistogrammoides Espèce : pucallpaensis ( se rencontre dans l’Ucayali)
Genre : Astronotus Espèce : crassipinnis
Genre : Astronotus Espèce : ocellatus
Genre : Biotodoma Espèce : cupido
Genre : Bujurquina Espèce : peregrinabunda
Genre : Chaetobranchus Espèce flavescens
Genre : Cichla Espèce : monoculus
Genre : Cichlasoma Espèce : amazonarum
Genre : Cichlasoma Espèce boliviense
Genre : Cichlasoma Espèce : festae
Genre : Crenicara Espèce : punctulatum ( se rencontre dans l’Ucayali)
Genre : Crenicichla Expèce : cincta
Genre : Crenicichla Espèce :cyanonotus
Genre : Crenicichla Espèce :johanna
Genre : Crenicichla Espèce : lucius
Genre : Crenicichla Espèce : proteus ( se rencontre dans l’Ucayali)
Genre : Crenicichla Espèce : reticulata
Genre : Crenicichla Espèce : sedentaria ( se rencontre dans l’Ucayali)
Genre : Geophagus Espèce : proximus ( se rencontre dans l’Ucayali)
Genre : Heros  Espèce : efasciatus
Genre : Hypselecara Espèce : temporalis ( se rencontre dans l’Ucayali)
Genre : Laetacara Espèce : flavilabris
Genre : Laetacara Espèce : thayeri
Genre : Mesonauta Espèce : festivus
Genre : Mesonauta Espèce : mirificus
Genre : Pterophyllum Espèce : scalare
Genre :Satanoperca Espèce :jurupari ( se rencontre dans l’Ucayali)
Genre : Symphysodon Espèce : aequifasciatus

Cette liste n’est sans doute pas complète, et qu’elle sera obsolète au fur et à mesure de la découverte de nouvelles espèces. 

Ce qui est frappant en consultant cette liste c’est l’hyper représentativité de certains genres, comme Bujurquina, par exemple.

Dans les endémiques, on relève 2 Aequidens, 1 Andinoacara, 16 Apistogrammas, 12 Bujurquina, 1 Crenicichla et l’oiseau rare, 1 Tahuantinsuyoa.
Dans les non-endémiques, j’ai noté : 1 Acarichthys , 1 Acaronia , 2 Aequidens ;1 Andinoacara ; 10 Apistogramma, Genre 1 Apistogrammoides , 2 : Astronotus, 1 : Biotodoma , 1Bujurquina ; 1Chaetobranchus , 1Cichla, 2 Cichlasoma , 1 Crenicara, 7 Crenicichla, 1 Geophagus, 1 Heros, 1 Hypselecara, 2 Laetacara, 2 Mesonauta, 1 Pterophyllum, 1 Satanoperca, et 1 Symphysodon.
Soit 74 espèces.

En faisant un mini-organigramme, on obtient donc : Pérou > Loretto, Ucayali, et enfin Jenaro Herrera.

Inutile de revenir sur les conditons générales de maintenance des espèces issues de ce biotope, mais attention aux Bujurquina, qui bien souvent présentent des conditions de maintenance assez différentes.

Pour les espèces du biotope Jenaro Herreara, si l’on souhaite respecter ce biotope, on peut les maintenir en bac communautaire avec Corydoras panda et Corydoras trilineatus, qui se trouvent dans l’Ucayali.

Brochis multiradiatus sera également un compagnon sensiblement du même biotope.

Toujours chez les siluriformes, Ancistrus. Rio Ucayali porte un nom qui me dispense de tout commentaire.

Chez les Plecos, Panaqolus albivermis fera très bel effet.

Parmi les tetras de l’Ucayali, on trouve Hyphessobrycon frankei, Hyphessobrycon loretoensis, Hyphessobrycon peruvianus.

Plus commun, Paracheirodon innesi ne sera pas dépaysé non plus. Nannostomus trifasciatus serait également à son aise.


Panaqolus albivermis

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Uaru
  
 

Réflexion autocritique & aquariopsychologique….ou pamphlet ?

Analyse autocritique d’un aquariophilie !

S’ils sont d’indéniables antidotes à la solitude et au stress, les animaux de compagnie sont aussi et parfois de véritables donneurs de leçons… de vie.  Pensez à l’indéfectible loyauté du chien, la fière sensualité du chat, l’hypersensibilité du cheval, l’inaltérable impassibilité du poisson rouge…

La surenchère dans le choix des épithètes est la règle dans le monde des animaux de compagnie et dans ce domaine l’aquariophilie et les aquariophiles, en particulier, n’échappent pas à la règle, bien au contraire. Souvent, ces passionnés que nous sommes développons un univers dans lequel les projections narcissiques, amour de la nature associés à des connaissances empiriques cohabitent avec plus ou

moins d’excès.

A tel point que la question se pose de savoir si cette passion est animée par l’amour des animaux ou plutôt l’amour de soi ?

« Autrefois utilitaires dans le milieu rural, peluches vivantes pour les enfants ou petits compagnons des personnes âgées, le chien et le chat ont totalement investi la famille. La dimension affective dans cette relation ne cesse de se renforcer. Aujourd’hui, ce qui est nouveau et qui a changé la philosophie de conservation de nos animaux, c’est la notion de responsabilité, d’engagement qui anime les aquariophiles qui veulent  connaître leurs animaux, les biotopes dans lesquels ils évoluent, se passionnent pour reproduire au maximum les meilleures conditions de maintenance de leurs poissons….font tout pour mieux s’en occuper. »

Par ailleurs, certains propriétaires acquièrent en la matières une telle connaissance par l’observation de leurs poissons, leurs conditions de maintenance  et tous les moyens qu’il faut mettre en œuvre pour y arriver qu’ils sont, la plupart du temps , intarissables et certains s’autoproclament même « docteur es science » en la matière, n’hésitant pas à se promouvoir conférencier au passage !

Car, si parler de son (ses) poisson(s), de son (ses) aquarium(s) engage l’affect de manière parfois incontrôlable, cela déchaîne très (trop) souvent des passions.

« On ne peut nier qu’il existe un investissement narcissique important dans la relation avec les animaux que l’on détient », faisait remarquer un psychologue.

« Le propriétaire évoque souvent la particularité de son animal, sa capacité à réagir à telle ou telle situation, à devancer certaines demandes. Le discours tourne la plupart du temps autour de la spécificité de tel ou tel poisson ou maintenance d’une espèce particulière, et cela est fréquent chez les personnes qui ont du mal à parler d’elles. »

L’animal, serait donc un thérapeute pour l’homme !

Si l’animal a le don de délier les langues et de générer des démonstrations affectives particulières que nous avons évoquées, sa spécificité est justement de ne pas être un thérapeute : Ne nous calquons pas sur les psychologues de la boule de cristal….avec un poisson rouge !

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« À une époque où tout doit être thérapeutique, l’animal de compagnie offre, lui, un espace relationnel, qui a certes des effets bénéfiques, mais qui repose sur l’absence de norme et d’attentes particulières. Entre un animal et son propriétaire, il se passe des choses d’ordre émotionnel, mais est-ce pour autant thérapeutique ? ».

Est-ce pour cette raison que progressivement les aquariums trouvent leur place dans les hôpitaux et autres lieux ?

Pour beaucoup de psychologues, la plus grande vertu de cette relation réside dans la dimension créative que génère la passion de l’aquariophilie.

« Le fait que la communication avec l’animal soit non verbale oblige à affûter son sens de l’observation, pour le comprendre et être compris de lui. En cela, elle est une école de l’altérité. »

ou

« Notre relation avec l’animal de compagnie n’est ni un substitut ni une singerie des relations humaines, mais un supplément qui les enrichit ».

ou

« Le besoin qu’a l’homme de s’approprier la nature est inscrit en lui depuis les origines »

et encore

« Le phénomène animal de compagnie » est allé croissant avec la perte progressive du contact avec la nature. En prenant un animal sous son toit, l’homme a, d’une certaine façon, l’impression de la recréer ».

mais

«Il existe un sentiment selon lequel le crime contre la faune n’en est pas véritablement un ! »

Profil psychologique de l’aquariophile-collectionneur.

Comme cela a déjà été abordé, la satisfaction du collectionneur repose sur la recherche et sur l’acquisition, beaucoup plus que sur la possession.

Mais le collectionneur reste un éternel insatisfait car il est guidé par un désir insatiable : la découverte et l’acquisition de nouvelles pièces. Ce besoin est comparable à la faim, car s’il peut être assouvi le temps d’une acquisition, il revient sans cesse. Le collectionneur est un consommateur maniaque qui renouvelle toujours l’expérience de recherche et d’acquisition. Et même si dans certaines périodes il achète moins, il est seulement « calmé », car il est un point commun à tous les aquariophiles : l’absence de point de saturation.

Le collectionneur est un passionné, et comme tout passionné, son comportement n’est pas gouverné par la raison mais par des comportements compulsifs. Le collectionneur est méticuleux, soigneux, il trie, range, et bien souvent expose sa collection. Il est méthodique : il recherche selon différentes méthodes, à différents endroits, entretient ses contacts, créé et diffuse des listes de recherche auprès de son réseau. Il a très souvent une tendance à la surestimation : il donne une valeur plus élevée à l’objet qu’il désire acquérir que sa valeur réelle.

Le collectionneur, passionné par sa collection, lui accorde une part conséquente de ses revenus et lui consacre une grosse partie de son temps de loisir. Son comportement s’assimile presque à un trouble obsessionnel compulsif.  Dans de nombreux cas d’ailleurs, la collection est assimilée à une pathologie de l’esprit, on parle de collectionnomanie.

Nous pouvons distinguer deux profils d’aquariophiles-collectionmaniaques :

  • L’aquariophile vitrine : plutôt extraverti et presque exhibitionniste, il ne parle que de sa collection (environ 70% des aquariophiles sont des « aquariophiles vitrines »).
  • Le collectionneur placard : introverti et méfiant, il ne montre jamais sa fishroom ni même de photos. Il est cependant tout aussi actif dans la recherche, l’acquisition et la rencontre de nouveaux aquariophiles (environ 30% des aquariophiles sont des « aquariophiles placards »).

La complexité psychologique que nous venons de décrire  explique pourquoi ce type d’aquariophile s’attache beaucoup plus à son activité de « collectionneur animalier » qu’à la maintenance de ses poissons.

C’est un point important dont il faut être conscient dès qu’on s’intéresse à la collection, que ce soit en tant qu’observateur ou acteur.

Bien que tous les objets puissent être collectionnés, certains présentent plus de prédispositions à l’être, et sont par conséquent plus collectionnés que d’autres. Il existe différents facteurs qui font d’un objet une pièce de collection et notamment les différences plus ou moins complexes qui séparent chaque élément de la catégorie d’objet à laquelle il appartient, mais aussi les émotions qu’il évoque et auxquelles il est lié, son importance culturelle ou historique.

Finalement la question qui vient à se poser est la suivante : Les aquariophiles sont-ils névrosés ?

Chez certains la maintenance des poissons poussent à augmenter sans fin le nombre de bacs en fonctionnement à leurs domiciles y compris au sein de structures associatives auxquelles ils peuvent appartenir : Les fishrooms !

Autre caractéristique de ces aquariophiles :

  • Où sont les limites ?
  • Quelles limites imposent à leur passion et à leur entourage ?

Souvent, ils n’ont pas ou peu de de point de saturation….c’est bien souvent leur budget financier ou le conjoint qui les ramènent à la triste réalité permet de réduire les  contraintes qu’imposent leur passion : Phénomène de CAF (Coefficient d’Acceptation Féminin) !

Même si leur goût change (cichlidés américains VS  cichlidés africains) et que leur intérêt se déplace vers d’autres types d’espèces, ils ne s’arrêtent vraiment  jamais et reviennent souvent à leurs premières amours. Mais, rassurons nous, cela n’a rien à voir avec ce que les psychanalystes freudiens définissent comme un « trouble obsessionnel compulsif ».

« L’aquariophilie fait de nous tous, des compulsifs ! »

C’est bien vrai à des degrés divers, c’est pourquoi le “collectionnisme aquariophile” n’est ni un comportement pathologique ni une maladie. On peut même dire que c’est un traitement en soi !

Quand on constate et mesure avec quelle ferveur, l’aquariophile est attaché à ces poissons ou aquariums, on remarque que sa démarche n’a pas forcément de rapport avec leur rareté ou leur valeur marchande. Il s’agirait en fait d’une projection de son psychisme. La preuve en est que bien des aquariophiles sont déprimés lorsqu’ils ont terminé ou, quand ils considèrent «avoir fait le tour de d’une espèce à maintenir » qu’il leur suffit d’en commencer une nouvelle aventure, et la dépression disparaît Il en est de même pour ces aquariophiles qui après avoir fini un bac en recommencent un autre…souvent plus gros que le précédent ou les précédents !

Bien évidemment, dans ce petit monde, l’esprit mercantile trouve aussi sa place chez certains personnages. L’aquariophilie n’échappe pas à cette règle universelle.

Toutefois, on peut se demander si cette quête perpétuelle d’acquisition n’est pas une tentative de restaurer l’image de soi en complétant sa fishroom sans cesse d’éléments nouveaux, de bacs supplémentaires…

Collectionner pourrait alors être considéré comme une valorisation narcissique.

Quelques chiffres approximatifs et extrapolés

  • Les aquariophiles se répartissent en 73 % d’hommes et 27 % de femmes.
  • 50 % ont commencé leur « collection » entre 4 et 15 ans d’âge.
  • La majorité des aquariophiles y consacrent de 5 à 20 % de leur budget.
  • 9 % pensent que c’est une façon de placer de l’argent.
  • 90 % s’occupent régulièrement de leur fishroom, mais le temps passé varie de 10 à 100 % du temps de loisir total.
  • 60 % acceptent de montrer leur collection à leurs amis, 20 % de temps en temps, 20 % jamais.

Très rares sont les aquariophiles qui s’estiment « enfermés » dans un carcan d’espèces particulières (sauf les cichlidophiles !) qui se multiplient à l’infini.

« La grande majorité d’entre eux se sent libre et heureuse, ils sont fiers de leur passion, de connaître à fond leur sujet, de faire œuvre de protection d’un patrimoine culturel. »

Ce qui confirmerait l’hypothèse de la valorisation narcissique. Mais que penser de ceux qui rendent la vie de leurs proches insupportable ?

« Leur comportement devient dangereux lorsque la collection a dépassé son but, l’aspect passionnel prend le dessus, et ils perdent toute notion de réalité ».

Ce sont des cas rares, bien sûr !

Quant aux aquariophiles dits “normaux”, même s’ils ne souffrent pas d’une maladie, ils ne guérissent pas du “collectionnisme”. C’est une véritable dépendance, un peu comme l’alcoolisme, à la différence que cette assuétude est plutôt sympathique.

«Il y a une différence fondamentale entre l’individu qui collectionne et celui qui ne collectionne pas. Comme si, chez le collectionneur, il y avait un dispositif qui n’est pas présent chez le non-collectionneur »,

En effet, l’animal de collection/l’objet de collection (on parle autant des poissons que de leurs contenants : les aquariums) ne doit avoir pas avoir d’utilité, et le collectionneur, de motivation mercantile.

Les psychologues divisent les objets/animaux de collection en deux catégories :

  • l’objet/animal « bouchon » qui comble un manque chez le collectionneur,
  • l’objet/animal « vitrine » qui lui permet d’exprimer son narcissisme.

Et si on parlait de la difficulté de montrer ses aquariums et ses poissons !

« Le problème des aquariophiles est que, plus ils accumulent, moins ils peuvent montrer ce qu’ils ont !

Il est vrai que déplacer ces aquariums n’est pas une mince affaire et relève de l’impossible !

Pourtant, dans les manifestations de type « Bourse », à une échelle plus réduite, sont déchargés au « cul du camion » bacs, matériels et plantes et poissons.

Mais chez certains aquariophiles, cela relève d’une forme de confidentialité que de montrer ce qu’ils possèdent : Il faut cacher ce qu’on aime de peur d’avoir à partager.

La démarche du collectionneur est qu’en principe, celui-ci ne montre pas ses possessions !

ATTENTION, danger(s)…..le Syndrome de Noé !

Cette forme de passion couve dans son exercice un autre danger bien réel : Le « syndrome de Noé », appelé en anglais « animal hoarding » qui est une maladie mentale qui consiste à posséder trop d’animaux de compagnie.

Plus exactement, on possède plus d’animaux que l’on en peut héberger, nourrir et soigner correctement et dans le même temps, on dénie cette incapacité.

Les malades sont vraiment attachés à leurs animaux et n’envisagent pas de s’en séparer. Le plus souvent ils ne veulent pas admettre qu’ils les font souffrir. Cette maladie atteint plus particulièrement des femmes (ouf, sauvés pour l’essentiel des aquariophiles : les compagnons féminins aquariophiles ne sont pas légion !), d’autant plus quand elles sont âgées de plus de 60 ans et vivent seules.

 …ou pire, le syndrome de Diogène !

Le syndrome de Diogène est un syndrome décrit par Clark en 19751 pour caractériser un trouble du comportement conduisant à des conditions de vie négligées, voire insalubres.

Diogène et son tonneau : Le précurseur de l’aquariophilie ?

Ce syndrome est une forme extrême d’accumulation compulsive ou syllogomanie.

La personne présentant ce syndrome choisit un isolement social aussi grand qu’il lui est possible ; elle en arrive à vivre presque recluse chez elle, n’ayant dès lors plus autant de raisons d’entretenir son logement et se désintéressant en même temps, à un degré plus ou moins grand, de son hygiène personnelle.

Se pensant à tort ou à raison en risque de pauvreté extrême, ce qui lui est suggéré par la vie peu gratifiante où elle s’installe, elle essaie d’économiser le plus possible pour parer à l’avenir, et accumule parfois des sommes importantes sans avoir réellement conscience de leur valeur. Accumuler aussi chez elle de grandes quantités de déchets ou du moins d’objets sans utilité immédiate l’amène à vivre dans des situations insalubres : d’abord simple encombrement, puis impossibilité d’entretenir ou même de faire entretenir son logement en raison même de cet encombrement devenu obstacle.

L’aquariophilie-collectionnite serait considérée comme TOC ?

Vivre avec une personne qui accumule bacs après bacs, des poissons à gogo rend vite la vie infernale… et bordélique !

C’est l’horreur : imaginez des bacs partout, une chaleur humide, des odeurs nauséabondes de poissonnerie mélangées à la fermentation, des factures électriques exorbitantes, un encombrement sauvage des lieux….

Aucune maison n’est jamais assez grande pour accueillir des aquariums toujours plus nombreux et plus grands. Dramatiquement, les aquariums et les poissons occupent tous les espaces libres dans la maison jusqu’aux endroits les plus intimes comme votre chambre ou celle de vos enfants. Cela devient une vraie pathologie qui cause beaucoup de dégâts relationnels…

Quand on rencontre ce genre d’individu, on se rend compte qu’à cause de ça, il n’a plus de vraie vie sociale… et quelle femme voudrait partager cette vie ?

Et, souvent, cette personne refuse de prendre conscience que c’est un TOC et que ça se soigne. Ces personnes ont tellement de plaisir à accumuler et cela leur plaît de vivre ainsi !

Face à ces démonstrations, on peut se demander à partir de quel moment un tel comportement devient vraiment un TOC.

Plus scientifiquement, il existe une définition de l’accumulation pathologique aussi appelée accumulation compulsive. Les critères sont les suivants:

  • l’acquisition ou l’impossibilité de se débarrasser d’un grand nombre de biens qui apparaissent comme étant inutiles ou de valeur limitée;
  • les espaces de vie sont tellement encombrés que la réalisation des activités pour lesquelles ils étaient destinés est rendue difficile voire impossible;
  • l’accumulation entraîne une détresse significative ou une altération du fonctionnement de la personne.
  • On se situe donc bien au-delà de la collection !
  • Dans l’accumulation compulsive, il n’y a pas le désir de compléter une collection mais bien l’impossibilité de se débarrasser d’objets/animaux auxquels la personne s’accroche.

Quelle est finalement le profil psychologique type de l’aquariophile ?

Collectionner des poissons et des bacs est un instinct humain de base et très antique, propre  en général, aux personnes organisées, soigneuses et voire éventuellement un petit peu obsessionnelles (autre définition de la rigueur qu’impose une maintenance sans reproche ?), de sorte que, souvent, cette belle passion peut se transformer en la passion d’une vie, avec tout ce que cela peut comporter….de bon et moins agréable pour soi et pour l’entourage proche.

Pour un aquariophile dit normal, c’est souvent d’abord le processus de recherche qui procure le plus de plaisir ou le premier moment de satisfaction, mais chez l’aquariophile « puriste », trouver le poisson rare dont la souche est connue, nouvellement découverte et, « cerise sur le gâteau » fraîchement rapportée de sa rivière d’origine, donc hors du commun ou difficile à obtenir, équivaut à la quête du Saint Graal faite par les croisés et devient une forme de consécration.

Parfois, ce poisson rare peut reléguer, à son arrivée dans la fishroom, tous les autres poissons de la même espèce dont la souche est moins noble ou inconnue !

Notez qu’au passage, dans le cas d’une nouvelle espèce découverte, l’aquariophile pourrait même lui donner son nom : C’est le Nec plus ultra !

De ces comportements, parfois exagérés, il se dégage néanmoins quelques idées-forces :

  • accumuler n’est pas tout-à-fait collectionner et encore moins la garantie d’assurer une maintenance aquariophile digne de ce nom : Même si le l’aquariophile est ordonné et soigneux, et a l’habitude de partager sa passion avec ses coreligionnaires en la montrant avec orgueil, en distribuant même sa production piscicole…., l’accumulation segmentée et désordonnée, sans souci de la qualité de la maintenance assurée, est une forme de psychopathologie, comme le syndrome de Diogène.
  • Les aquariophiles sont (devraient être) ordonnés et voire obsessionnels. Normalement, comme on a déjà dit, les aquariophiles sont ordonnés et soigneux mais on y trouve parfois aussi une certaine tendance obsessionnelle qui peut être exacerbée ….sans  forcément tomber dans la pathologie.
  • Une majorité des aquariophiles a commencé sa passion dès l’enfance ou dans la préadolescence qui sont des époques favorables pour s’y initier, bien qu’en la matière il n’existe, heureusement pas, de règle définie. Au stade de l’enfance on est collectionneur par nature : collectionner et identifier ce sont des instincts de base, quelque chose d’enraciné en nous tous. Initié à l’enfance, cet instinct basique nous accompagnera, s’il ne subit pas de contrainte majeure, toute la vie. Parce que qu’une collection vivante est la partie la plus attractive de l’aventure, une collection, quelle qu’elle soit, n’est jamais complète, il y a toujours quelque chose qui attirera ou qui pourra permettre de compléter tout ce qu’on a déjà. Un aquariophile est un être vivant et passionné. Par ailleurs, tout le monde peut devenir aquariophile, même s’il est certain que la distance, le temps, l’argent, l’espace, etc.., peuvent être des facteurs conditionnels. Il est aussi certain qu’on peut collectionner des choses plus légères, qui n’occupent pas trop d’espace et qui ne sont pas trop coûteuses.
  • partager et se réjouir de sa passion, pour beaucoup d’aquariophiles, il y a plus de satisfaction à montrer, distribuer….qu’à trouver le poisson rare. Ce besoin de socialisation est très fort mais peut produire de grandes frustrations, parce qu’il y a peu d’espaces ouverts aux aquariophiles privés, et c’est pourquoi certains choisissent d’ouvrir leur propre espace. La connexion entre clubs aquariophiles et fishrooms privées serait un autre thème à traiter et à améliorer. D’autre part, le fait de collectionner apparait comme quelque chose d’avantageux à plusieurs titres : parce que cela produit une sorte de relâchement et, en plus, la satisfaction d’obtenir des choses, à partir de la contemplation de quelque chose qui pour le collectionneur semble belle ou précieuse; parce que cela encourage le désir de soigner les objets et de les valoriser; parce que cela peut être une manière d’apprendre à gérer les frustrations, puisque tout ne peut pas être obtenu immédiatement et parce qu’il faire preuve de patience; et parce que cela contribue à augmenter l’estime de soi, au moment de montrer ou exposer sa collection.

Collections et aquariophiles : définition, généralités et profil psychologique

Si parfois certaines considérations paraissent excessives, il est important de tout de même s’y attarder, pour mieux comprendre le domaine passionnel auquel appartient la collection. Bien souvent pour approcher de façon précise un concept, il convient d’en étudier ses extrémités afin de faire apparaître différents degrés et leurs implications.

Voici la définition que nous donne Larousse :

(Une collection est une) Réunion d’objets (animaux dans notre cas) rassemblés et classés pour leur valeur documentaire, esthétique, pour leur prix, leur rareté, etc.

Nous allons approfondir cette définition afin de ne pas se limiter au caractère succin imposé par le dictionnaire.

Pour aborder correctement le concept de collection, il convient de s’intéresser à son essence ainsi qu’aux éléments qui la composent.

Les composants d’une collection appartiennent tous à une même catégorie, plus ou moins large, mais chaque objet ou exemplaire reste différent de l’autre. Très souvent les objets qui composent une collection sont détournés de leur fonction première (l’acquisition d’un jeu sous blister pour une collection n’a plus pour fonction d’être joué).

Une collection a pour ultime but la complétion, à savoir la réunion complète de tous les objets d’une série répondant à des critères communs et définis par celui qui les réunit (en l’occurrence le collectionneur). La collection trouve sa justification dans son caractère incomplet, dans son inachèvement. En effet, la recherche représente (environ et en moyenne) 90% de l’activité du collectionneur. Elle est donc le moteur de tout collectionneur et la collection devient dénuée d’intérêt dés lors que le collectionneur n’a plus rien à rechercher. Ce dernier éprouve alors soudainement un vide, car l’intérêt de toute collection réside dans la recherche et la complétion. Une fois complétée, la collection est achevée, la recherche n’existe plus, et le collectionneur perd sa raison d’être.

Dans les cas où l’on assiste à l’achèvement d’une collection,

  • soit le collectionneur étend le champ des caractéristiques qui composent les éléments de sa collection afin d’acquérir de nouvelles pièces (et de continuer sa collection) ;
  • soit le collectionneur revend sa collection. Il n’est pas anodin non plus que le collectionneur donne sa collection à un musée.

C’est dans de très rares cas que le collectionneur conserve sa collection une fois terminée. On remarque que les collections qui ne font pas l’objet d’une revente sont celles qui ne détournent pas l’utilité de l’objet, celles dont chaque élément qui la compose est toujours utilisé pour sa fonction originelle.

Pour résumer, un aquariophile est un être vivant et passionné, ordonné et soigneux, avec une pointe d’obsession, constant dans le temps, et quelqu’un à qu’il plaît de partager.

Et vous, êtes-vous cet Aquariophile ?