Tout sur …Terminalia catappa : L’utilisation en Aquariophilie [2ème partie]

L’utilisation de Terminalia catappa

DANS LES AQUARIUMS et en AQUACULTURE

Les poissons captifs développent assez souvent des infections ou des troubles des écailles et des téguments qui les rendent fragiles et obligent les éleveurs à utiliser des antibiotiques. Les éleveurs de poissons tropicaux (surtout en Asie) ont essayé de récréer des conditions qui se rapprochent du naturel en ajoutant des débris végétaux au fond des bacs.  L’ajout de feuilles sèches de Badamier parait très efficace, elles libèrent progressivement leur contenu en substances phénoliques (tanins, flavonoïdes, acides-phénols) ce qui assainit l’eau, interagit sans doute sur le mucus de l’épiderme des poissons et améliore leur résistance aux infections.

En aquariophilie, ce sont les éleveurs asiatiques, qui les premiers ont utilisés les propriétés de phytothérapie de cet arbre. La Catappa a d’abord été utilisée par les éleveurs de Discus, puis de Bettas, de killis et crevettes avant de se généraliser. En effet, Saifullah Yeng, grand éleveur de Discus, déposait des feuilles de Terminalia catappa dans ses bacs de reproduction et de maintenance pour prévenir diverses pathologies.

Les avantages que procurent l’utilisation de la feuille de Catappa sont nombreux, même si tous ne sont pas pour le moment démontrés, et la CMI (Concentration Minimale Inhibitrice = plus petite concentration d’antibiotique qui inhibe toute culture visible d’une souche bactérienne) et le principe actif sont reconnus mais non encore déterminés.

Les avantages souvent cités sont :

  • Renforce le système immunitaire, la santé et la vitalité des poissons.
  • Stimule la reproduction.
  • Permet aux nids de bulles d’être plus collants donc plus solides.
  • Couleurs plus vives des poissons.
  • Anti-stress- Anti-mycotique (fongicide très actif sur les champignons).
  • Anti-bactérien (bactéricide).
  • Anti-parasitaire- Réduit le pH de l’eau, adoucit l’eau.
  • Simule les conditions de « l’eau noire », sans colorer excessivement l’eau.

Particulièrement utile pour les poissons d’acclimatation difficile, la catappa est donc fortement recommandée en cas de poisson stressé, affaiblit, après un transport ou en cas de quarantaine.

Son utilité pour l’élevage du Betta Splendens et autres constructeurs de nids de bulles est certaine : les bulles sont ainsi plus collantes et plus résistantes.

Certaines expériences d’éleveurs de combattants ont démontré aussi que les résidus issus de la décomposition des feuilles de catappa permettaient de retarder fortement l’apparition des nitrites et de l’ammoniac dans les bacs.

Avec l’utilisation de la Catappa, les poissons retrouvent de meilleures dispositions pour la reproduction, un gain de  vitalité évident et sont moins stressés. Leur système immunitaire se trouve encore renforcé avec l’utilisation de Terminalia Catappa.

Les feuilles Terminalia Catappa ont , semble-t’il prouvé leur efficacité, il convient quand même de s’interroger sur leur réelle valeur.

Quelle est la quantité  de feuilles de Terminalia Catappa, pas trop importante mais suffisante pour accéder à la CMI et ainsi voir une efficacité du traitement sur la santé de nos poissons?

En réalité, aucune étude scientifique poussée n’a été conduite pour vérifier et mesurer l’efficacité réelle de la feuille de catappa. Rien ne montre scientifiquement que les poissons élevés avec de la Catappa gagnaient en bénéfice en terme d’espérance de vie, en immunité par rapport aux maladies….

La crédibilité du traitement à la feuille de catappa repose essentiellement sur l’empirisme de cette technique et des éleveurs qui en ont fait la promotion et tout cela joue en faveur des feuilles et de leurs pouvoirs.

Pour ce qui est du pH, tout dépendra du pouvoir tampon de l’eau, c’est à dire l’aptitude d’une eau à résister à une perturbation chimique. Ainsi il faudra une eau déjà douce si l’on veut baisser le pH, pas la peine d’espérer passer de 8 à 6.5 avec un GH à 15 évidemment.

Il est à signaler qu’une minorité d’éleveurs s’élèvent toutefois contre l’utilisation systématique des feuilles. D’après eux, l’utilisation systématique des feuilles de Catappa pour « purifier » l’eau de ses germes risquerait à terme d’affaiblir les souches de poissons, dont l’immunité deviendrait déficiente et n’aurait plus l’habitude de lutter contre les germes (on retrouve un peu le même mode de pensée dans l’espèce humaine chez les anti-vaccins). Ainsi la maintenance de ces souches élevées à la Catappa depuis des générations se révélerait très difficile dans de bonnes conditions sans ces fameuses feuilles.

Jusqu’à maintenant rien n’est alors été prouvé à ce sujet, et il faudrait sans doute des générations et des générations de poissons élevés dans une forte concentration de feuilles, pour réellement affaiblir leur immunité, d’autant plus qu’apparemment les feuilles auraient plutôt tendance à renforcer l’immunité. Il faut aussi bien sélectionner ses feuilles, afin de ne pas introduire de parasite ou un polluant qui pourrait fragiliser voire tuer vos poissons.

Pour finir avec les points « négatifs » relatifs, certaines personnes pourront se plaindre de la coloration de l’eau. D’autres trouveront que cela fait « plus naturel ». Il est à noter que la coloration est moins importante avec la Catappa qu’avec la tourbe par exemple, et que cette coloration ambrée a tendance à calmer, rassurer les poissons.

 

Posologie

Une feuille Terminalia catappa pour environ 60 litres d’eau.

Laisser flotter les feuilles de Terminalia catappa à la surface de l’eau.

Finalement, s’agissant d’une méthodologie « empirique », basée sur l’expérience, il n’y a pas de dose précise connue afin d’accéder à la CMI permettant d’éviter/d’éradiquer les bactéries. De plus, les tailles et les qualités de feuilles différentes d’un stock à l’autre empêchent de donner des dosages précis valables pour tout le monde. Tout se fait donc de manière empirique, chaque utilisateur partant des bases connues, puis adaptant la posologie selon ses observations et son expérience personnelle.

Tout d’abord, pour plus de sûreté, quelques précautions d’usage :

  • Si les feuilles semblent sales n’hésitez pas à les rincer vous-même avant de les introduire dans l’aquarium.
  • N’hésitez pas non plus à les passer quelques secondes au four ou aux micro-ondes, ça ne fera jamais de mal.
  • N’utilisez pas de feuilles présentant des moisissures.
  • Retirez le charbon actif si vous filtrez sur charbon, avant de mettre les feuilles dans l’aquarium.

Lorsque la Catappa est utilisée de manière préventive, en systématique, on a l’habitude de dire une feuille moyenne de 20cm pour un bac de 30-40L d’eau. Si l’on veut une eau plus ambrée et maximiser les effets, on peut mettre 2 voire 3 feuilles pour 40L (l’eau sera alors plus jaune, comme lorsqu’on filtre sur tourbe par exemple. Les poissons adorent, l’homme pas toujours selon ce qu’il recherche). Certains éleveurs de Bettas vont même jusqu’à deux feuilles pour 15L donc, exceptionnellement, n’ayez pas peur du surdosage.

Les feuilles flottent quelques jours à une semaine (plus longtemps si elles sont supportées par un nid de bulles), puis coulent au fond en libérant leurs tanins. Il faut les remplacer régulièrement lorsque vous faites des changements d’eau, ou toutes les deux semaines par exemple. Car une fois les tanins libérés, les changements d’eau vont diminuer leur concentration. Les feuilles se désintègrent en un à deux mois selon les habitants du bac, donc si l’esthétisme des feuilles en décomposition ne vous gêne pas, vous pouvez juste rajouter une feuille régulièrement sans enlever l’ancienne. Si vous êtes pressés, le fait de couper les feuilles en petits morceaux leur fera relarguer leurs tanins plus rapidement.

  

Usages généraux

Indications thérapeutiques principales

  • Anti-mycotique (fongicide : très actif sur les champignons)
  • Bactéricide
  • Anti-parasitaire
  • Anti-stress
  • Principaux constituants
  • Tanins
  • Flavonoïdes

La CMI (Concentration Minimale Inhibitrice) et le principe actif ne sont pas encore déterminés.

Pour la reproduction, une feuille dans le bac du mâle Betta l’aidera à faire son nid de bulles et le stimulera pour la reproduction. De plus, les feuilles servent de refuge et permettent le développement d’infusoires constituant la première nourriture des alevins, lorsque le sac vitellin est vide.

Lors des transports, un petit morceau peut être ajouté dans le sac, pour diminuer le stress du voyage.

En cas de maladie, il est recommandé d’isoler le poisson dans un bac hôpital (sauf si le poisson vit de base dans un petit bac non filtré sans autre occupant) et de mettre une quantité plus importante de feuilles.

Même si la feuille de Catappa semble réellement efficace, ce n’est pas le remède miracle que beaucoup croient voir en elle. L’utilisation de la feuille de catappa ne guérira pas une lésion cutanée en quelques jours, de la nageoire abimée : elle ne soigne pas tout et n’importe quoi.

Lorsqu’on n’aime pas avoir des feuilles dans l’aquarium, et qu’on ne met pas les feuilles pour nourrir crevettes ou autres, des éleveurs font « dégorger » les feuilles afin d’obtenir un « extrait de feuilles de Catappa ». Vous pouvez faire bouillir vos feuilles afin d’en extraire tous les tanins, ou laisser une grande quantité de feuilles 10 jours dans l’eau, vous aurez donc un liquide à forte concentration, utilisable comme bon vous semble. Il en existe aussi dans le commerce, mais à des prix souvent assez onéreux. Dosage pour faire un extrait de feuilles: une vingtaine de feuilles moyennes (20cm) à couper en petits morceaux et à faire bouillir dans 10 litres d’eau, si possible osmosée. Laisser refroidir, retirer les morceaux de feuilles à l’aide d’une passoire, et stocker au réfrigérateur dans des bouteilles hermétiques. Ne pas oublier que l’extrait doit être à la température de l’aquarium lorsqu’on l’utilise, afin d’éviter un choc thermique.

Les feuilles sont parfois utilisées comme substrat. Soit telles quelles, soit comme « vase de Catappa »:

Une grande quantité de feuilles laissées dans l’eau pendant longtemps (plusieurs semaines à plusieurs mois),  va se dégrader et former progressivement un tapis au sol qui est supposé éviter les pics de nitrite et limiter la pollution de l’eau. Effet indèsirable : Tout ce dépôt aura vite faite d’encrasser et obstruer vos filtres mais devrait permettre de ne pas faire de changements d’eau pendant plusieurs semaines ou tout au moins de retarder l’échéance.

A contrario, cette « vase de Catappa » apporte un autre avantage et est très utile lors de la croissance d’alevins fragiles, pour lesquels les changements d’eau sont dangereux les premières semaines de vie.

C’est ainsi et pour ces raisons que certains éleveurs ne font aucun changement d’eau pendant toute la croissance de leurs reproductions, jusqu’à l’isolement des individus. Mais attention l’odeur qui peut se dégager de votre bac : A surveiller !

L’écorce de Catappa semble aussi jouer un rôle dans la prévention d’affections parasitaires et bactériennes. De plus elle peut servir de décor et de cachettes rassurantes, par exemple pour une femelle lors d’un frai.

Tout d’abord, il faut sélectionner le meilleur endroit pour la récolte. Un arbre sain, loin de la pollution. Pour le ramassage des feuilles, il est plutôt conseillé de les ramasser au sol pour avoir des feuilles gorgées en tanins, plutôt que de les cueillir dans l’arbre et donc d’avoir des feuilles qui n’étaient pas matures et qui auront beaucoup de mal à sécher.

Comme on les a ramassées par terre, même si on a choisi des feuilles propres, la première étape sera de les rincer. Là chacun fait avec ses moyens, bassine, jet d’eau, et on y va franchement pour le nettoyage. De, ce bain forcé va réhydrater les feuilles de Terminalia Catappa, ce qui permettra de les aplatir pour le stockage et l’envoi éventuel.

Une fois les feuilles nettoyées, il faut couper le pétiole épais des feuilles de Catappa, qui ne présente aucun intérêt en aquariophilie et qui constitue une source de pollution supplémentaire. De ce bout de feuille à a l’inconvénient d’être encombrant, lourd (réduction du coût pour le transport) et peut abîmer les feuilles lorsqu’on les stocke.

Ainsi réhydratées, les feuilles deviennent plus malléables et vont pouvoir être aplaties. On les place ensuite entre deux plaques (en bois, ou en osier par exemple) et on les fait sécher au soleil. Cela peut prendre un à plusieurs jours, le taux d’humidité des feuilles doit tomber sous les 20% pour éviter qu’elles ne moisissent avec le temps.

Et voilà, les feuilles sont prêtes. Il ne reste plus qu’à les stocker au propre, à l’abri de la lumière et de l’humidité, à température ambiante. Stockées dans de bonnes conditions, leur conservation pourra se prolonger pendant plusieurs mois sans problème, voire plus.

Il existe d’autres alternatives en nano-aquarium avec les écorces de Catappa, les feuilles de goyavier, les feuilles de bananier.

EFFETS DES FEUILLES DE LITSEA CUBEBA (LAURACEAE) SUR LA CROISSANCE, L’IMMUNITE ET LA SURVIE DE LA CARPE COMMUNE (CYPRINUS CARPIO) APRES INFECTION AVEC AEROMONAS HYDROPHILA.

Litsea cubeba est un petit arbre (5-8 mètres) appartenant à la famille Lauraceae, largement distribuée dans le sud de la Chine, le Japon, Taiwan et en Asie du Sud-Est. L’objectif de cette étude était d’évaluer les effets biologiques induits par une alimentation enrichie avec la poudre de feuilles sur la croissance, l’immunité non spécifique et la survie de la carpe commune, Cyprinus carpio, infectée expérimentalement avec Aeromonas hydropHila.

Les poissons ont été alimentés avec une addition de 0% (témoin), 2%, 4% et 8% de poudre de feuilles pendant 21 jours.

Les paramètres de l’immunité humorale non spécifique (lysozyme, activités hémolytique et bactéricide du plasma) ont été évalués après 21 jours d’alimentation et avant l’infection expérimentale.

Le gain de poids, le taux de croissance spécifique et la conversion alimentaire ont été améliorés par la supplémentation de L. cubeba d’une manière dose-dépendant et une différence significative est obtenue à la dose la plus élevée (8%) par rapport au témoin.

L’augmentation du lysozyme plasmatique a été significative pour tous les groupes traités. L’activité hémolytique a été plus élevée pour les groupes nourris avec 4% et 8% de plantes.

L’activité antibactérienne a augmenté de manière significative pour la dose de 8% seulement.

Cubeba augmente l’immunité non spécifique des carpes de manière dose-dépendant. Après l’infection avec A. hydrophila, les survies des poissons nourris avec des doses de 4% et 8% de L.cubeba étaient significativement plus élevées que celles observées chez le contrôle et les carpes nourries avec 2% de plantes.

En conclusion, la supplémentation de 4% à 8% de feuilles de L. cubeba (à partir du chemotype spécifique riche en linalol) peut être utilisée en prévention de MAS (Motile Aeromonads Septicemia) provoquée par A. hydropHila et ainsi réduire l’usage des antibiotiques en élevage.

AUTRES UTILISATIONS POSSIBLES…SUR L’HOMME

  • ALIMENTAIRE : AMANDE DU BADAMIER OU AMANDIER PAYS OU MYROBOLAN

Il est habituel de voir des gens sous les tropiques, jeunes ou vieux, qui tout en discutant écrasent entre deux pierres les fruits du badamier, l’apport en acides gras essentiel est intéressant dans des régimes alimentaires souvent majoritairement glucidiques. L’amande comestible contient 40 à 50% de corps gras et des protéines, mais il faut beaucoup de patience et d’habileté pour obtenir de quoi remplir d’amandes le creux de la main. C’est néanmoins une source de lipides végétaux de plantes sauvages et consommables crus quasiment gratuit, hormis le « travail » d’extraction!

  • TANNAGE

L’écorce de l’arbre est une source de tanin pour usage domestique (peau, cuir, voile en coton d’embarcation).

Toutes les parties du badamier contiennent des tanins, surtout l’écorce, mais aussi les parties molles du fruit et les feuilles. La feuille est également riche en flavonoïdes. Des études pharmacologiques récentes ont monté que l’extrait aqueux de feuilles de badamier présente d’intéressantes propriétés in vitro : – blocage des radicaux libres, donc action de protection des cellules et action anti-inflammatoire, – protection des cellules hépatiques (hépatocytes) par diminution de la peroxydation des lipides (action sur des chaînes enzymatiques), l’efficacité est voisine de celle du romarin considéré comme une plante de référence.  Il reste à contrôler cet effet un vivo et à définir une forme galénique.

Les tanins sont très astringents (asséchants des muqueuses et des plaies enflammées et suintantes), antibactériens et antifongiques..

  • POUR SE SOIGNER

Précautions, effets secondaires, contre-indications

Aucune précaution ou contre-indication n’est actuellement répertorié, prendre un avis auprès de votre pharmacien. L’ensemble des informations mentionnées n’est donné qu’à titre indicatif et ne peut en aucun cas remplacer un avis médical précis pour chaque personne. Veuillez consulter votre pharmacien ou praticien avant tout usage.

Le badamier a également un usage médicinal. L’écorce en décoction donne un liquide très astringent (comme certaines parties du cocotier ou du goyavier), donc antiseptique et asséchant : ex, une plaque d’écorce, dont on a nettoyé la partie externe, d’1 dm2 (10 cm par 10 cm) dans 1 à 2 litres d’eau, faire bouillir jusqu’à obtention d’une coloration rouge-orangée.

On peut l’utiliser  par voie externe :

  • pour assécher les plaies suintantes (brûlures, ulcères tropicaux, mycose des plis,
  • pour nettoyer les plaies souillées (en l’absence d’autre antiseptique),
  • en bain de bouche (aphte, plaie buccale),
  • en diluant un peu cette décoction, en injection vaginale (leucorrhée),
  • en bain de siège (hémorroïdes, toilette génitale, vulvovaginite).
  • Par voie buccale, pour calmer la diarrhée et les vomissements sans fièvre, par exemple en cas de ciguatera (intoxication par la chair des poissons coralliens) : 1/2 verre à 1 verre 1 à 3 fois par jour selon l’intensité des symptômes.

Certaines observations font état du risque chez la femme d’une augmentation du volume des règles.

Les feuilles sont :

  • émollientes : on peut appliquer le jus de feuilles légèrement chauffées sur les furoncles ou les abcès pour les faire mûrir,
  • astringentes : jus de feuille jaunie dilué dans de l’eau en gargarisme en cas d’angine, d’amygdalite.

Plus anecdotique, mais peut-être justifié : certaines populations des tropiques préconisent la décoction ou la macération d’écorce pour calmer le trac, l’appréhension ou les crampes liées à un trouble de la circulation sanguine voire pour préparer les chasseurs à de longues courses à la poursuite du gibier et leur garantir souffle et endurance (certains tradipraticiens évitent de donner cette décoction à ceux qui souffrent d’hypertension artérielle ou de troubles cardiaques). Dans la médecine indienne (ayurvédique) on emploie fréquemment les Terminalia dans des préparations végétales complexes.

L’écorce et les feuilles du badamier sont utilisées en médecine traditionnelle pour leur richesse en tanin.

Les propriétés phytothérapiques des feuilles de l’arbre badamier ont été découvertes il y a fort longtemps par des éleveurs asiatiques (aquariophile) de certaines espèces de poissons, qui les ont utilisées pour leurs différentes vertus tant pour la reproduction que pour le traitement des diverses pathologies qui ciblent ces vertébrés aquatiques.

Les feuilles de l’arbre du badamier ont prouvé leur action hépatoprotectrice.

Bienfaits sur la santé déclarés

Stimulantes cardiaques, astringentes, antitussives, anti-diarrhéiques, antimycotiques, bactéricides, antiparasitaires, anti-stress, angines de poitrine, asthmes, bronchites, toux, diarrhées, infections urinaires, hypertension artérielle.

Usages traditionnels et propriétés médicinales

Dans de nombreux pays la décoction des feuilles est recommandée dans le traitement de l’hypertension.

Recommandée contre l’asthme, les troubles hépatiques et la diarrhée (écorce de la racine).;  de récentes études ont  montré une activité d’inhibition sur le virus VIH 1;

La feuille contient des diterpènes, des triterpènes, des flavonoïdes,  des composés phénoliques, des tanins catéchiques aux propriétés antioxydantes, antimutagènes et anti inflammatoires.

Les extraits des feuilles ont montré une activité hépatoprotectrice confirmée.

Toutes les parties de la plante sont utilisées en médecine traditionnelle comme pour la dysenterie, l’inflammation des articulations, pour traiter la toux et l’asthme.

Le fruit peut aider au traitement de la lèpre, pour soigner les maux de tête, ou réduire les nausées pendant les voyages.

Les feuilles sont sensées éliminer les parasites intestinaux, traiter les problèmes oculaires, et arrêter le saignement après une extraction dentaire.

L’amande tropicale possède de fortes propriétés antibactériennes gram+ et gram-.

Les feuilles ont montré une activité hépatoprotectrice contre les dommages occasionnés par les molécules hépatotoxiques, mais aussi des effets hypoglycémiant qui démontrent son utilité dans le traitement du diabète.

Dysenterie, diarrhée infectieuse: écorces de Mangifera indica de Terminalia catappa, feuilles de Annona muricata, décoction ; adultes à volonté ; enfants, 100 ml., 2 X / J.

Hypertension. Préparer un décoction aqueuse d’un litre avec une poignée de feuilles de Terminalia catappa. Prendre per os 200 ml, 3 fois par jour pendant 2 jours.

Fièvre jaune, infusion de feuilles de Terminalia catappa, VO. + Sucre

Cette plante aurait une action anti diarrhéique.

Posologie :Infusion des feuilles à 30g/l trois fois/jour

Autres applications dans le Monde

Antidiabétique, hepato-protectrice, drépanocytose, dysenterie et diarrhées.

L’extrait des feuilles (rouges) tombées est utilisée contre les désordres hépatiques.

L’écorce sert à soigner par son action astringente dans le traitement des blessures et des ulcérations.

Nigeria

Traitement de la Gale par application locale: jus de jeunes feuilles de Terminalia catappa. Elles seraient utilisées pour le traitement de la Lèpre : feuilles macérées dans de l’huile de palme, application locale.

Ile Maurice

Eruption cutanées, décoction de feuilles et d’écorces de Terminalia catappa, bain

Diabète, infusion de jeunes feuilles de Terminalia catappa;

Taiwan

À Taiwan, elles servent à soigner les maladies touchant le foie et diverses affections bactériennes, au Suriname une décoction permet d’enrayer la dysenterie et la diarrhée, il fut même rapporté son utilisation en tant qu’agent anti cancer.

Les feuilles sont utilisées pour traiter les désordres hépatiques. Les feuilles ont des propriétés antioxydantes et anticlastogéniques (contre la rupture des chromosomes). L’amande des graines serait utile dans le traitement des dysfonctionnements sexuels et principalement sur l’éjaculation précoce.

Congo

Les feuilles sont utilisées pour traiter les désordres hépatiques.

Les feuilles ont des propriétés antioxydantes et anticlastogéniques (contre la rupture des chromosomes).

L’amande des graines serait utile dans le traitement des dysfonctionnements sexuels et principalement sur l’éjaculation précoce.

Nom vernaculaire utilisé en Nouvelle-Calédonie: « badarnier », « betelem » (Houallou)

En Nouvelle Calédonie

Il faut découper sur le tronc une plaque d’écorce d’environ

5 cm sur 10 cm. Après avoir nettoyé la face externe, on la fait bouillir dans un litre d’eau jusqu’à obtenir une décoction rouge clair. TI faut boire un verre deux ou trois fois par jour pour calmer les crampes et les founnillements dus à la gratte (Bourret, 1981).

LES AUTRES TERMINALIA

TERMINALIA CHEBULA MYROBOLAN

Le Terminalia chebula ou haritaki ou myrololan noir est originaire du Sud et du Sud-est de l’Asie (Inde, Népal, Chine, Malaisie, Vietnam).

Il peut atteindre une taille importante (jusqu’à 30 m), est assez commun, cultivé et très employé en Asie surtout pour son fruit qui est utilisé à plusieurs stades de maturité (quasiment vert, mature ou sec).

Composition chimique et propriétés

Le fruit du myrobolan noir contient de nombreux composants phénoliques (tanins, acides phénols (acide chébulique), flavonoïdes) et des triterpènes qui lui sont particuliers (chébulosides).

La présence d’anthraquinones (voir senné ou rhubarbe) laxatives est reconnue.

Utilisation

  • Tannage

Les fruits du myrobolan noir sont une source de tanin industriel.

  • Médicinale

Le fruit du myrololan noir est utilisé depuis des milliers d’années dans la médecine Indienne (ayurvédique).

Les utilisations varient en fonction de la provenance géographique de l’arbre (cultivar ou variété) et du stade de maturité du fruit.

On l’utilise surtout comme dépuratif et comme astringent pour :

  • faciliter le transit intestinal,
  • faciliter la digestion,
  • « nettoyer » l’organisme,
  • en cas de diarrhée.

C’est une forme de panacée traditionnelle en Inde, au Népal et au Tibet préconisée dans la majorité des troubles physiques non aigus (du diabète à l’asthme, de l’ulcère gastrique aux troubles urinaires, des troubles cardiovasculaires liés au vieillissement aux douleurs articulaires…).

Certaines indications paraissent contradictoires (laxatif et contre la diarrhée) mais le contenu en tanin astringent varie selon la maturité du fruit et permet cette double indication à la manière des rhubarbes.

Cette panacée Asiatique est l’objet d’études et d’évaluations modernes :

  • traitement du diabète de type 2,
  • régulation du cholestérol et des lipides sanguins,
  • obésité et ses complications,
  • prévention des cancers,
  • protection du foie et traitement des hépatites.

La plupart de propriétés médicinales traditionnelles de Terminalia chebula sont liées au contenu en substances phénoliques anti-oxydantes, qui piègent les radicaux libres, interrompent les réactions en cascade enzymatiques, limitant ainsi les réactions inflammatoires et ralentissant les processus pathologiques.

On peut utiliser le fruit du myrobolan noir, par exemple:

  • vert comme un condiment, en salade ou en infusion-décoction,
  • vert et séché dans la nourriture (condiment en poudre),
  • plus mur comme astringent en décoction astringente et anti-inflammatoire ou mâché pour les soins de la bouche.
  • Le myrobolan noir est un des constituants de la préparation ayurvédique TRIPHALA.

 

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