Pourquoi les poissons nagent ils en banc ?

Dans le monde, chaque année, plus d’un million de personnes meurent sur les routes et 50 millions sont blessées.

Dans la mer, des millions de poissons nagent en bancs et pourtant ils n’entrent presque jamais en collision. Pire, leurs évolutions dans l’eau sont magnifiques, artistiques ou majestueuses mais encore mal interprétées !!!

Quel est leur secret ?

Définition admise : Un banc de poissons qualifie un groupe de poissons de la même espèce qui nagent ensembles !

Et c’est bien le « ensemble » qui importe: il n’y a pas de hiérarchie dominant/dominé dans un banc. Un banc est un groupement important d’individus de la même espèce qui se déplacent ensemble, sans hiérarchie. Il correspond à un comportement d’agrégation.

Les mouvements synchronisés des bancs de poissons sont conceptuellement simples. En observant virevolter de conserve des milliers de poissons, on ne peut toutefois s’empêcher d’être fasciné par la vision complexe offerte à nos yeux. Alors que ces poissons semblent répartis au hasard, on a l’impression d’une commande intentionnelle et centralisée. Pourtant, tous les résultats indiquent que le mouvement du banc résulte des actions individuelles de chaque animal, ce dernier agissant uniquement en se fondant sur la perception locale de son milieu.

Les poissons vivant en bancs reçoivent des informations sur leur environnement grâce à leurs yeux et à un autre organe sensoriel particulier, la ligne latérale. Ils se servent de ces organes pour déterminer la position de leurs congénères autour d’eux, puis ils peuvent réagir comme suit :

  1. Déplacement côte à côte : Les poissons s’adaptent à la vitesse de leurs voisins et maintiennent la distance qui les sépare.
  2. Rapprochement : Ils se rapprochent des individus trop éloignés.
  3. Évitement des collisions : Ils changent de direction pour éviter le contact.

S’inspirant de ces trois comportements, un constructeur automobile japonais a conçu des mini-voitures-robots capables d’avancer en groupe sans se télescoper.

Ces machines utilisent des techniques de communication en guise d’yeux, et un télémètre à laser leur tient lieu de ligne latérale. Le constructeur compte bien recourir à ces techniques pour créer des voitures “ risque zéro de collision ” et “ contribuer à des conditions de circulation agréables, sans embouteillage ”. “ Nous avons reproduit le comportement d’un banc de poissons grâce à une électronique de pointe ”, déclare Toshiyuki Andou, directeur du projet des voitures-robots. “ Nous qui vivons dans un monde motorisé, nous avons beaucoup à apprendre du comportement des bancs de poissons. 

Un quart des espèces de poissons dans le monde vivent en banc toute leur vie durant, rejoints à certaines époques de l’année par une autre moitié de cette population sous-marine, qui s’unit alors à la grande famille dans une belle nage synchrone.

Le poisson obéit à cet appel à la communauté pour un certain nombre de raisons. La première explication est d’ordre social et génétique : se regrouper facilite la communication et les accointances, et diminue le stress. Des expériences ont en effet révélé que la fréquence cardiaque ralentit considérablement chez les poissons en banc comparativement aux poissons isolés.

Le deuxième avantage de ce « corps à corps » est d’accroître le taux de réussite du groupe en quête de nourriture : l’union faisant la force, les prises sont bien plus conséquentes.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que le nombre d’yeux scrutant les fonds marins est ainsi considérablement multiplié et que, chaque poisson surveillant l’attitude des poissons qui l’entourent, au moindre comportement suspect insinuant que de la nourriture est à proximité, les autres suivent comme un seul homme… poisson.

Enfin la troisième raison – et la principale – pour laquelle les poissons nagent en banc est la protection.

En se regroupant selon un modèle compact, structuré, le risque d’être attrapé s’affaiblit car le banc génère une surcharge sensorielle chez le prédateur. La masse tourbillonnante de poissons argentés figure une mêlée chaotique dans lequel le prédateur peine à suivre une cible unique et devient rapidement confus.

Rester en groupe est aussi et avant tout pour les raisons que nous avons évoqué un comportement très fréquent chez les poissons : 2 /3 des espèces connues vivent en banc pendant leur jeunesse et 20% continuent à l’âge adulte.

En résumé les théories établies sur les raisons de ce comportement :

  • Intimidation : rester en groupe les protège des prédateurs, tant que ceux-ci ne sont pas trop gros. Un banc contenant des centaines de milliers de petits poissons se déplaçant à l’unisson simule une grande créature et pourra, éventuellement, intimider des prédateurs de taille moyenne.
  • Provoquer l’indécision chez les prédateurs : La masse informe du banc peut troubler certains attaquants et rendre plus difficile le choix d’une proie individuelle.
  • Quête de la nourriture : Rester en banc facilite la recherche de la nourriture. Il y a plus d’yeux pour la détecter. En travaillant en équipe, les poissons peuvent capturer des proies plus grandes que s’ils étaient seuls.
  • Economie d’effort : Les poissons se fatiguent moins car ils bénéficient du sillage de leurs congénères.
  • Favoriser la reproduction : Le banc maintient les poissons des deux sexes ensemble et augmente ainsi les chances de succès de la reproduction.

 

 …et pour nos cichlidés américains, qu’en est il ?
Vivent ils en banc ?
Faut il les maintenir en groupe en aquarium ?
Ces questions sont souvent posées par les propriétaires d’aquarium et de cichlidés américains. Certains poissons ont un caractère grégaire et gagnent à être maintenus en groupe de 5-6 individus ou plus, suivant la taille de l’aquarium. Mais si on prend en compte ces théories, qui semble t’il, incitent les poissons à vivre en banc pour toutes les raisons qui ont été développées, il ne semble pas nécessaire ni opportun de maintenir nos protégés dans des bancs de plusieurs dizaines d’individus. Ajoutons à cela que la taille des aquarium, même de très gros gabarit, ne s’y prête pas forcement !
Exemple :  Le Discus est très calme. Ceci étant dit, c’est un cichlidé grégaire donc il faut être prévoyant concernant sa territorialité et la hiérarchie très importante dans un groupe. Les Discus sont des poissons timides et souvent craintifs avant de s’adapter à leur environnement, ils doivent vivre en groupe, pour que l’agressivité du dominant soit sans conséquences pour les autres sujets.

Les Discus sont à maintenir dans un groupe de 5 individus minimum dans un bac de 300-400 litres standard mais le minimum n’est jamais une bonne base pour un maintenance sereine. Il est important de compter environ 50 litres d’eau par poisson donc un bac de 350 litres permet d’installer au maximum 6 jeunes Discus mais il est préférable de débuter avec un banc plus important dans un volume plus important.

En la matière, un aquarium n’est pas un milieu naturel normal, c’est un microcosme fragile et réduit où tous les comportements peuvent être observés et où tout, finalement est possible !

 

Laisser un commentaire