Espèces invasives et aquariophilie

Les espèces exotiques envahissantes sont considérées comme la deuxième cause d’extinction des espèces au niveau mondial, juste après la destruction de l’habitat. Leur impact est incommensurable, insidieux et bien souvent irréversible. Elles représentent une menace considérable pour l’écologie, l’économie et la santé.

Chaque espèce possède une aire de répartition naturelle dans laquelle elle fait partie de la faune et la flore indigène qui compose la biodiversité de la région. Certaines espèces possèdent une très petite aire de répartition géographique, alors que d’autres sont réparties sur plusieurs provinces, voire même sur un ou plusieurs continents.

« Les espèces allochtones [le contraire d’autochtones] ne sont nuisibles que lorsqu’elles deviennent invasives. Elles déséquilibrent alors l’écosystème qui les accueille », affirment les biologistes.

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Les espèces « exotiques » sont les espèces qui ont réussi à s’établir à l’extérieur de leur aire de répartition naturelle, dans des régions où on ne les trouverait pas normalement.

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L’une des meilleures façons de réduire l’impact des espèces exotiques envahissantes consiste à les empêcher de s’établir, au départ. Pour ce faire, nous devons comprendre de quelle façon elles arrivent à se déplacer, que ce soit par leurs propres moyens ou pas, à l’extérieur de leur aire de répartition naturelle.

 

LES CAUSES

Mouvements naturels

Il y a environ 12 mille ans à 80 mille ans, il y a eu des moments où l’Amérique du Nord était entièrement recouverte de glace. Au cours de ces périodes, les plantes et les animaux ont été repoussés bien au-delà de leurs aires de répartition naturelle par la glace et les changements climatiques.

Lorsque le climat s’est réchauffé et que la glace a commencé à reculer, ces mêmes espèces ont lentement suivi les glaciers vers le nord pour s’établir dans de nouveaux habitats. À la même époque, la densité de la glace au pôle Nord et au pôle Sud a causé une baisse significative du niveau de la mer, créant ainsi un pont terrestre entre l’Alaska et la Russie. On pense que c’est à cette époque que de nombreuses espèces de mammifères se sont déplacées de l’Asie vers l’Amérique du Nord.

Même si le parcours naturel de toute espèce peut être modifié naturellement à la suite des changements climatiques et de la forme du relief, cela s’effectue très lentement et peut même prendre des centaines, voire des milliers d’années.

Mouvements d’origine humaine

Les problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui en ce qui a trait aux espèces exotiques envahissantes sont en grande partie attribuables à des mouvements non naturels par lesquels une plante, un animal, un insecte ou un organisme pathogène se disperse à l’extérieur de son aire de répartition naturelle, dans une région ou un écosystème que cette espèce ne serait normalement pas en mesure d’atteindre par ses propres moyens.

Les introductions d’espèces exogènes 1 dans les milieux naturels sont une des causes principales d’appauvrissement de la diversité biologique. Beaucoup d’espèces d’animaux et de plantes ont déjà disparu en conséquence d’introductions indésirables.

 La tortue de Floride, agressive comme un tigre. Dans la nature, elle n’a rien d’une bestiole d’aquarium. Celle-ci mesure une trentaine de centimètres de diamètre. La plus grosse jamais capturée en Europe pesait 25 kilos.

L’activité humaine est, et demeure encore aujourd’hui, la principale voie d’entrée qui a permis aux espèces exotiques envahissantes d’être introduites . Au cours des époques, les humains ont introduit, à la fois volontairement et involontairement, des espèces exotiques dans de nouveaux environnements.

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Parmi les milliers d’espèces conservées comme animaux de compagnie en Europe, seul un petit nombre sont devenues envahissantes. L’étude DAISIE a noté que:
• 9% des invasions de poissons sont associées à l’introduction de variétés ornementales
• 15 espèces d’oiseaux et 9 espèces d’amphibiens et de reptiles sont répertoriés comme des animaux de compagnie
• 10% des invasions de mammifères s’expliquent par la fuite d’animaux familiers.

L’aquariophilie est malheureusement le vecteur de dispersion responsable du tiers des espèces aquatiques présentes sur la liste des 100 pires espèces invasives sur la planète de l’ONU. Tant des plantes que des animaux aquatiques exotiques sont parfois relâchés par les aquariophiles dans des écosystèmes où ils y étaient auparavant absents. Ce vecteur risque d’être encore plus important au fil des ans puisque le chiffre d’affaires de l’industrie mondiale de l’aquariophilie est en croissance. À Montréal seulement, plus de 10 000 spécimens d’aquariophilie seraient relâchés chaque année dans les eaux du Saint-Laurent. Chez certaines espèces de plantes aquatiques, comme le myriophylle à épis, un simple petit fragment de plante peut former de nouveau une plante complète; les plantes et les fragments relâchés dans la nature ont donc, tout dépendant des espèces, beaucoup de chances de survivre et éventuellement de s’y reproduire.

Un exemple : Rappelez vous….La Caulerpa taxifolia

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La Caulerpa taxifolia est une algue verte pérenne de type nématothalle d’origine tropicale appartenant aux Ulvophyceae à structure siphonée.

On peut la trouver de la surface jusqu’à une profondeur de 100 mètres. Elle se développe sur tous types de substrats. Cette algue est présente dans les eaux de bonne qualité comme dans les ports pollués, devant des caps rocheux battus par les vagues comme dans les baies abritées.

Elle ne se reproduit pas de façon sexuée, mais uniquement de façon végétative, par bouturage. Les boutures de la Caulerpa taxifolia ne flottent pratiquement pas. Mais l’activité humaine lui permet de se disséminer rapidement dans toutes la Méditerranée et sur de longues distances. C’est ainsi que des parties de Caulerpa taxifolia s’accrochent aux ancres ou aux filets de pêche des bateaux.

Origine

La Caulerpa taxifolia est originaire des eaux chaudes tropicales (côtes des Caraïbes, Golfe de Guinée, Mer Rouge, côte est-africaine, Maldives, Seychelles, côtes nordiques de l’Océan Indien, mer de Chine méridionale, Japon, Hawaï, Fidji, Nouvelle-Calédonie et Australie du nord).

Raison de l’introduction

Cette espèce est utilisée comme plante décorative dans de nombreux aquariums. Une souche provenant de l’aquarium de Monaco a été introduite accidentellement en 1984 en Méditerranée où elle est devenue envahissante.

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Campagne d’arrachage

Cette espèce n’aurait normalement du pouvoir s’installer sous nos latitudes Toutefois la souche possédait certaines caractéristiques morphologiques et physiologiques différentes comme des frondes plus grandes et plus longues, ainsi qu’une densité de population plus élevée. De plus, la sécrétion en forte concentration de substances toxiques a facilité son implantation dans le milieu naturel et la compétition avec les espèces indigènes.

Impacts

La Caulerpa taxifolia est une espèce introduite très envahissante, qui va étouffer les autres espèces d’algues, les herbiers et les communautés d’invertébrés sessile. Elle menace en particulier en Méditerranée les herbiers de posidonies (Posidonia posidonia). La compétition avec les espèces indigènes se fait notamment par une compétition pour la nourriture et la lumière et à cause de la dispersion de ses toxines dans le milieu naturel. L’invasion de Caulera taxifolia va créer des prairies monospécifiques de cette espèce qui vont par conséquent considérablement réduire la diversité spécifique présente, et entraîner un déplacement des espèces animales indigènes.

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Un deuxième impact résulte de l’ingestion par les poissons des toxines (terpènes destinés à les protéger des herbivores) produites par l’espèce. Des études sont actuellement en cours pour vérifier la propagation de ces toxiens tout au long de la chaîne alimentaire.

….et l’aquariophilie dans out cela !

Les espèces invasives représentent la 2ème cause de perte de biodiversité dans le monde. … ont toutes été introduites pour l’ornement ou l’aquariophilie.

CONCLUSION

Les écosystèmes d’eau douce représentent seulement 0,01% de l’eau mondiale et approximativement 0,8% de la surface de la Terre. Cependant cette toute petite fraction
d’eau supporte au moins 100000 espèces sur 1,8 millions d’espèces décrites soit presque 6% de toutes ces espèces (Dudgeon et al. 2006). La biodiversité des eaux douces constitue un patrimoine et une ressource pour les populations humaines en termes de ressources alimentaires, d’économie, de culture, de science et d’éducation.
Les introductions causant des dommages peuvent être considérées comme une forme de pollution auto-reproductible, qui peut avoir des effets irréversibles sur les écosystèmes naturels et sur les autres espèces. Ces effets peuvent être impossibles – ou extrêmement difficiles – à maîtriser, une fois que les espèces introduites sont établies.

La prévention est, en conséquence, de la plus haute importance.

Il faut aller une aquariophilie plus éthique !

Soyons pour une aquariophilie responsable, durable et équitable….

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