Une nouvelle publication sur un cichlidé exceptionnel et unique !
CRENICICHLA TAPII PIALEK, DRAGOVA, CASCIOTTA, ALMIRON & ŘICAN, 2015

Cinq espèces de Crenicichla ont été recensées à ce jour dans le cours inférieur du fleuve Iguazú.
Les données phylogénétiques suggèrent que les rapides du haut Tapajós ont servi de laboratoire évolutif.
Les barrières naturelles (chutes, seuils rocheux) ont limité les échanges entre populations, favorisant une spéciation allopatrique.
Cela expliquerait la coexistence de plusieurs espèces proches mais écologiquement différenciées, chacune exploitant une niche particulière.
Quatre d’entre elles sont endémiques et sont membres du complexe d’espèces « Crenicichla mandelburgeri » du groupe « Crenicichla lacustris », elles vivent en sympatrie.
La cinquième espèce « Crenicichla lepidota » appartient à un groupe d’espèces centré sur l’Amazonie et l’Orénoque (Crenicichla saxatilis) et n’est que très éloignée des autres.
Les quatre espèces sympatriques diffèrent considérablement par la morphologie de leur tête et de leurs dents, ainsi que par leur utilisation des niches écologiques, et représentent tous les écomorphes connus au sein du genre Crenicichla.
Deux d’entre elles, « Crenicichla tapii » qui est une espèce grégaire à petite bouche se nourrissant de nourriture et broutant, et « Crenicichla tuca » qui est une espèce à grande bouche et à lèvres épaisses explorant et creusant des cavités, ont décrites comme étant de nouvelles espèces.
L’espèce piscivore à grande bouche « Crenicichla iguassuensis » représente la forme ancestrale du genre.
La quatrième espèce est le molluscivore à petite bouche « Crenicichla tesay », doté d’une mâchoire pharyngienne inférieure robuste munie de dents molariformes.
Les populations précédemment identifiées comme « Crenicichla yaha » sont reclassées comme « Crenicichla tesay ».
« Crenicichla yaha » est une espèce endémique du ruisseau voisin Uruguaí, connue uniquement par neuf spécimens, car aucune collecte n’a été effectuée depuis 1989 (date de la construction d’un barrage sur ce cours d’eau).
Le statut taxonomique des populations désignées ici comme Crenicichla iguassuensis demeure provisoire, car elles forment un clade distinct d’après l’analyse de l’ADNmt, présentent de légères différences morphologiques et leur aire de répartition est très éloignée de la localité type, avec la présence d’espèces similaires mais non décrites dans la zone intermédiaire.

Spécimens vivants des quatre espèces sympatriques de la partie inférieure du fleuve Iguazú. (A, B) => Crenicichla tuca sp. n. (A, mâle; B, photo féminine par Ariel Puentes). Noter l’absence de taches dans le corps chez les femelles, comme chez Crenicichla tapii, contrastant avec les taches chez les deux sexes chez Crenicichla iguassuensis et Crenicichla tesay. (C, D) => Crenicichla tapii sp. n. (C, mâle; D, femelle). Notez-le dimorphisme de la coloration sexuelle dans la coloration du fond du corps, semblable à Crenicichla yaha et Crenicichla iguassuensis. Notez une coloration corporelle différente, des barres doubles verticales, un manque de taches sur la tête et le corps, une bande suborbitale étroite et bien formée, une petite bouche et une petite tête et l’absence de lèvres épaisses qui le distinguent de Crenicichla tuca sp. n. Notez également la bande suborbitale qui, en combinaison avec les barres doubles verticales et le manque de points sur le corps, le distingue facilement du Crenicichla tesay à petite tête similaire. (E, F) => Crenicichla tesay (E, mâle; F, femelle en préparation à la reproduction; notez les mâchoires courtes, la petite bouche et la tête et une bande suborbitale différente de celle de Crenicichla iguassuensis, par ailleurs similaire). (G, H) => Crenicichla iguassuensis (G, mâle; H, femelle non reproductrice).
Ces espèces représentent tous les écomorphes connus de Crenicichla.
Deux d’entre elles sont :
- Crenicichla tuca

Cette première de ces deux espèces atypiques est un « ramasseur», une espèce que l’on pourrait qualifier du sobriquet « d’excavatrice », en raison de sa grande bouche à cavités épaisses équipé d’une petite bouche et est grégaire.
et
- Crenicichla tapii, possède une grande bouche à cavités épaisses en forme d’excavatrice.
Relativement communes uniquement dans le chenal principal du fleuve Iguazú, les Crenicichla tapii s’observent vivant et évoluant en bancs sur les substrats rocheux plats des passerelles surplombant le fleuve, le plus souvent broutant le périphyton.
On les rencontre toujours à proximité immédiate de fonds rocheux plats et exposés, recouverts d’épiphytes, jamais au-dessus de fonds de gravier ou de sédiments meubles où elles broutent le périphyton.
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Plus d’informations dans ce qui suit …

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