Crenicara latruncularium

CRENICARA LATRUNCULARIUM – KULLANDER & STAECK, 1990

 

INTRODUCTION

Le monde fascinant des cichlidés regorge d’espèces aux comportements complexes et aux adaptations remarquables.

Parmi elles, Crenicara latruncularium se distingue par sa discrétion, son élégance et son mode de vie intimement lié aux eaux douces d’Amérique du Sud.

Encore peu connu du grand public et même des aquariophiles, ce petit cichlidé n’en demeure pas moins un sujet d’étude passionnant, tant pour ses stratégies de reproduction que pour son rôle écologique dans les biotopes qu’il occupe.

Cet article se propose de dresser un portrait complet de Crenicara latruncularium, en explorant son habitat naturel, ses caractéristiques morphologiques, son comportement et les conditions nécessaires à son maintien en captivité.

Le genre « Crenicara » regroupe deux espèces de cichlidés généralement originaires des ruisseaux et rivières des bassins de l’Amazone et de l’Essequibo en Amérique du Sud.

En raison de leur apparence, les membres des deux genres, les « Crenicara » et les « Dicrossus », sont parfois appelés « cichlidés damier » ou « cichlidés échiquier » car ces cichlidés présentent plusieurs taches sombres sur les flancs et ne dépassent pas 10 centimètres  de longueur.

Il faut aussi savoir qu’autrefois, les membres du genre « Dicrossus » étaient parfois inclus dans le genre « Crenicara ».

Dicrossus filamentosus.

A savoir que les cichlidés à damier se divisent désormais en deux genres :

  1. les espèces élancées du genre « Dicrossus » avec cinq espèces ;
  2. les espèces au corps trapu du genre « Crenicara » avec deux espèces.

Comme évoqué, seules deux espèces de Crenicara sont actuellement et scientifiquement reconnues et sont :

  1. Crenicara punctulatum ;
  2. Crenicara latruncularium.

Ces deux espèces sont difficiles à distinguer car elles se ressemblent beaucoup.

Outre des caractéristiques distinctives, mais invisibles et des différences de coloration peu fiables en raison de la grande capacité de ces poissons à changer de couleur, un seul élément permet une identification fiable sur une macrophotographie nette : le bord d’un petit os situé au-dessus de l’opercule, appelé « supracleithrum ».

Le bord de cet os est toujours lisse chez Crenicara punctulatum, tandis qu’il présente de petites pointes chez Crenicara latruncularium.

Bien entendu, la différence entre les deux espèces de Crenicara ne réside pas simplement dans l’aspect lisse ou dentelé de cet os discret car pour l’aquariophile, qui n’a nullement l’intention de disséquer ses poissons, la question restera posée de savoir s’il détient un Crenicara punctulatum ou un Crenicara latruncularium ?

Crenicara latruncularium est un petit cichlidé originaire d’Amérique du Sud, que l’on rencontre principalement dans les bassins de l’Amazone et de l’Orénoque.

Il fréquente les zones calmes des rivières, les bras morts et les eaux faiblement courantes, souvent riches en végétation et en débris organiques.

Ces milieux lui offrent de nombreux abris et une source abondante de nourriture, constituée principalement de petits invertébrés aquatiques.

Ce poisson se distingue par sa silhouette élancée et son allure discrète.

Sa robe présente généralement des teintes brunâtres à beige, ponctuées de motifs sombres qui lui assurent un excellent camouflage dans son environnement naturel.

Cette coloration cryptique lui permet d’échapper aux prédateurs et de surprendre ses proies.

Malgré son apparence modeste, Crenicara latruncularium révèle une grande richesse comportementale, typique des cichlidés.

De tempérament plutôt calme, il adopte un mode de vie territorial, surtout en période de reproduction. Les couples se forment durablement et montrent un soin parental attentif.

La ponte a lieu sur un support choisi avec soin, comme une pierre plate ou une feuille large.

En aquariophilie, Crenicara latruncularium est apprécié pour son comportement intéressant et sa relative tranquillité.

Il nécessite un aquarium bien aménagé, avec des cachettes, des racines et une végétation dense, afin de reproduire son habitat naturel.

Une eau douce, légèrement acide et une température stable sont essentielles à son bien-être.

Son alimentation doit être variée, incluant des proies vivantes ou congelées, complétées par des aliments secs de qualité.

Encore peu répandu dans le commerce, ce cichlidé demeure une espèce fascinante pour les passionnés souhaitant observer des comportements naturels et un mode de reproduction élaboré.

Sa discrétion et son élégance en font un poisson aussi captivant qu’attachant.

A découvrir !

 

REPARTITION

DISTRIBUTION GEOGRAPHIQUE

Crenicara latruncularium est originaire d’Amérique du Sud, où on le trouve dans les eaux claires des bassins du Rio Guaporé et du Río Mamoré, entre le Brésil et la Bolivie.

Cette espèce de cichlidé est présente dans :

  • Le bassin du fleuve Amazone, en Équateur, au Pérou, en Colombie et au Brésil, dans les affluents des fleuves Ucayali, Marañón, Solimões et Amazone, depuis environ le fleuve Pachitea sur le fleuve Ucayali jusqu’aux environs de Gurupá ;
  • Le cours supérieur du fleuve Mamoré en Bolivie ;
  • Le bassin versant du fleuve Madre de Dios au Pérou ;
  • Le bassin versant du fleuve Essequibo en Guyane ;
  • Le fleuve Amapá Grande dans l’État d’Amapá, au Brésil.

D’autre part, l’autre Crenicara, Crenicara punctulatum est largement répandu dans le bassin supérieur de l’Amazone (Bolivie, Brésil, Équateur, Guyana, Colombie et Pérou), tandis que Crenicara latruncularium a été signalé en Bolivie et au Brésil.

On trouve aussi Crenicara latruncularium à la frontière entre la Bolivie, le Pérou et le Brésil.

A ce jour encore, la répartition de ces poissons reste encore mal connue.

Ainsi, la recherche scientifique dans le nord de La Paz (en Bolivie) au cours des quinze dernières années a révélé une richesse biologique exceptionnelle de cette région.

En effet, des études récentes estiment la présence de 12 000 espèces de plantes vasculaires, 1050 espèces d’oiseaux, 278 mammifères, 352 reptiles et amphibiens et au moins 296 poissons.

Bien que cette région soit maintenant l’une des plus connues de Bolivie, il existe des lacunes scientifiques importantes concernant, en particulier, certains groupes taxonomiques, tels que les plantes non vasculaires, les petits mammifères et les invertébrés, ainsi que les écosystèmes montagnards et amazoniens, et la distribution des espèces, leur abondance relative et leur utilisation de l’habitat.

L’habitat naturel de cette espèce est constitué d’eaux claires, douces (dureté totale inférieure à 1°dH) et acides à neutres (pH 6-7), à des températures allant jusqu’à environ 25°C.

Cette espèce est uniquement connue le long de la frontière entre le Brésil et la Bolivie.

Six localités « type » se trouvent dans le bassin versant supérieur du Rio Guaporé, c’est-à-dire à :

  • Vila Bêla da Santissima Trinidade ;
  • Pontes e Lacerda ;
  • Rio Megre ;
  • Deux spécimens ont été prélevés à l’embouchure du Rio Machupo, rive gauche (affluent du Rio Guaporé) ;
  • Deux localités se situent près de Guajarà-Mirim, sur le Rio Mamoré, bien en aval de l’embouchure du Rio Guaporé.

Observations : Les populations du Brésil, de la Guyane, de la Colombie et du Pérou auraient de légères variations de couleur et de taille.

Les localités de collecte de Crenicara latruncularium sont indiquées sur une carte de l'Amazonie bolivienne.Un symbole peut représenter deux sites de collecte. Le symbole avec une étoile indique la localité type.

Les localités de collecte de Crenicara latruncularium sont indiquées sur une carte de l’Amazonie bolivienne. Un symbole peut représenter deux sites de collecte. Le symbole avec une étoile indique la localité type.

L’espèce a été initialement collectée dans le bassin versant du Rio Mamoré, dans l’État de Rondônia, au Brésil (FRICKE & Al., 2023).

Localité type

La localité type se trouve sur la route de Palheta, à 13 kilomètres de Guajarà-Mirim (Bresil), dans un petit ruisseau se jetant dans le Rio Mamoré quelques kilomètres en amont de Guajarà-Mirim.

Un autre site se situe sur les 200 derniers mètres de ce même ruisseau.

MILIEU NATUREL & BIOTOPE

Les espèces de Crenicara vivent dans la quasi-totalité des principaux affluents de l’Amazone, on les trouve toujours dans les baies calmes, aux fonds sableux et aux eaux claires.

Le fond de ces biotopes amazoniens est souvent recouvert de feuilles mortes et de débris immergés.

Cette espèce vit dans les rivières à végétation dense et à fond sableux, elle est trouvée dans les ruisseaux de forêt ombragée et les rives des rivières parmi les plantes et les feuilles tombées, jamais en eau libre.

Ce poisson n’est pas très exigeant en termes de paramètres d’eau, mais l’idéal pour une bonne maintenance est une eau aux caractéristiques suivantes :

  • Un pH autour de 6,5 ;
  • un dGH inférieure à 10° ;
  • Une température comprise généralement entre 24 et 28°C.

Les deux espèces semblent allopatriques, bien que « Crenicara puntulatum » soit présente dans la partie centrale et occidentale de l’Amazonie bolivienne, et qu’aucune barrière physique évidente ne les sépare au sein de cette région.

Crenicara puntulatum.

Crenicara puntulatum.

Les chutes du Rio Madeira pourraient limiter la dispersion de Crenicara latruncularium vers le nord.

Écologie

Tous les spécimens collectés dans trois localités différentes en août 1987 ont été capturés dans des peuplements denses de végétation aquatique :

  • Echinodorus spp. ;
  • Ottelia brasiliensis ;
  • Eichhornia azurea ;
  • Eichhornia diversifolia ;
  • Cabomba piauhyensis.

Sur un site de collecte, un banc de sable du Rio Guaporé, le courant était particulièrement fort.

Sur les autres localités, l’eau était plus ou moins stagnante.

Des analyses ont été effectuées en 1987 dans trois localités paratypes :

  1. des mares en bordure de route près de Vila Bêla (21°C, pli 7,1, conductivité 70 /zS),
  2. un lac à 4 kilomètres au nord-est de Vila Bêla (24=C, pli 6,0, 30 /zS)
  3. sur un banc de sable de rivière en aval de Vila Bêla (20°C, pH 6,3, 20 uS).

Sur tous les sites, l’eau était claire et incolore, la dureté totale et temporaire inférieure à 1°dll.

La faune piscicole associée comprenait les espèces de cichlidés :

  • Apistogramma trifasciata (EIGCNMANN & KENNEDY) ;
  • Apistogramma inconspicua (KULLANDER) ;
  • Aequidens plagiozonatus (KULLANDER) ;
  • Mesonauta festivus (HECKEL) ;
  • Satanoperca pappaterra (HECKEL) ;

ainsi que :

  • Corydoras sp. (Callichthyidae).

et

plusieurs espèces de characides dont :

  • Hyphessobrycon callistus (BOULENGER) ;
  • Aphyocharax rathbuni (EIGCNMANN).

 –

TAXONOMIE

HISTORIQUE

Le nom commun «  cichlidé damier »  (ou parfois « échiquier ») qui est appliqué aux deux espèces de Crenicara et aussi aux espèces de Dicrossus provient du motif de carrés noirs sur les côtés du poisson.

Les cichlidés en damier se trouvent dans le clade « crénicarin » de la sous-famille des géophagines qui contient les espèces de :

  1. Crenicara : 2 espèces valides Þ Crenicara punctulatum et Crenicara lamincularium ;
  2. Dicrossus : Actuellement 3 espèces valides Þ Dicrossus filamentosus et Dicrossus maculatus et Dicrossus gladicauda érigé en 2008 par SCHINDLER & STAECK ;
  3. Eventuellement 2 espèces non décrites (SCHINDLER & STAECK, 2008) ;
  4. Le genre Mazarunia.

Ce genre a été érigé par KULLANDER en 1990 pour la nouvelle espèce unique (et type) « Mazarunia mazarunii » qui est une espèce de cichlidé endémique du Guyana, qui se trouve dans le cours supérieur du fleuve Mazaruni.

Mazarunia mazarunii.

Mazarunia mazarunii.

Pour information, cette espèce atteint une longueur de 5,3 centimètres (2,1 pouces).

Cette espèce en question a été décrite par GUNTHER en 1863 comme Acara punctulata (KULLANDER, 1986) a réaffecté l’espèce au genre Crenicara.

REGAN (1905) considérait le genre Dicrossus comme un synonyme de Crenicara, une opinion partagée par d’autres jusqu’à ce que KULLANDER en 1990 détermine que Dicrossus et Crenicara sont suffisamment distincts pour être traités comme des taxons séparés et il a revalidé Dicrossus pour les deux espèces Dicrossus filamentosus et Dicrossus maculatus.

Œuvre de LOPEZ-FERNANDEZ & Al. en 2005 est d’accord et montre en outre les deux genres en tant que taxons sœurs partageant une marge postérieure dentelée de la préopercule, un état de caractère remarquable et relativement rare chez les cichlidés sud-américains, selon KULLANDER (1990).

L’épithète d’espèce vient du latin et se traduit littéralement par « minutieusement pointillé », elle fait référence au motif sur le côté du poisson.

Ce même poisson a été décrit par :

  • STEINDACHNER en 1875 comme « Crenicara elegans » ;
  • HW FOWLER en 1913 sous le nom d’ « Aequidens madeirae » ;
  • WR ALLEN en 1942 comme « Aequidens hercules ».

KULLANDER a déterminé qu’il s’agissait de toutes les espèces conspécifiques [la même espèce] et que les noms sont maintenant synonymes (invalides) pour l’espèce en question.

Il ne serait pas surprenant que dans un avenir lointain, Crenicara punctulatum soit divisé en plusieurs espèces, étant donné sa large répartition géographique Þ on la trouve non seulement dans le système amazonien, mais aussi en Guyane.

En revanche, aucune présence n’a été confirmée de Crenicara latruncularium au Pérou pourtant cette espèce est présente dans le système du Rio Guaporé, au sud du Brésil et au nord-est de la Bolivie.

Histoire de la découverte

1758, Stockholm, le naturaliste suédois Carl VON LINNE (qui, comme il était d’usage à l’époque, se donna le nom latin de Carolus Linnaeus) publia la 10éme édition de son ouvrage « Systema Naturae », dans lequel toutes les espèces animales et végétales connues à ce jour étaient nommées et classées.

Dès lors, et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, il existait un système unifié et universellement accepté de nomenclature des espèces animales et végétales, système qui demeure en vigueur aujourd’hui.

1863, Londres, le Muséum d’histoire naturelle de Londres est devenu le centre du monde scientifique.

Ses conservateurs ont constitué une collection monumentale de spécimens types.

À la suite de LINNE, la communauté scientifique des ichtylogues a rapidement compris l’utilité de définir une espèce animale ou végétale à partir de spécimens exemplaires et typiques.

Ceux-ci sont considérés comme les « types » (au singulier : type) de l’espèce et sont, à proprement parler, les seuls membres de leur espèce identifiés avec une certitude absolue.

Albert GÜNTHER, ichtyologue au Muséum de Londres, décrit cette année-là une espèce de cichlidé de Guyane, « Acara punctulata », à partir de trois spécimens provenant du fleuve Essequibo, en Guyane.

1875, Vienne, Franz STEINDACHNER entreprend la publication d’une étude exhaustive des cichlidés de l’Amazonie, inspirée par la riche collection de Louis Agassiz rapportée de l’expédition Thayer (1865-1866).

STEINDACHNER décrit deux nouveaux genres, Crenicara et Dicrossus, chacun comprenant une nouvelle espèce :

  1. Crenicara elegans (collectée lors de l’expédition THAYER près de Gurupa, Cudajas et Curupira) ;
  2. Dicrossus maculatus (également des spécimens de l’expédition THAYER, collectés dans les lacs Maximo et José Assu, ainsi que dans des affluents de l’Amazone près du Tocantins, dans le Rio Hyavary et dans le Rio Tapajuru).

1905, Londres, Charles Tate REGAN, désormais ichtyologue au Muséum d’histoire naturelle, révise la classification des cichlidés sud-américains et découvre que l’Acara punctulata de Günther est en réalité composée de deux espèces différentes.

REGAN désigne un spécimen comme type valide (les deux autres appartenant à l’espèce aujourd’hui connue sous le nom de Nannacara anomala, ou Cichlidé nain brillant) et constate que cette espèce est identique au « Crenicara elegans » de STEINDACHNER.

Dans ce cas, le nom le plus ancien, c’est-à-dire le premier établi (punctulata), prévaut.

REGAN réunit également les genres Crenicara et Dicrossus en un seul genre.

Ce faisant, il remplace « Crenicara » par le nom linguistiquement supérieur « Crenacara », une modification pourtant inadmissible.

On compte désormais deux espèces de Crenicara :

  1. Crenicara punctulata ;
  2. Crenicara maculata.

1935, Santarém, l’aquariophile Walter PRAETORIUS décrit l’entretien et l’élevage d’une espèce de Crenicara, par laquelle le rédacteur en chef du magazine (Hugo WEISE) lui donne par erreur (il croyait que la première description scientifique par Ernst AHL avait déjà été faite) le nom scientifique « Crenicara praetoriusi ».

 Illustration de la première description accidentelle de « Crenicara praetoriusi » tirée de la revue « Wochenschrift für Aquarien- und Terrarienkunde », 1936.

Le dessin est de Walter PRAETORIUS, réalisé à Santarem en 1933, le texte de Hugo WEISE.

1936, Berlin, Ernst AHL du Musée zoologique décrit Crenicara praetoriusi comme une nouvelle espèce basée sur trois animaux qu’il avait reçus conservés de PRAETORIUS en 1934 de l’Igarapè Irurà-Mapiry (bassin amazonien, Pará, Brésil).

Illustration de la première description accidentelle de « Crenicara praetoriusi » tirée de la revue « Wochenschrift für Aquarien und Terrarienkunde », 1936. Le dessin est de Walter PRAETORIUS, réalisé à Santarem en 1933, le texte de Hugo WEISE.

1958, Hambourg, à partir de deux spécimens provenant du commerce d’importation de poissons d’ornement, Werner LADIGES décrit la nouvelle espèce Crenicara filamentosa.

Il ignore l’origine de ces poissons, mais suppose qu’ils proviennent du Haut-Amazone.

Sa nouvelle espèce se distingue notamment par la nageoire caudale fourchue et allongée du mâle. En 1959, LADIGES utilise également pour la première fois le nom vernaculaire de la nouvelle espèce Þ cichlidé à damier, inspiré du nom commun américain « cheerboard cichlid ».

En 1986, à Stockholm, Sven O. KULLANDER, ichtyologue et successeur de Linné dans ce domaine, a établi que le nom de genre Crenicara choisi par STEINDACHNER est valide et neutre, car il est composé des mots grecs « krene » (source) et « kara » (visage), et non, comme le supposait REGAN en 1905, de « krene » et du mot tupi « Acara » (pour cichlidé), ce qui serait féminin.

Par conséquent, lorsqu’on utilise des noms d’espèces dérivés d’adjectifs, il faut employer le genre grammaticalement correct, c’est-à-dire Crenicara punctulat-um (au lieu du féminin Crenicara punctulat-a ).

KULLANDER a également noté qu’il existe au moins trois espèces de « Crenicara »  non décrites scientifiquement.

1990, Stockholm, KULLANDER sépare à nouveau les genres « Crenicara » et « Dicrossus ».

Le genre Crenicara ne comprend désormais que « Crenicara punctulatum » tandis que « Dicrossus » comprend « Dicrossus maculatus » et « Dicrossus filamentosus ».

En 1990, à Stockholm, Berlin et Paris, KULLANDER et Wolfgang STAECK, spécialistes berlinois des cichlidés, ont décrit une seconde espèce de Crenicara ⇒ « Crenicara latruncularium ».

Très semblable à « Crenicara punctulatum », elle se distingue toutefois géographiquement des autres espèces à savoir tout simplement par le fait que ces deux espèces ne cohabitent jamais ensemble dans la nature !

⇒ « Crenicara latruncularium » est présente uniquement dans la région frontalière entre la Bolivie et le Brésil, dans les bassins des rivières Guaporé et Marmoré

⇒ « Crenicara punctulatum » possède une vaste aire de répartition au Brésil, en Colombie, au Pérou, en Équateur et en Guyane.

En 2008, à Berlin, Ingo SCHINDLER et Wolfgang STAECK ont ​​décrit une nouvelle espèce de Dicrossus «  Dicrossus gladicauda », ​​provenant du bassin du Rio Atabapo en Colombie .

Les mâles de cette nouvelle espèce présentent une extension uniquement dans la moitié supérieure de la nageoire caudale.

L’espèce « Dicrossus gladicauda » avait déjà été découverte en 2002 lors d’importations de poissons d’ornement.

Dicrossus gladicauda.

Dicrossus gladicauda.

2010, Dresde, une équipe de scientifiques composée d’Uwe RÖMER, Ingo J. HAHN et Pablo M. VERGARA a formellement décrit deux espèces de Dicrossus déjà connues dans le commerce aquariophile depuis respectivement 1981 et 1992.

La première espèce, « Dicrossus foirni », était commercialisée sous les noms de :

  • « Dicrossus sp. Double Spot » ;
  • « Dicrossus sp. Rio Negro » ;
  • « Dicrossus sp. redfin ».
Dicrossus foirni.

Dicrossus foirni.

La seconde espèce a été découverte par KULLANDER dans des spécimens de musée en 1990.

Deux ans plus tard, Frank WARZEL s’est rendu au Brésil, a collecté l’espèce dans le Rio Tapajós, l’a ramenée en Allemagne et l’a reproduite avec succès.

Elle a reçu le nom provisoire de «Dicrossus sp. Tapajós » et a été décrite 18 ans plus tard par RÖMER & Al. sous le nom de « Dicrossus warzeli ».

Dicrossus warzeli.

Dicrossus warzeli.

En 2013, à Berlin, SCHINDLER et Hans-Joachim PAEPKE ont publié un article sur les spécimens types de cichlidés sud-américains du Museum für Naturkunde (Musée d’histoire naturelle) de Berlin, y compris les trois spécimens de « Crenicara praetoriusi » qui ont servi de base à la description d’Ahl en 1936.

SCHINDLER et PAEPKE ont confirmé la similarité de « Crenicara praetoriusi » avec « Dicrossus maculatus », une conclusion déjà admise par de nombreux chercheurs précédents.

Dicrossus maculatus

Dicrossus maculatus

Il a fallu de 1863 à 2013 pour atteindre notre niveau de connaissances actuel sur les espèces de cichlidés damiers.

Les aquariophiles et les vendeurs de poissons d’ornement ont joué un rôle crucial dans ce progrès.

Des questions subsistent quant au nombre d’espèces, qui nécessitent encore des éclaircissements.

Quoi qu’il en soit, les cichlidés damiers illustrent parfaitement l’importance du libre commerce et de l’accès sans restriction aux soins et à la reproduction par les passionnés pour la connaissance et la protection du vivant sur notre planète.

RAPPEL SUR LES …

Les deux espèces reconnues dans ce genre sont :

  1. Crenicara latruncularium (S. O. KULLANDER & STAECK, 1990) ;
  2. Crenicara punctulata (GÜNTHER, 1863) (cichlidé à damier).

Holotype

  • MZUSP 40290.

Paratypes

  • FMNH 54089 (1) ;
  • IRSNB 782-783 (3, 4) ;
  • IRSNB 795 (6) ;
  • MZUSP 37500 (1) ;
  • MZUSP 37626 (1) ;
  • MZUSP 40291 (6) ;
  • NRM 16870 (1) ;
  • NRM 36597 ;
  • NRM 36602 (1, 4, 1, 2, 12, 2) ;
  • ZSM 27606 (6).

Catalogue type

NEUMANN, 2011:248 [réf. 31652]

Le nom spécifique (échiquier) est traité comme un nom valide comme « Crenicara latruncularium – KULLANDER & STAECK, 1990 »  — (LASSO & Al. 2001:101 [réf. 25928],

KULLANDER in REIS & Al. 2003:626 [réf. 27061],

STAECK, 2003:131 [réf. 27488],

SARMIENTO & Al. 2014 : 189 [réf. 35004], STAECK, 2017.

Statut actuel : Valable comme « Crenicara latruncularium – KULLANDER & STAECK 1990 ».

NOMS

NOM COMMUNS

  • Chess cichlid ;
  • Cichlidé à damier ;

SYNONYMES

  • Acara punctulatus (GÜNTHER, 1863) ;
  • Crenicara elegans (STEINDACHNER, 1875) ;
  • Aequidens madeirae (FOWLER, 1913) ;
  • Aequidens hercules (ALLEN, 1942).

NOMS DEVENUS SYNONYMES

  • Crenicara altispinosa (HASEMAN, 1911), synonyme de Mikrogeophagus altispinosus ;
  • Crenicara elegans (STEINDACHNER, 1875), synonyme de Crenicara punctulatum (cichlidé à damier) ;
  • Crenicara filamentosa (LADIGES, 1958), synonyme de Dicrossus filamentosus (cichlidé à échiquier) ;
  • Crenicara maculata (STEINDACHNER, 1875) ;
  • Crenicara praetoriusi (WEISE, 1935), synonymes de Dicrossus maculatus.

ETHYMOLOGIE

Le Ludus Latrunculorum (souvent abrégé en latrunculi) était un jeu de stratégie populaire de la Rome antique, probablement inspiré de jeux grecs tels que la Petteia. Il a été joué dans l’Empire romain du 1er siècle avant J.-Crenicara jusqu’à la fin de la période antique. Le nom vient du mot latrunculus, qui signifie « mercenaire » ou « voleur », en référence à la nature militaire du jeu. Le jeu était populaire parmi les soldats et les intellectuels romains et se jouait souvent sur des tablettes sculptées dans la pierre ou le bois. Des plateaux de jeu ont été retrouvés en divers endroits du monde romain, notamment en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Égypte et à Pompéi.

Le nom du genre est composé de « crena »  (encoche en latin) et « acara » (cichlidé en guarani).

Crenicara fait donc référence à l’anatomie de l’opercule des espèces appartenant à ce genre.

Le nom de l’espèce provient du latin « ludus latruncularium », un jeu de stratégie, d’origine grecque qui fait référence au motif en damier des taches sur les flancs de son corps.

Le nom fait référence au motif en damier (tabula latruncularia) des côtés.

DESCRIPTION

Cette espèce a été décrite pour la première fois en 1986 à partir de spécimens péruviens rapportés par KULLANDER.

La taxonomie de Crenicara a été brièvement abordée par KULLANDER en 1986, puis en 1990.

Crenicara latruncularium sp. a été collectée dans les bassins supérieurs et inférieurs du Rio Guaporé et dans le bassin inférieur du Rio Mamoré.

Le plus grand spécimen attrapé lors de cette collecte mesurait 88,9 millimètres LS.

Crenicara latruncularium sp. diffère de Crenicara punctulatum (GÜNTHER) par ses caractères méristiques inférieurs, son supracleithrum[1] dentelé et sa coloration.

Les deux espèces semblent allopatriques, bien que Crenicara punctulatum soit présente dans la partie centrale et occidentale de l’Amazonie bolivienne, et qu’aucune barrière physique évidente ne les sépare au sein de cette région.

Les chutes du Rio Madeira pourraient limiter la dispersion de Crenicara latruncularium vers le nord.

Ce qui explique un ancien nom/synonyme) donné à Crenicara punctulatum :

  • Acara punctulata (GÜNTHER, 1863) ;
  • Crenicara elegans (STEINDACHNER, 1875) ;
  • Aequidens madeirae (FOWLER, 1913) ;
  • Aequidens hercules (ALLEN & EIGENMANN et ALLEN, 1942).

Ces noms sont tous des synonymes d’une seule espèce largement répandue en Amazonie et en Guinée, Crenicara punctulatum (REGAN, 1905 ; KULLANDER, 1986, 1990).

Une seconde espèce, non décrite jusqu’à présent, est connue depuis un certain temps (KULLANDER, 1990) et a été récemment introduite en aquariophilie au Brésil et en Europe.

Ces cichlidés présentent plusieurs taches sombres sur les flancs et ne dépassent pas 10 centimètres de longueur.

Autrefois, certains membres du genre Dicrossus étaient parfois inclus dans le genre Crenicara.

Les membres des deux genres sont parfois appelés cichlidés à damier.

Vous trouverez ci-dessous la liste des deux espèces actuellement incluses dans le genre, avec des liens vers les fiches de données Fishbase dont est issu le tableau :

  • Crenicara latruncularium – Amérique du Sud – Longueur maximale (centimètres ) : 8,9 SL
  • Crenicara punctulata – Amérique du Sud – Longueur maximale (centimètres ) : 12 TL

L’espèce la plus connue en aquariophilie est Crenicara punctulata.

DESCRIPTION SCIENTIFIQUE

Les données recueillies ci-dessous proviennent de prélèvements effectués principalement à Guajarâ-Mirim[2], pour information, les spécimens étaient légèrement décolorés mais par ailleurs en excellent état.

Quatre des 10 spécimens étudiés pour la description étaient des mâles mesurant de 51,2 à 88,9 millimètres, les femelles mesuraient de 38,4 à 65,3 millimètres.

Seul l’holotype, le plus grand mâle Crenicara latruncularium , présentait des caractères sexuels secondaires marqués tels qu’un front abrupt, des nageoires produites et gorge foncée.

Les autres spécimens sont tous très semblables.

Corps

Le corps est allongé, fortement comprimé latéralement ;

Les contours dorsal et ventral sont arqués de façon quasi identique ;

Les jeunes sont jusqu’à 50 millimètres plus minces (hauteur < 40 % de la longueur standard) que les adultes (hauteur > 40 % de la longueur standard) ;

Le bord ventral du pédoncule caudal est légèrement plus long que le bord dorsal ;

Vertèbres 13+14 = 27(6).

Tête

La tête est courte et haute ;

Le museau est obtus ;

Chez l’adulte, le contour frontal est arqué de façon régulière ou, chez l’holotype, concave en avant des orbites ;

La nuque est droite ;

Chez l’holotype, l’orbite se situe approximativement au milieu de la tête et l’espace interorbitaire est légèrement convexe ;

Chez le jeune, l’espace interorbitaire est moins convexe que chez l’adulte, le museau est court, profond et obtus, la pente du contour frontal est plus horizontale, l’orbite est relativement plus grande et située dans la moitié antérieure de la tête ;

La bouche est plus étroite que l’espace interorbitaire ;

Les mâchoires sont égales ou la mâchoire supérieure légèrement prognathe ;

La verticale de la mâchoire passe par l’extrémité postérieure du maxillaire est plus proche de l’orbite que de la narine chez les grands spécimens, elle atteint le bord antérieur de l’orbite chez les jeunes ;

Les replis des lèvres supérieure et inférieure sont très courts ;

Un repli cutané post-labial recouvre le bord de la lèvre supérieure ;

Le rapport profondeur/longueur de l’opercule augmente de 1:1 chez le jeune à environ 2:1 chez le plus grand spécimen ;

Le préopercule présente 54 à 98 denticules le long du bord postérieur et de l’angle, leur nombre augmentant irrégulièrement avec la longueur standard ;

Le préopercule post-temporal présente 4 à 7 denticules irréguliers ;

Le Supracleithrum détient entre 6 à 11 denticules.

Dentition

Les dents sont caniniformes, droites ou légèrement recourbées apicalement (de façon située au sommet ou à la pointe) :

Présence d’une large bande de dents subégales antérieurement sur les deux mâchoires ;

Les dents antérieures de la mandibule sont légèrement étendues :

Hémi-météorites externes de la mandibule supérieure :

  • Chez sept spécimens, 38,4 à 51,2 millimètres, avec 9 à 14 dents antérieures ;
  • Chez cinq d’entre eux (43,0 à 51,2 millimètres), 1 à 4 dents près de l’extrémité postérieure de la mâchoire, bien séparées des dents antérieures ;
  • Chez trois spécimens (65,2 à 88,9 millimètres), une hémi-météorite continue de 19 à 23 dents sur toute la longueur de la moitié de la mâchoire.

Hémi-météorites externes de la mandibule :

  • Chez deux spécimens, 38,4 à 43,0 millimètres, avec 15 dents ;
  • Chez huit spécimens (44,7 à 88,9 millimètres), 18 à 23 dents.

Présence de 3 à 4 rangées internes à la mâchoire supérieure et de 3 à 5 (généralement 4) à la mâchoire inférieure.

La face externe du premier arc branchial présente :

  • 1 branchiospine épi-branchiale ;
  • 1 branchiospine angulaire ;
  • 4(3), 5(14), 6(12) branchiospines cérato-branchiales, toutes sont courtes.

Absence de microbranchiospines sur tous les arcs branchiaux :

Absence de plaque dentaire sur la 4e branchiospine cératobranchiale ;

La plaque dentaire pharyngienne inférieure est semblable à celle de Crenicara punctulatum (cf. KULLANDER, 1986), sur un spécimen disséqué de 65,2 millimètres.

Ecailles

Les écailles sont cténoïdes, à l’exception de deux écailles cycloïdes placées sur l’interopercule, des écailles pré-pelviennes antérieures et des écailles distales de la nageoire caudale :

Présence d’environ 9 à 10 écailles prédorsales le long de la ligne médiane :

Présence de 26 (28) écailles sur la rangée 11 ;

Présence de 3 à 3/1 écailles antérieurement et 1 écaille postérieurement entre la ligne latérale supérieure et la nageoire dorsale ;

Présence  de 2 écailles entre les lignes latérales ; 8 + 1 + 2/2 écailles sur la rangée transversale ;

Présence de 16 écailles autour du pédoncule caudal ;

Présence  de 3 (9) ou 4 (1) rangées sur la joue :

Écailles de la ligne latérale : 16 : 8 (1), 17 : 7 (1), 17 : 8 (1), 17 : 9 (2), 17 : 10 (2), 17 : 11 (1), 18 : 9 (1), 18 : 10 (1) ;

Généralement 1 à 4 écailles antérieures de la ligne inférieure sont perforées :

Une ou deux écailles tubuleuses prolongent la ligne inférieure de la nageoire caudale ; A savoir que chez un spécimen de 65,3 millimètres, une écaille tubulée était présente bilatéralement entre les rayons D3 et D4 de la nageoire caudale ;

Aucune écaille accessoire n’est présente sur la ligne latérale de la nageoire caudale.

Nageoires

Les nageoires dorsale, anale, pelviennes et pectorales sont dépourvues d’écailles :

La nageoire caudale est recouverte d’écailles à sa base, le bord postérieur de la zone écailleuse étant concave et s’étendant marginalement jusqu’au milieu de la nageoire :

La première épine de la nageoire dorsale mesure environ 1,3 fois la longueur de la dernière, les épines suivantes étant de longueur croissante et subégales à partir de la sixième :

Les lobes sont courts, tronqués et présentent un angle postérieur pointu :

La nageoire dorsale molle de l’holotype est pointue, les rayons mous du quatrième au cinquième rayon formant la pointe, le cinquième rayon étant prolongé et atteignant l’extrémité de la nageoire caudale ;

Chez la plupart des autres spécimens, la nageoire dorsale est arrondie et atteint ou dépasse légèrement la base de la nageoire caudale ; elle est pointue, mais courte, chez le mâle de 65,2 millimètres :

Dicrossus X1V.1O(1), XV.8(1), XV.9(23), XVI.8(5), XV1.9(1) :

La première épine de la nageoire anale est opposée à l’avant-dernière épine de la nageoire dorsale :

La nageoire anale est molle et pointue chez l’holotype, les rayons mous du quatrième au sixième formant la pointe, le cinquième rayon étant le plus long et dépassant le milieu de la nageoire caudale ;

Chez un mâle de 65,2 millimètres, elle est pointue mais n’atteint qu’environ 1/5 de la nageoire caudale ;

Chez les autres spécimens, elle est arrondie et atteint la base de la nageoire caudale, voire la dépasse légèrement :

  1. 111.8(10) ;

La nageoire pelvienne est pointue :

Le premier rayon est le plus long et sa branche interne étant légèrement plus longue que sa branche externe, atteignant la base du cinquième rayon mou de la nageoire anale chez l’holotype ;

Chez les autres spécimens, ce premier rayon atteint l’origine de la nageoire anale ;

Chez la seule grande femelle (65,3 millimètres), les premier et deuxième rayons sont de même longueur, chez les autres, le premier rayon est légèrement plus long que le second ;

La nageoire pectorale est arrondie, le quatrième rayon était légèrement le plus long et atteignait la verticale de la première épine de la nageoire anale. P. 14(6), 15(4) ;

La nageoire caudale subtronquée ou légèrement arrondie chez la plupart des spécimens ;

Le lobe dorsal est légèrement plus long ;

La nageoire caudale de l’holotype est sub-lancéolée ;

Les rayons D3 à D8 forment un bord oblique droit ;

Le rayon D2 (le plus long) forme l’extrémité et les rayons D1 à V8 forment un bord arrondi ;

Un mâle mesurant 65,2 millimètres, a été remarqué avec une nageoire caudale de forme intermédiaire entre celle de l’holotype et celle des autres spécimens.

CLE DES ESPECES

Sans objet.

MORPHOLOGIE

Corps

Le corps de Crenicara latruncularium est haut, allongé et légèrement comprimé latéralement ;

Le corps est comprimé latéralement, d’aspect robuste et avec une nageoire caudale arrondie ;

De forme ovoïde, sa hauteur augmente de la tête en formant un arc au-dessus et en dessous, puis son volume diminue vers la nageoire caudale ;

Il a une forme ovoïde, de sorte que de la tête, sa hauteur augmente au-dessus et en dessous sous forme d’arc, ainsi, de la même manière, son volume diminue jusqu’à ce qu’il atteigne la partie du corps qui entre en contact avec la nageoire caudale ;

Formule des écailles : mLR 21.

Tête

Sa tête est grande et massive, la bouche terminale est située relativement bas sur la tête, les lèvres sont épaisses et le front est arrondi et convexe ;

Les yeux sont relativement grands.

Nageoires

À l’exception des nageoires pelviennes rouge orangé des femelles, les nageoires sont généralement gris-transparentes ;

La nageoire dorsale peut présenter un liseré clair à rougeâtre ;

Formule des nageoires : D XIV-XV/6-8, A III/6.

TAILLE

Les mâles peuvent atteindre une longueur totale maximale d’environ 12 centimètres, mais ce ne sont pas, à proprement parler, des cichlidés nains, bien qu’ils soient plutôt paisibles ;

Crenicara latruncularium Mâle sauvage

Crenicara latruncularium atteint une longueur maximale d’environ 9 centimètres (mâles) ;

Les femelles restent plus petites ;

Crenicara latruncularium femelle sauvage.

Les mâles atteignent 10 centimètres (4 pouces), les femelles restent légèrement plus petites à 8 centimètres.

COLORATION

La couleur de base de ce poisson est brun jaunâtre et ils ont deux bandes latérales en pointillés ;

La couleur de base de ce poisson est brun jaunâtre, avec deux bandes latérales discontinues de points, d’où son nom commun (cichlidé à damier), car les points ressemblent à un damier ;

Même dans les aquariums des revendeurs, ils apparaissent souvent pâles et plaquent leurs nageoires dorsales contre leur corps ;

Il ne s’agit cependant pas d’un signe de maladie, mais bien de leur comportement normal ;

La couleur de base est brun jaunâtre, avec deux bandes latérales discontinues en forme de taches ;

La coloration des flancs est généralement grisâtre ou gris-brun à jaunâtre ;

Lorsqu’il est excité, des taches rectangulaires disposées en damier sont visibles sur les flancs ;

À l’état normal, seules 3 à 5 taches latérales sont visibles ;

Chez les femelles, les rayures latérales se confondent souvent et leurs nageoires pelviennes sont rouge orangé ;

Des zones irisées, de couleur dorée à vert olive, striées de fines stries ou lignes claires, sont visibles sur les joues et les opercules ;.

Ces colorations sont plus intenses chez les mâles que chez les femelles ;

Ces poissons ont des tons bleuâtres et rouges pour toutes les nageoires, parfois aussi orange, sauf dans le flux, où il n’a que des tons bleutés ;

Dans la tête, il a 3 à 5 lignes d’une couleur bleu clair très brillante ;

Toutes les nageoires présentent des tons bleuâtres et rouges, parfois orangés, à l’exception de la nageoire caudale, qui est uniquement bleuâtre ;

La couleur de base de ce poisson est brun jaunâtre et ils ont deux bandes latérales discontinues en forme de points, ce qui fait référence à leur nom commun (échecs cichlidés), car les points mentionnés ont la forme d’un échiquier ;

Ils ont des tons bleuâtres et rouges pour toutes les nageoires, parfois aussi orange, sauf dans le flux, où il n’a que des tons bleutés ;

Dans la tête, il a 3 à 5 lignes d’une couleur bleu clair très brillante.

  • Les lignes d’opercule sont plus marquées chez les mâles que chez les femelles,
  • chez le femelles, au moment de la reproduction, les lignes latérales discontinues que possède ce poisson se rejoignent pour former des lignes continues.

Remarque : Crenicara latruncularium peut être confondu avec Crenicara punctulata car ils sont très similaires.

Ils se distinguent entre eux par :

  • Le nombre d’épines dans la nageoire dorsale : Crenicara punctulata en a 16 ou 17, et Crenicara latruncularium en a 15.
  • La coloration de la tête et du ventre : Crenicara punctulata a une coloration grisâtre avec des reflets dorés et argentés, et Crenicara latruncularium a une couleur plus brune et sur la tête, il a 3 ou 4 lignes d’une couleur bleu clair très brillante.
  • Motif de l’opercule : il est plus irrégulier chez Crenicara latruncularium.
  • Trois à quatre barres jugulaires obliques vert brillant sur fond rouge-brun.
  • Patron de taches sombres sur les flancs quand le poisson stresse.

Sinon, il ne présente qu’une bande longitudinale.

Corps brun jaunâtre pâle, ventre blanchâtre, nuque et région dorsale brun clair et l’opercule a une coloration similaire, mais plus irrégulière ;

Chez les mâles en période de reproduction, la membrane branchio-stégale est rose ;

La partie postérieure des flancs présente parfois une légère teinte rosée chez les mâles dominants.

Corps

La disposition des marques foncées, telle que décrite à partir de spécimens conservés, est extrêmement variable chez les poissons vivants, car elle est influencée par leur état comportemental ;

Le motif en damier est particulièrement visible en situation de stress ;

Chez les poissons au repos, il peut se réduire à 3 ou 4 taches au milieu de la partie antérieure des flancs ;

Chez les femelles, les deux rangées de taches foncées fusionnent en deux bandes latérales pendant les soins aux alevins.

Couleur de fond jaunâtre ou blanchâtre ;

Marques brunes ;

Toutes les écailles situées au-dessus de l’aisselle pectorale présentent une fine marge foncée ;

La rangée d’écailles sur la moitié antérieure de la nageoire caudale, jusqu’à la nageoire caudale, présente un centre blanchâtre ;

Les spécimens de Vila Bêla présentent des rayures horizontales indistinctes, formées par des centres d’écailles clairs et des tiers supérieurs et inférieurs d’écailles foncés, sur le dos et au milieu du flanc, mais pas sur la rangée d’écailles E1 ;

Six taches carrées foncées sont présentes au milieu du flanc :

  • la première, la plus proéminente, est noirâtre et recouvre les deux premières écailles E1 ainsi que les parties adjacentes des rangées 0 et E2 ;
  • Les taches suivantes recouvrent respectivement les 6e et 7e ou les 6e et 8e, les 11e et 12e ou les 12e et 13e, et les 16e et 17e écailles E1 ainsi que les tiers d’écailles adjacents des rangées 0 et E2, et s’étendent avec la même intensité, ou légèrement moins, vers l’avant et vers le bas sur les écailles des rangées 0, E1 et E12 ;
  • Les cinquième et sixième taches recouvrent les écailles E1 (environ la 2e et environ les 23e et 24e, respectivement) et la rangée 0, ainsi que les portions d’écailles situées au-dessus et en dessous ;
  • Chez les jeunes spécimens, les trois taches postérieures sont plus ou moins séparées par un pigment, formant une bande latérale indistincte continue avec la tâche basale de la nageoire caudale.

Six taches sombres sont présentes le long du dos et du pédoncule caudal :

  • La première tâche s’étend obliquement vers l’avant depuis l’origine de la nageoire dorsale jusqu’à un peu avant d’atteindre le pédoncule caudal ;
  • Chez l’holotype, le pigment de la nuque et la première tâche dorsale forment une seule marque sombre indistincte.
  • Les deuxième à quatrième taches sont également légèrement inclinées vers l’avant, descendant jusqu’aux écailles E3 et correspondant aux espaces entre les première à quatrième taches de la rangée médiane ;
  • La deuxième tache se situe sous les sixième à huitième épines dorsales environ, la troisième sous les épines dorsales 1 à 12 ou 13, la quatrième sous la dernière épine et les deux premiers rayons ou sous les trois premiers rayons de la nageoire dorsale ;
  • La cinquième tâche est située dorsalement à l’extrémité de la base de la nageoire dorsale et au début du pédoncule caudal, au-dessus de la cinquième tâche de la rangée médiane ;
  • Présence d’une sixième tache située dorsalement sur le bord postérieur du pédoncule caudal, au-dessus de la sixième tache médiane.

La membrane branchio-sphérique et la zone inter-mandibulaire sont de couleur gris foncé chez l’holotype, sombres chez le mâle de 65,2 millimètres, claires chez tous les autres spécimens.

Tête

La tête est ornée de 3 à 5 lignes bleu clair très vives ;

Les lignes de l’opercule sont plus marquées chez les mâles que chez les femelles, et chez ces dernières, pendant la période de reproduction, les lignes latérales discontinues fusionnent en lignes continues ;

Le museau est gris pâle frontal avec de nombreux points foncés irréguliers ;

La nuque est brunâtre au-dessus des yeux ou avec des écailles claires au centre et de larges bords foncés contrastants ;

Une bande claire s’étend de l’orbite à la narine ;

Les joues sont ornées de 3 à 4 rayures obliques vert métallique sur un fond marron ;

La moitié nasale de l’écaille lacrymale est grise, la moitié buccale claire, le bord buccal de l’écaille lacrymale et la région infra-orbitaire sont gris sériés ; une bande blanchâtre est présente sur la joue, le long du bord de l’écaille lacrymale ;

La joue est marquée par une tache pigmentée peu visible sur la moitié postérieure, indistincte chez les grands spécimens ;

Les écailles de la joue sont bordées de foncé, formant trois bandes foncées obliques, la plus postérieure le long du bord interne du préopercule ;

Courte bande foncée partant de l’extrémité dorsale du préopercule et s’étendant obliquement dorsalement jusqu’à la partie exposée de l’écaille post-temporale.

Nageoires

Toutes les nageoires présentent des tons bleuâtres et rouges, parfois orangés, à l’exception de la nageoire caudale, qui est uniquement bleuâtre ;

Nageoire dorsale brun clair ; lobes et marge dorsale de la partie molle hyalins ;

Cinq à huit membranes interradiales postérieures ont des points hyalins obliques ;

La nageoire anale est brunâtre, plus foncée vers la marge inférieure, immaculée sauf les membranes interradiales de l’holotype et du mâle de 65,2 millimètres qui présentent environ trois rangées de très fines rayures hyalines obliques sur la moitié basale de la nageoire ;

La nageoire pelvienne est brunâtre le long de la marge antérieure, s’éclaircissant progressivement vers la marge postérieure et claire chez les petits spécimens ;

Chez l’holotype, la marge dorsale de la nageoire caudale présente une large bordure hyaline et environ 18 rangées verticales droites de points sombres sur toute la nageoire, sauf le long de la marge ventrale sombre, les points étant plus foncés sur les membranes médianes, un point sombre à la base de la nageoire étant presque complètement estompé ;

Chez les autres, une tache sombre proéminente est présente au milieu de la base de la nageoire caudale ;

Les stries transversales des taches sont moins nombreuses et distinctes uniquement le long du milieu de cette nageoire caudale ;

La nageoire dorsale est gris jaunâtre avec une fine bande blanche submarginale et des lobes orange ou rouges ;

La nageoire anale est pourpre chez les mâles, bordée de bleu ;

La nageoire pelvienne est pourpre chez les mâles avec un bord antérieur bleu ;

Les nageoires anale et pelviennes sont orange vif chez les femelles, virant au rouge pendant les soins aux alevins ;

La nageoire caudale est de couleur hyaline chez les femelles, à l’exception de sa partie centrale foncée tandis que chez les mâles adultes, la nageoire caudale est grisâtre avec 8 à 9 rangées verticales de points foncés ;

La partie supérieure de la nageoire caudale des mâles présente un bord rouge et une bande blanche submarginale.

SIGNES DISTINCTIFS

Différence de pigmentation foncée sur les côtés de la tête 

  • Chez Crenicara latruncularium (N RM A89 1967477.4630, 65,2 millimètres) on remarque la présence de rayures obliques distinctes (en rouge) sur la joue ;
  • Chez Crenicara punctulatum (NRM SOK 1983334.3682, 64,1 millimètres), il est noté l’absence des rayures correspondantes.

Différence dans les dentelures de la ceinture pectorale 

  • Chez Crenicara latruncularium (NRM A89 1967477.4630, 65,2 mm), les bords du post-temporal (PT) et du supracleithrum (SCL) sont dentelés ;
  • Chez Crenicara punctulatum (NRM SOK/1984326.3910, 66,7 millimètres), le bord du supracleithrum est lisse.

Nota Bene : Échelle valable uniquement pour les deux figures inférieures.

DIFFERENCIATION

Les cichlidés à damier se divisent en deux genres :

  1. Les espèces élancées du genre Dicrossus (5 espèces) ;
  2. Les espèces au dos haut du genre Crenicara.

Che Crenicara, seules deux espèces de Crenicara sont scientifiquement reconnues :

  1. Crenicara punctulatum ;
  2. Crenicara latruncularium.

Ces deux espèces sont difficiles à distinguer car elles se ressemblent beaucoup.

Les spécialistes des Crenicara ont intuitivement reconnu la présence de différentes espèces et ont dû trouver un critère permettant même aux non-spécialistes de les identifier avec certitude.

Ils ont trouvé un critère de différenciation fiable dans le « supracleithrum », un petit os placé au-dessus de l’opercule dont le bord est lisse chez Crenicara punctulatum et dentelé chez Crenicara latruncularium.

Outre les caractéristiques distinctives invisibles chez le poisson vivant et les différences de coloration incertaines dues à sa grande capacité à changer de couleur, un élément permet une identification fiable sur une macrophotographie nette Þ le bord d’un petit os situé au-dessus de l’opercule, appelé « supracleithrum ».

Ce bord est toujours lisse chez Crenicara punctulatum, mais présente de petites pointes chez Crenicara latruncularium.

Bien entendu, les deux espèces de Crenicara ne sont pas différentes seulement grâce à cet os discret qui serait soit lisse ou soit dentelé.

Crenicara latruncularium se distingue le plus facilement de Crenicara punctulatum par :

  1. La coloration de sa face, c’est-à-dire la présence de deux bandes verdâtres irisées sous l’œil ;
  2. La coloration de la tête et du ventre Þ Crenicara punctulata présente une coloration grisâtre avec des reflets dorés et argentés, tandis que Crenicara latruncularium est plus brunâtre et arbore 3 ou 4 lignes bleu clair très vives sur la tête ;
  3. La présence chez Crenicara latruncularium de seulement 15 épines sur la nageoire dorsale contre 16 à 17 chez Crenicara punctulatum ;
  4. La forme de l’opercule qui est plus irrégulière chez Crenicara latruncularium.

Les espèces de Crenicara se distinguent facilement des espèces de Dicrossus par le profil plus haut, quelque peu en forme d’œuf, plutôt que linéaire.

C’est finalement KULLANDER qui a tranché la question de la différence entre Dicrossus et Crenicara : Les espèces de Dicrossus mesurent de 4 à 7 centimètres de long et ont un corps mince, étiré et aplati latéralement, un museau arrondi et une bouche légèrement infère.

Les deux espèces ne peuvent être distinguées par des mesures proportionnelles, bien que Crenicara latruncularium puisse avoir un museau légèrement plus long que Crenicara punctulatum.

Elles se différentient grâce à des caractères spécifiques, notamment grâce au supracleithrum dentelé et une coloration particulière.

Les deux espèces de Crenicara présentent une forte allométrie positive de la longueur du museau, en particulier quand les poissons atteignent environ 80 millimètres LS de taille.

Seuls les mâles atteignant une taille supérieure développent ensuite des nageoires longues caractéristiques.

Crenicara latruncularium possède généralement XV, 9 épines dorsales, tandis que XVI, 9 et XVI, 8 sont les nombres les plus fréquents chez Crenicara punctulatum, espèce pour laquelle aucun spécimen à 15 épines n’a été observé.

La plupart des Crenicara punctulatum possèdent 17 épines dorsales, un nombre encore inconnu chez Crenicara latruncularium.

Les fréquences des nombres d’épines dorsales des deux espèces sont présentées dans le tableau 1.

Le nombre de rangées d’écailles (26) est plus faible chez Crenicara latruncularium que chez la plupart des Crenicara punctulatum (intervalle 26-28, mode 27).

Crenicara punctulatum présente généralement 18 ou 19 écailles sur la ligne latérale supérieure (KULLANDER, 1986, et données non publiées), tandis que Crenicara latruncularium en compte généralement 17.

Le nombre de vertèbres est de 13 + 14 = 27 chez Crenicara latruncularium et de 14 + 14 = 28 chez Crenicara punctulatum (KULLANDER, 1986 ; N = 9, données non publiées incluses).

Crenicara latruncularium pourrait avoir moins de branchiospines, en moyenne 5 au lieu de 6, mais cette variation géographique pourrait être en cause, car les spécimens de la région de Vila Bêla en possèdent généralement 6, tandis que les autres en ont 4 ou 5.

Les dentelures du post-temporal et du supracleithrum sont bien développées chez Crenicara latruncularium, comme chez les espèces du genre apparenté Dicrossus.

Chez Crenicara punctulatum, les denticules post-compartimentaux sont généralement peu nombreux ou à peine discernables ;

Le supracleithrum de Crenicara punctulatum est toujours à marge lisse.

Les deux espèces semblent comparables en ce qui concerne les dentelures pré-operculaires.

Il convient d’être prudent quant à l’utilisation des caractères de coloration des spécimens conservés pour distinguer Crenicara punctulatum et Crenicara latruncularium, car la plupart des Crenicara latruncularium adultes disponibles sont légèrement décolorés.

Ceci peut se traduire par un contraste accru entre les zones sombres et claires, cependant, les deux caractères suivants semblent également valables pour les Crenicara punctulatum décolorés et les Crenicara latruncularium bien conservés.

Chez Crenicara punctulatum, les taches sombres le long des flancs dorsaux sont considérablement plus pâles que celles situées au milieu des flancs, tandis que chez Crenicara latruncularium, les taches dorsales sont à peu près aussi marquées que les taches médianes.

Chez Crenicara latruncularium, les taches latérales de la rangée médiane sont plus profondes et marquées que chez Crenicara punctulatum ;

Chez cette dernière espèce (Crenicara punctulatum), elles ne dépassent pas deux écailles de profondeur, tandis que chez Crenicara latruncularium, les deuxième à quatrième taches, en particulier, sont étendues antéro-ventralement, couvrant 4 à 4 écailles.

L’extension antéro-centrale des taches de la rangée médiane est parfois observée chez Crenicara punctulatum, mais seulement à l’état de traces.

Les rayures claires et foncées sur le museau et la joue (Fig. 3), décrites précédemment pour Crenicara latruncularium, sont une caractéristique constante, bien que les rayures sur les joues ne se développent qu’à partir d’environ 30 millimètres de longueur standard et semblent moins marquées.

Chez les spécimens vivants de Crenicara latruncularium, la coloration particulière des joues est un caractère distinctif absent chez Crenicara punctulatum.

Les mâles adultes de Crenicara punctulatum peuvent être identifiés par la coloration jaune de la partie inférieure de la tête, des joues et de l’abdomen (cf. I. INKE & STAECK, 1984, p. 170).

La présence d’une écaille latérale accessoire tubulaire sur la nageoire caudale d’un spécimen de Crenicara latruncularium est un caractère rare chez les cichlidés crénicarins.

Parmi ces derniers, les écailles latérales accessoires de la nageoire caudale ne sont observées que chez l’un des deux spécimens connus de Mazarunia mazarunii (KULLANDER, 1990).

La distribution de Crenicara latruncularium semble se limiter à la frontière entre le Brésil et la Bolivie, c’est-à-dire au Rio Guaporè et au Rio Mamorè adjacent.

L’Amazonie bolivienne adjacente est cependant mal connue d’un point de vue ichtyologique, et des collectes supplémentaires à l’ouest du Guaporé pourraient révéler une aire de répartition géographique plus étendue pour ces espèces.

Néanmoins, il semble probable que Crenicara latruncularium et Crenicara punctulatum soient allopatriques[3].

La faune des cichlidés issus du Rio Guaporé [4]se distingue généralement de celle du reste du bassin amazonien au niveau spécifique, mais l’aire de répartition de certaines espèces qui la composent inclut également une partie du reste de l’Amazonie bolivienne et/ou du bassin du Paraguay, par exemple :

  • Papiliochromis altispinosa (HASEMAN), collectée dans le haut bassin du Mamoré (KULLANDER, 1981) ;
  • Astronotus crassipinnis (HECKEL) ;
  • Mesonauta festivus (HECKEL), également collectés dans les bassins du Paraguay et du Madré de Dios (KULLANDER, 1986).

Les chutes du haut Rio Madeira [5]pourraient constituer la principale barrière à la dispersion des poissons de l’Amazonie guaporéenne et des régions amazoniennes brésiliennes adjacentes.

Les Crenicara collectées dans le haut Rio Madré de Dios et le Rio Chaparé [6](Bolivie centrale) sont cependant identifiées comme Crenicara punctulatum (KULLANDER, 1986, 1990 et données non publiées).

Ceci suggère, pour l’espèce Crenicara, une situation similaire à celle de Satanoperca jurupari (Heckel) et de Satanoperca pappaterra (Heckel).

Satanoperca jurupari est largement répandue en Amazonie, y compris en Amazonie bolivienne, mais a été remplacée par Satanoperca pappaterra dans les bassins versants du Guaporé et du Paraguay (KULLANDER, 1986 et données non publiées).

Aucune barrière physique n’est connue entre les populations de Crenicara de l’Amazonie bolivienne occidentale et du Guaporé.

Il serait intéressant de réaliser des collectes dans la zone intermédiaire afin d’étudier d’autres barrières potentielles ou une éventuelle sympatrie.

HASEMAN (1911) fut le premier à signaler un spécimen de Crenicara latruncularium, un individu de 21 millimètres collecté dans le Rio Machupo[7] qu’il identifia par erreur comme Crenicara maculata (Dicrossus maculatus STEINDACHNER).

À cette taille, les espèces de Crenicara et de Dicrossus sont assez similaires, mais le nombre inférieur de nageoires pectorales (11-13, généralement 11-12 contre 13-16, généralement 14-15) et l’absence de canal angulo-articulaire latéral chez les espèces de Dicrossus sont des critères de distinction utiles.

DUREE DE VIE

L’âge maximal de Crenicara latruncularium est actuellement inconnu.

Cependant, la durée de vie de ces cichlidés nains est probablement d’environ 2 à 3 ans.

DIMORPHISME SEXUEL

Le sexe de ces poissons est intéressant à déterminer.

Chez les deux espèces de Crenicara, la tâche est assez compliquée !

Couple de Crenicara punctulatum : Femelle à gauche et Mâle à droite.

Couple de Crenicara punctulatum : Femelle à gauche et Mâle à droite.

Au début des années 1980, Crenicara punctulatum a suscité un vif intérêt car il a été prouvé que cette espèce, très inhabituelle pour un poisson d’eau douce, subit un changement de sexe, passant d’une femelle ovipare fonctionnelle à un mâle reproducteur fonctionnel.

Ce phénomène est très courant chez les poissons coralliens (parfois aussi dans l’autre sens, du mâle à la femelle, comme chez le poisson-clown), mais rare chez les poissons d’eau douce.

Chez Crenicara punctulatum, les sexes sont facilement distinguables par la couleur des nageoires pelviennes qui sont blanchâtres chez les mâles et orange-rouge chez les femelles.

Chez Crenicara latruncularium, les caractéristiques sexuelles semblent inversées au niveau de la coloration.

Crenicara latruncularium mâle.

Crenicara latruncularium mâle.

Crenicara latruncularium femelle.

Crenicara latruncularium femelle.

Les poissons élancés à la nageoire caudale droite sont présumés être des mâles Crenicara latruncularium, ils possèdent des nageoires pelviennes d’un orange-rouge vif, tandis que les nageoires pelviennes des femelles présumées sont beaucoup plus claires.

Malheureusement, la différence n’est pas toujours très évidente !

Mais ce qui rend intéressant et un peu compliqué la détermination des sexes chez ces poissons, c’est le fait que Crenicara est une espèce hermaphrodite séquentiel protogyne, au moins en captivité.

Cela signifie que les poissons sont tous nés femelles et qu’à maturité (environ huit mois), la femelle la plus agressive se transformera en mâle.

En temps normal, le mâle forme une hiérarchie et sélectionne sa femelle dominante mais si le mâle meurt ou disparait, la femelle dominante se transforme alors en mâle.

Des études histologiques ont montré que les poissons changent le sexe gonadique.

Seule la femelle dominante changera dans ces circonstances (CARRUTH, 2000).

Naître femelle puis devenir mâle… Voilà des changements très fréquents chez les poissons…mais attention, ils ne peuvent changer qu’une fois !

Les individus élancés à la nageoire caudale droite, sont des mâles présumés, ils possèdent des nageoires pelviennes d’un orange-rouge vif, tandis que celles des femelles présumées sont beaucoup plus claires.

Les poissons élancés à la nageoire caudale droite, présumés être des mâles, ont des nageoires pelviennes d’un orange-rouge vif, tandis que celles des femelles présumées sont beaucoup plus claires.

Chez Crenicara punctulatum, les sexes se distinguent par la couleur des nageoires pelviennes : blanchâtres chez les mâles et orange-rouge chez les femelles.

Chez Crenicara latruncularium, c’est l’inverse.

Au début des années 1980, Crenicara punctulatum a suscité un vif intérêt car il a démontré que même chez les poissons d’eau douce, un changement de sexe, d’une femelle ovipare fonctionnelle à un mâle reproducteur fonctionnel, est possible.

Ce phénomène est très fréquent chez les poissons récifaux (parfois l’inverse, du mâle à la femelle, comme chez le poisson-clown), mais rare chez les poissons d’eau douce.

Les femelles

Les femelles ont des lignes operculaires plus marquées que les mâles.

La taille des femelles ne dépasse pas 9 centimètres.

Les femelles ont des nageoires ventrales rouge-orange et sont légèrement plus petites que les mâles, qui ont généralement une couleur de corps inférieure jaunâtre et des nageoires ventrales bleuâtres.

Les mâles

Les mâles ont des taches bleues sur le visage sont évidentes.

Les mâles sont plus grands, de couleur plus brillante, ont des nageoires allongées dorsale et anale.

Les mâles ont une coloration plus intense, en particulier une coloration bleue sur toute la surface des branchies.

Le mâle a également une nageoire dorsale allongée et une nageoire anale.

Dans le couple, le mâle est le plus gros poisson et a une coloration beaucoup plus importante, en particulier les marques bleues autour de la zone branchiale qui donnent à ce poisson son nom commun.

Les mâles ont également des nageoires dorsale et anale allongées.

COMPORTEMENT

Il ne devrait pas être maintenu avec des cichlidés de plus grand caractère ou taille, comme c’est le cas avec Thorichthys meeki, mais avec d’autres cichlidés de gabarit moindre ou identique, en évitant Crenicara punctulata.

Compte tenu de la forte ressemblance des deux Crenicara, il est fortement déconseillé de maintenir ces deux espèces ensemble au risque d’avoir du mal par la suite à en faire la différenciation et d’avoir un exemple d’hybridation !

Malgré sa taille, ce cichlidé ne peut pas réellement être considéré comme agressif.

En fait, il est relativement peu agressif et peut même se montrer assez timide jusqu’à ce qu’il soit bien acclimaté à son aquarium.

Cependant, comme tous les cichlidés, Crenicara latruncularium adopte un comportement territorial pendant la période de reproduction.

Il est déconseillé de le maintenir avec des cichlidés plus grands ou plus agressifs, tels que Thorichthys meeki (rappel), mais plutôt avec d’autres cichlidés moins agressifs, comme des Dicrossus.

CARACTERE

Ces poissons sont solitaires et très timides, ce qui les rend difficiles à capturer.

Les Crenicara latruncularium ne vivent pas en groupe, ce qui rend leur capture difficile.

Dans les aquariums des vendeurs, elles sont pâles, timides et discrètes.

Il est également normal pour ces poissons de porter leurs nageoires dorsales près du corps.

De nombreux aquariophiles trouvent cela inesthétique ou pensent que c’est le signe d’un malaise ou d’une maladie.

Pourtant, il n’en est rien.

Même dans les aquariums des revendeurs, ils apparaissent souvent pâles et plaquent leurs nageoires dorsales contre leur corps.

Il ne s’agit pas d’un signe de maladie, mais bien de leur comportement normal.

De plus, ces poissons sont solitaires et très timides, ce qui les rend difficiles à attraper.

Ce poisson est peu agressif et plutôt timide jusqu’à ce qu’il soit acclimaté à l’aquarium.

Cependant, comme tous les cichlidés, il devient territorial pendant la période de reproduction.

Crenicara latruncularium est considéré comme un cichlidé assez calme, à moins que le couple ne se reproduise.

Il peut être conservé dans un aquarium général avec des néons, des cloisons, des cuiras et la plupart des autres petits poissons calmes.

C’est un poisson un peu agressif et assez timide jusqu’à ce qu’il s’habitue à l’aquarium, bien que comme tous les cichlidés, il soit territorial au moment de la reproduction.

Peut être maintenu dans le cadre d’une configuration communautaire avec des tétras, des rasboras, des petits poissons-chats (comme les Corydoras) et la plupart des autres petits poissons pacifiques.

Tempérament paisible, bien adapté à un aquarium avec des poissons non agressifs tels que la plupart des characins, Corydoras, des loricariidés plus petits et des poissons-chats similaires.

Ce cichlidé doit toujours être conservé dans un groupe d’au moins 3 congénères ou plus précisément et de préférence de 4 à 6 individus avec un seule mâle et des femelles.

Les Crenicara latruncularium sont vivaces mais peuvent être stressés dans des aquariums avec peu de végétation et peu d’abris.

COHABITATION

Il est conseillé de maintenir un banc de petits tétras ou d’autres petits poissons inoffensifs avec les Crenicara, sinon, ces cichlidés sont généralement très timides et rarement observés.

Poisson très craintif mais à mettre avec d’autres poissons sud-américains plus vivaces.

Il est conseillé de maintenir un banc de petits tétras ou d’autres petits poissons inoffensifs avec les Crenicara, car ces cichlidés sont généralement très timides et se montrent rarement.

Espèces compatibles pour l’aquarium communautaire avec des cichlidés nains

Espèces pour les eaux neutres à alcalines

Certains aquariophiles associent ces poissons à des espèces d’origines non américaines telles que  des poissons des genres :

Certains éleveurs ont menné l’expèrience avec des poissons africains tels que ceux appartenant aux genres Alestes, Brycinus, Micralestes ou Arnoldicthys, Mococides ou poisson-chat de taille moyenne du genre Synodontis.

D’autres ont tenté l’expérience avec des Melanotaenia ou poisson arc-en-ciel qui ont des exigences similaires mais toutes ces espèces sont originaires d’Australie.

⇒ Ce type de maintenance est fortement déconseillée et donc à bannir !

D’autres cichlidés d’origine d’Amérique du sud peuvent faire l’affaire à condition d’être de petite taille et de caractère et conditions de maintenance aquatiques similaires.

Dans ce cas d’une telle maintenance avec plusieurs types de cichlidés, de plus grands aquariums seront nécessaires pour les poissons puissent s’accommoder de vivre dans ces conditions.

Espèces pour eaux neutres acides

Des Characidés sud-américains ou Tétras, tels que :

  • Hasemania ;
  • Hyphessobrycon ;
  • Nematobrycon ;
  • Thayeria ;
  • Moenkhausia ;
  • Pristella ;
  • Hemigrammus ;

Tous types de Corydoras.

Des Loricaridés  qui sont des poissons algivores et mesurant entre 7 et 14 centimètres au maximum :

  • Ancistrus ;
  • Peckoltia ;
  • Crossocheilus : Mangeur d’algues filamenteuses et mangeurs d’algues rouges

La partie supérieure de l’aquarium pourra être occupée par de Thoracocharax ou des Carnegiella, tandis que de petites espèces du genre Nannostomus (poisson crayon) seront idéaux pour occuper la zone moyenne supérieure de l’aquarium.

EAU

Ce poisson n’est pas très exigeant quant aux paramètres de l’eau, mais idéalement, il convient de le maintenir avec un pH d’environ 6,5 et une dureté totale (dGH) inférieure à 10°.

Température : Entre 24 et 28°C.

ZONE DE VIE

Fond de la couche d’eau.

 –

ALIMENTATION

Cette espèce a besoin d’une alimentation variée comprenant des flocons, des granulés et des aliments congelés.

Elle accepte également les proies vivantes, comme les artémias, mais ce n’est pas indispensable.

EN MILIEU NATUREL

À l’état sauvage, Crenicara latruncularium se nourrit principalement de petits crustacés, d’invertébrés et d’autres zooplanctons.

EN AQUARIUM

Principalement de la nourriture vivante : larves de moustiques, cyclops, artémias, crevettes mysis, ainsi que de la nourriture congelée, des granulés pour cichlidés et de la spiruline.

REGIME

En captivité, on privilégie une alimentation vivante, comme des vers de vase et des tubifex, prélevés au fond de l’aquarium.

Ils s’adaptent rapidement aux substituts vivants, tels que les fruits de mer hachés, mais ils ne consomment pas bien les aliments secs.

Accepte tous les types d’aliments commerciaux, vivants et congelés.

Ils mangent des granules ou des flocons de bonne qualité.

Le régime doit être complété par des aliments surgelés et vivants, mais également ajouter un ingrédient tel que des flocons d’algues ou de la spiruline.

Accepte tous les types d’aliments commerciaux, vivants et surgelés.

Il a besoin d’une alimentation variée dans laquelle il faut inclure des écailles, des granulés et des surgelés.

Il accepte également les aliments vivants tels que l’arthrite, mais ce n’est pas nécessaire.

Nourrissez une boulette ou des flocons de cichlidés de bonne qualité comme aliment de base.

Variez le régime alimentaire avec des aliments surgelés et vivants et ajoutez un élément végétatif tel que des gaufrettes d’algues ou des flocons de spiruline .

Se nourrit naturellement de larves d’insectes, de petits crustacés, de zooplancton.

Aliments vivants tels que les vers noirs, la daphnie et l’artémie (crevettes de saumure); vers de vase congelés, daphnies et crevettes.

Peut en venir à accepter des aliments secs préparés tels que des granules de cichlidés coulants.

Il est préférable de les nourrir selon un emploi du temps bien espacé : une distribution de nourriture une fois le matin puis le soir en se rappelant que la suralimentation est une erreur courante.

Il faut s’abstenir de cela car cela peut entraîner des problèmes de santé.

Une nutrition optimale est un aspect essentiel des soins aux cichlidés en damier, il ne faut donc pas le négliger.

Pratiquement, une alimentation équilibrée améliore leur santé globale et rehausse leurs couleurs.

Une dernière remarque : Il est prudent de bien observer ces poissons pendant qu’ils se nourrissent.

Cela de vérifier leur santé et leur vigueur et de repérer rapidement tout signe de maladie.

L’heure du repas peut aussi servir de temps de rapprochement, améliorant les interactions entre propriétaires.

Une attention particulière à l’environnement et l’alimentation de de ces cichlidés contribueront de manière significative à leur longévité et à leur vitalité.

En termes d’alimentation, il est recommandé de donner des flocons ou des granulés de cichlidés de bonne qualité comme aliment de base.

Variez l’alimentation avec des aliments congelés et vivants, et ajoutez une composante végétale tels que des pastilles d’algues ou des flocons de spiruline.

Des soins réguliers et attentifs garantiront une vie saine et dynamique à ces poissons.

AQUARIUM

Dans un aquarium communautaire, ce cichlidé damier, accompagné de nombreux tétra cardinaux et d’autres espèces adaptées à une eau douce et acide à faible pH.

En privilégiant une cohabitation pacifique, Crenicara sera utilisé comme poisson central, élément phare, dictant l’agencement de l’aquarium pour recréer son habitat amazonien, avec une végétation luxuriante créant un environnement naturel.

CONFIGURATION DE L’AQUARIUM

Informations générales pour l’aquarium

Les Crenicara sont faciles à maintenir à condition de leur offrir une eau très douce et acide qui servira aussi pour leur reproduction.

Les paramètres d’eau optimaux sont une eau douce et légèrement acide avec les caractéristiques suivantes :

  • Température : 23°C – 26°C ;
  • pH : 6,0 à 7,1 ;
  • Dureté totale : 1-5°dH ;
  • Zone de vie : Milieu et fond ;
  • Taille de l’aquarium : à partir d’environ… 100 centimètres de longueur.

Taille de l’aquarium

Pour maintenir ces poissons d’aquarium d’Amérique du Sud, qui atteignent une taille maximale de 9 centimètres, dans des conditions optimales, un aquarium d’un volume minimum de 160 litres et d’une hauteur minimale de 100 centimètres est recommandé.

Il est recommandé de maintenir des groupes de 4 à 5 individus dans un aquarium de 150-160 litres ou plus avec des plantes abondantes et de nombreux abris pour cacher et faire des zones d’ombres avec des racines et des roches.

Le substrat de l’aquarium doit être composé de sable ou de gravier fin.

Un substrat de très petit gravier ou de sable est préféré, car le poisson aime « mâcher le sable ».

Le pH doit se situer entre 6 et 7, la dureté totale entre 1 et 5°dGH et la température de l’eau entre 22 et 26°C.

Dans la nature, Crenicara latruncularium se nourrit d’insectes, de larves d’insectes et de petits crustacés.

Son alimentation doit donc être riche en protéines, avec une forte proportion de nourriture vivante et congelée.

Le nitrate doit être maintenu bas, ce qui se produira avec les plantes vivantes et les changements d’eau hebdomadaires partiels réguliers.

Ces poissons sont très sensibles aux produits chimiques et les médicaments doivent donc être utilisés avec parcimonie.

La stabilité de l’eau est cruciale.

Entretien

Le substrat doit être constitué d’une couche de sable ou de gravier fin de quelques centimètres d’épaisseur.

Ces poissons étant généralement assez timides, ils ont besoin de nombreuses cachettes.

Nous recommandons d’ajouter des cachettes telles que du bois flotté, des pots de fleurs retournés, des coquilles de noix de coco (avec des trous de la taille d’une noix) ou des roches.

DECOR & AQUARIUM BIOTOPE

La décoration de leur aquarium sera composée d’une végétation abondante, des racines et des rondins formant de nombreux abris à cacher.

Un aquarium de 150 litres (ou plus) toujours richement planté et offrira de nombreuses cachettes pour la ponte et la vie normale de ces cichlidés

Un décors composé de racines et des roches fait notamment des racines et une végétation dense en arrière-plan, est idéal pour la maintenance de ce cichlidé car il apporte des cachettes.

La présence de branches mortes est indispensable et il est toutefois indispensable de leur laisser un espace de nage dégagé.

Ces poissons sont sédentaires et passent la majeure partie de leur temps sous les branches ou dans les anfractuosités rocheuses.

Un bac biotope pour ce poisson pourrait s’inspirer du Rio Mamore qui est l’un des fleuves les plus diversifiés de Bolivie et l’un des plus grands affluents de l’Amazone.

Un très bel exemple de bac biotope !

L’environnement de la rivière Mamore est clairement divisé :

  • sur les rivières blanches, sur les rivières transparentes, les eaux sont « claires » ;
  • sur les rives du Rio Itenez et sur les zones intermédiaires où les eaux mixtes alimentent de petits ruisseaux sinueux dans les forêts environnantes, les eaux sont « cristallines ».

Il existe aussi des zones végétales,  savanes et lagunes, qui, selon le niveau d’eau, peuvent être inondées de façon saisonnière.

La grande diversité des espèces animales et végétales rend la rivière Mamore très intéressante pour l’observation sous-marine.

Dans la région de Mamore, plusieurs espèces de poissons ont été observées, notamment :

  • Aphyocharax spp. ;
  • Gymnocorymbus ternetzi ;
  • Gymnocorymbus thayeri ;
  • Hemigrammus spp. ;
  • Hyphessobrycon spp. ;
  • Moenkhausia spp. ;
  • Corydoras spp. ;
  • Mikrogeophagus altispinosus ;
  • Apistogramma linkei ;
  • Apistogramma erthura :
  • Loricaria spp. ;
  • Loricariichthys sp. ;
  • …et bien d’autres.

Description du paysage sous-marin du biotope

Le biotope du petit ruisseau forestier se caractérise par un fond sablonneux avec une quantité importante de feuilles tombées des arbres suspendus à proximité.

Les racines des arbres complètent la composition avec la végétation locale actuelle.

La couleur de l’eau reste du thé mal infusé, contenant de petites quantités de tanins.

On peut aussi remarquer les rayons du soleil perçant la cime des arbres, que j’ai essayé d’imiter.

Description des paramètres de l’habitat

L’eau est légèrement brune, comme un thé mal préparé.

Par exemple, dans le Rio Guaporé qui abrite une flore et une faune résolument tropicales, grâce également à son débit considérable qui lui permet de maintenir une température relativement stable, rarement en dessous de 20 °C.

La rivière se caractérise partout par une eau particulièrement douce (dKH et dGH toutes deux inférieures à 1° !) Et légèrement acides (pH autour de 6,5), classables comme oligotrophes, c’est-à-dire relativement pauvres en nutriments dissous.

En effet, les nitrates et phosphates sont presque non mesurables avec des tests courants en aquarium.

Le fond de la rivière est constitué de longues étendues de sable blanc et plutôt fin de quartz, mélangé à de la boue et de l’argile le long des berges plus calmes et marécageuses.

L’eau est généralement claire sauf pendant la période des pluies, lorsque le Rio Guaporé déborde particulièrement dans la partie supérieure, formant de nombreux cours d’eau secondaires et bassins, des biotopes très intéressants riches en organismes d’aquarium.

Les paramètres moyens de l’eau dépendent de la saison et varient entre :

  • Température variant de 21 à 28°C ;
  • pH entre 6,6 jusqu’à 7,2 ;
  • Conductivité allant de 110 à 220 μS/cm.

SUBSTRAT

Le substrat sera de petite granulométrie, donc fin et si possible de couleur foncée.

A défaut, ce substrat doit être composé de sable fin par endroits, complété par une végétation dense.

Cette espèce a le comportement particulier d’aimer mâcher le sable, il faut donc en faire la maintenance dans un bac avec un substrat de petite granulométrie.

L’aquarium doit donc être relativement densément planté.

Pour mieux imiter le substrat originel du biotope d’origine de cette espèce, il est possible d’ajouter des feuilles mortes et des branches sur le substrat.

PLANTES

C’est une espèce très timide et devrait être logée dans un aquarium bien planté avec beaucoup de cachettes en bois de tourbière.

Des plantes flottantes doivent être incluses pour ombrager la lumière, car ce poisson n’apprécie pas la lumière vive ou l’eau libre.

Une plantation dense est fortement recommandée.

Des plantes sont disposées le long de la paroi du fond de l’aquarium.

La plupart des cichlidés nains préférant une lumière tamisée, il est possible d’ajouter quelques plantes flottantes, comme la fougère de Sumatra.

Liste des plantes présentes dans le biotope naturel

⇒ Plantes flottantes :
  • Salvinia minima ;
  • Eichhomia crassipes ;
  • Pistia stratioides ;
  • Limnobium laevigarum ;
  • Lemnaceae ;
  • Eichhomia azurea.
⇒ Autres plantes
  • Ceratopteris pteridioides ;
  • Azolla filiculoides ;
  • Hydrocotyle ranunculoides ;
  • Phyllanthus jluitans ;
  • Limnocharis flava ;
  • Alternanthera aquatica ;
  • Bacopa monnieri ;
  • Echinodorus grandiflorus ;
  • Gymnocoronis spilanthoides ;
  • Echinodorus paniculatus ;
  • Ludwigia inclinata.

ECLAIRAGE

Un éclairage fort sur la totalité de l‘aquarium doit être évité.

Un tel éclairage demeure possible à condition d’aménager des zones d’ombres pour ces poissons.

Un éclairage tamisé est également recommandé et si possible, l’aquarium doit être maintenu dans une obscurité relative et le recours aux plantes flottantes est donc idéale pour y parvenir facilement.

Un éclairage tamisé est idéal pour leur bien-être, bien qu’une lumière légèrement plus vive puisse être utilisée si elle est diffusée par les plantes.

FILTRATION

La filtration sur tourbe est optimale et l’eau doit être changée régulièrement.

Un filtre interne à faible puissance, créant un léger courant, et un compresseur d’air sont nécessaires.

Il est essentiel de faire des changements d’eau réguliers toutes les deux semaines, en remplaçant environ 30 % de l’eau du réservoir.

Soins

Ces tâches mensuelles incluent un nettoyage approfondi de l’aquarium avec le siphonage des détritus qui auraient pu s’accumuler.

Changement d’eau une fois par semaine à raison de 10 % du volume du bac avec introduction d’eau d’osmose inverse.

PARTENAIRES

Il est conseillé de les maintenir en harem, c’est-à-dire avec un mâle et plusieurs femelles.

Les cichlidés nains étant assez timides, il est fortement recommandé de les maintenir avec d’autres poissons paisibles.

Si le choix se porte sur des cichlidés, il est possible de choisir une ou plusieurs espèces d’Apistogramma et /ou d’autres poissons ayant des exigences similaires en matière d’aquarium.

Un banc de petits tétras peut aussi convenir afin qu’ils se sentent plus en sécurité et soient plus facilement observables.

Les Corydoras, Tétras, Néons…et d’autres espèces peuvent y vivre car ces cichlidés sont parfaitement paisibles.

REPRODUCTION

GENERALITES

Les cichlidés de ce genre sont ovipares qui se reproduisent dans les ruisseaux forestiers et sur les rives sablonneuses des rivières, souvent près des feuilles mortes ou parmi les plantes.

Mode opératoire fonctionnel : Poisson polygame à ponte ouverte (feuille d’Echinodorus) ou dans des grottes.

Comme Crenicara punctulatum, Crenicara latruncularium est une espèce polygame à ponte sur substrat.

Le site de ponte de prédilection est très souvent une grande feuille robuste : Ils choisissent généralement les feuilles d’Echinodorus (Echinodorus spp.) et comme la plupart des cichlidés à incubation ouverte, ces poissons déposent leurs œufs sur une surface verticale.

Autre particularité, les Crenicara se reproduisent librement au sein d’une famille maternelle : L’espèce forme des harems ouverts ou les mâles s’accouplent avec plusieurs femelles et défendent leur territoire, tandis que les femelles prennent soin des œufs et des alevins.

Comme les femelles pondent généralement leurs œufs sur des surfaces horizontales telles que des feuilles de plantes, l’aquarium de reproduction doit contenir des plantes aquatiques à grandes feuilles comme des Echinodorus ou des Anubias.

Ces poissons sont polygames et se reproduisent sur un substrat dégagé.

Après la ponte, le mâle est vigoureusement chassé par la femelle et la femelle, seule, s’occupe des œufs et des alevins.

Le mâle sert uniquement de reproducteur, s’accouplant à plusieurs femelles selon une organisation semblable à un harem.

Les paramètres optimaux de l’eau pour la reproduction de ces poissons sont :

  • une température de 24°C ;
  • un pH de 6,5 ;
  • une dureté totale (dGH) inférieure à 5.

Pendant la période de reproduction, les deux lignes discontinues de chaque côté fusionnent, formant deux lignes continues chez les femelles.

Les femelles reproductrices pondent environ 200 œufs qu’elles attachent à des plantes ou à des pierres et, de plus s’occupent seules de la couvée.

Une fois les alevins éclos, elle les transfère dans un bac à sable qu’elle aura préparé au préalable.

Les œufs éclosent en trois jours et les larves commencent à nager dans les quatre à cinq jours suivants.

Les soins parentaux sont entièrement assurés par la femelle car après la ponte, la femelle chasse les mâles.

Les œufs éclosent en trois jours environ et les alevins nagent librement quatre ou cinq jours après.

Une fois les œufs éclos, la femelle fait des trous dans le substrat et déplace les alevins vers ces trous et elle continuera à prendre soin d’eux sans laisser l’occasion au mâle ou à tout autre mâle de s’approcher.

La femelle garde les œufs tandis que le mâle défend le territoire.

Une fois que les alevins nagent librement, au bout d’une semaine environ, ils peuvent être nourris avec des naupliies d’artémias.

Comme chez Crenicara punctulatum, le sex-ratio est très déséquilibré, avec seulement un mâle pour 10 à 20 femelles.

Dès la ponte et la fécondation des œufs terminée, le mâle doit être retiré car il peut attaquer aux larves quand elles commencent à nager ou tout simplement $être attaqué par la femelle.

Cycle de vie et comportement d’accouplement

En effet, tous les nouveau-nés sont des femelles, facilement identifiables à leurs nageoires ventrales orange vif lorsqu’elles sont en période de reproduction.

Vers l’âge de 8 mois, une femelle devient un mâle dominant (Réf. 42575).

En l’absence de mâle dans l’aquarium, la femelle dominante peut se transformer d’une femelle fonctionnelle en un mâle fonctionnel.

Ce phénomène, très fréquent chez les poissons coralliens marins, est connu sous le nom d’« hermaphrodisme protogène ».

L’hermaphrodisme est une forme de reproduction sexuée, dans lequel l’individu est morphologiquement mâle et femelle, soit alternativement soit simultanément.

RAPPPEL : Plusieurs types d’hermaphrodisme

1.       Hermaphrodisme simultané

L’individu peut produire simultanément des gamètes mâles et femelles.

On peut assister alors à une autofécondation, plutôt rare car cela ne favorise pas le brassage génétique.

Les éléments mâles et femelles peuvent être bien différenciés dans deux organes différents, ou mélangés dans une même glande : l’ovotestis[1].

2.       Hermaphrodisme successif ou séquentiel

Il s’agit dans ce cas d’un organisme pouvant changer de sexe au cours de son existence.

Généralement, il ne peut le faire qu’à une seule reprise (bien qu’il y ait des exceptions).

Le changement de sexe, qui s’accompagne d’un changement de comportement et parfois de livrée, peut être programmé génétiquement et lié à l’âge de l’individu.

Les facteurs environnementaux peuvent dans certains cas provoquer le changement de sexe.

⇒ Dans le cas d’un changement « Mâle puis Femelle », on parle alors de protérandrie ou protandrie.

L’avantage de la protandrie est basé sur le principe qu’au plus une femelle aura une taille imposante, au plus elle produira d’œufs, augmentant ainsi les chances de survie de l’espèce.

Le temps est donc mis à profit pour qu’un individu profite de sa taille plus réduite pour l’activité de fécondation et ainsi ne changer de sexe que lorsqu’il aura atteint une taille suffisante pour pouvoir pondre un grand nombre d’œufs.

⇒ Dans le cas d’un changement « Femelle puis Mâle », on parle alors de protérogynie ou protogynie :

La protogynie : L’individu naît d’abord femelle avant de se transformer en mâle.

L’avantage est que lorsqu’il existe une forte compétition entre mâles, seuls les plus grands et les plus puissants seront amenés à se reproduire et ainsi, les gènes les plus forts seront transmis.

Lorsque l’individu est de plus petite taille, il vaut donc mieux qu’il se reproduise en tant que femelle.

Une autre théorie soutient que plus le mâle est puissant, plus il sera à même de défendre et monopoliser le lieu de ponte.

Ainsi, les mâles les plus grands et dominants auront le plus de probabilité de se reproduire.

3.       Hermaphrodisme juvénile précoce :

Il s’agit d’espèces gonochoriques adultes qui ont une phase hermaphrodite et sans production de gamètes lors de leur développement.

La larve ou l’embryon n’a pas de sexe prédéterminé, et peut évoluer vers un adulte mâle ou femelle selon des paramètres environnementaux.

Comportement reproductif

Comme Crenicara punctulatum, Crenicara latruncularium est une espèce polygyne qui pond sur un substrat.

Les observations en aquarium ont montré que le mâle défend un territoire comprenant plusieurs sites de ponte potentiels.

Chacun de ces sites peut servir de point de ralliement à un petit territoire occupé par une femelle.

Après la ponte, la femelle chasse énergiquement le mâle des abords du site de ponte.

AVANT LA REPRODUCTION

Formation d’un couple reproducteur

La technique est un peu toujours la même et consiste à disposer d’un groupe de jeunes poissons à faire grandir ensemble parmi les lesquels, un ou plusieurs couples se formeront.

Cependant, rien ne laisse supposer qu’un mâle et une femelle introduit dans le même bac ne finiront pas par s’accoupler et se reproduire !

Préparation du bac

Les Crenicara sont faciles d’entretien, mais pour la reproduction, ils nécessitent une eau très douce et acide.

Pour maintenir Crenicara latruncularium dans des conditions aussi proches que possible de son habitat naturel, nous recommandons de créer l’environnement suivant.

  • Le substrat doit être composé de sable fin, au moins en partie ;
  • Une végétation dense est fortement recommandée ;
  • Température de l’eau : 22 à 26°C ;
  • pH : 6,0 à 7,0 ;
  • Dureté totale : 1 à 5 °dGH ;
  • Volume minimal de l’aquarium : 160 litres

Il faut noter que la taille minimale de l’aquarium indiquée peut ne pas suffire à créer des conditions optimales, qui ne sont généralement possibles que dans des aquariums beaucoup plus grands.

L’aquarium de reproduction doit être aménagé avec de grosses pierres et des plantes à larges feuilles.

Conditionnement des reproducteurs

L’eau de l’aquarium de reproduction doit être douce et acide (pH et dureté totale inférieurs à 7, température de 25 à 26°C) pour assurer le bon développement des alevins.

Parade nuptiale

Pas d’information : A compléter.

Prémices

Pendant la saison de reproduction, les deux lignes pointillées de chaque côté se rejoignent pour former deux lignes continues chez les femelles.

Pendant la saison de reproduction, les deux lignes discontinues de chaque côté des femelles fusionnent en deux lignes continues.

PENDANT LA REPRODUCTION

Ponte

La femelle pond et fixe environ 200 œufs sur des plantes ou des pierres et prend soin de la ponte.

Comme la plupart des cichlidés à incubation ouverte, ces poissons déposent leurs œufs sur une surface verticale.

Le site de ponte de prédilection est une grande feuille robuste.

Période d’incubation & Eclosion

Le mâle sert uniquement de fécondant et s’accouple avec plusieurs femelles, formant une sorte de harem.

Après la ponte, il est vigoureusement chassé par la femelle.

À 27°C, l’éclosion a lieu environ trois jours après la ponte.

La femelle prend soin des œufs et, une fois éclos, elle creuse des trous dans le substrat en prévision d’y déposer les alevins.

Après l’éclosion, la femelle déplace régulièrement les larves dans une fosse peu profonde préalablement préparée.

Nage libre des alevins

Après 4-5 jours consacrés à l’ingestion de leur sac vitellin, les larves atteignent le stade de la natation.

Garde parentale

Des observations en aquarium ont montré que le mâle défend un territoire comprenant plusieurs sites de ponte potentiels.

Chacun de ces sites peut servir de point de ralliement à un petit territoire occupé par une femelle.

Pourtant, après la ponte, c’est la femelle qui prend en charge les soins aux alevins, et qui, notamment, assurera le transfert des larves nouvellement écloses dans une aspérité creusée dans le sable et préparée, par elle-même à cet effet.

La femelle garde les œufs et, une fois éclos, elle creuse des trous dans le substrat et y transfère les alevins, continuant à s’en occuper et empêchant le mâle de s’approcher.

Les femelles sont des mères attentives et vaillantes qui gardent les larves et se jetteront sans crainte sur tous les poissons qui empiètent sur leurs territoires, y compris les mâles.

Sans cesse, une femelle continue de s’occuper du couvain puis des larves en évitant le mâle.

Les soins parentaux sont donc exclusivement maternels chez cette espèce, bien que le mâle puisse y contribuer indirectement en défendant le territoire de ponte.

Pour trouver refuge, les alevins choisissent généralement les feuilles d’Echinodorus (Echinodorus spp.).

Première alimentation des alevins

Les alevins peuvent être nourris avec des naupliies d’Artémias nouvellement écloses, puis progressivement, en fonction de la croissance et de la taille des alevins, il sera possible de faire évoluer leur alimentation avec des distributions d’aliments du commerce de l’aquariophilie, spécialisés pour cichlidés adultes à mesure qu’ils grandissent.

Un ovotestis (de ovum, œuf, et testiculus, testicule) est une gonade ayant à la fois les caractéristiques d’un testicule et d’un ovaire.

Chez l’être humain, les ovotestis sont une variation anatomique peu fréquente associée à la dysgénésie gonadique, qui est une forme d’intersexuation.

Chez les invertébrés qui sont naturellement hermaphrodites, tels que certains gastéropodes, l’ovotestis est un organe commun de l’anatomie reproductive.

ELEVAGE

Peu de données sont connue sur l’élevage de ce cichlidé qui relève plus d’une affaire de passionné que de professionnels.

CONSERVATION

INTRODUCTION EN DEHORS SON BIOTOPE

Sans objet.

ACTIONS DE CONSERVATION

Aucune information n’est disponible concernant les mesures de conservation mises en place ou recommandées pour cette espèce.

USAGES HUMAINS

Aquariophilie : Très peu d’aquariophiles connaissent cette espèce qui par ailleurs est quasi-introuvable dans le commerce et fait l’ojet d’une diffusion très restreinte dans les clubs et chez les amateurs spécialisés de cichlidés.

MENACE POUR LES HUMAINS

Sans danger : Sans objet.

MARCHE AQUARIOPHILE

Première importation : Sa première importation a eu lieu en Allemagne en 1987 par W. STAECK.

Crenicara punctulatum et Crenicara latruncularium sont extrêmement rares dans le commerce des poissons d’ornement, bien qu’elles soient relativement communes à l’état sauvage.

Bien qu’elles soient relativement communes à l’état sauvage, ces deux espèces sont considérées comme extrêmement rares dans le commerce.

En outre, leur élevage est cependant laborieux (surtout pour les alevins) et peu rentable.

Les poissons importés par AQUARIUM GLASER proviennent du Brésil.

Ceci est dû en partie au fait que leur reproduction est très laborieuse.

Les espèces de Crenicara sont extrêmement rares dans le commerce des poissons d’ornement, bien qu’elles soient loin d’être rares dans la nature.

Cependant, leur reproduction est coûteuse (surtout leur élevage) et peu rentable.

Comme les Crenicara vivent individuellement et sont très timides, leur capture est difficile et peu fructueuse.

Dans l’aquarium du vendeur, les Crenicara latruncularium peuvent apparaitre comme pâles, ils sont aussi discrets et souvent se montrent peu visibles…autant de critères qui ne plaident pas en leur faveur pour un achat !

Il est également normal pour ces poissons de porter leur nageoire dorsale près du corps.

De nombreux aquariophiles trouvent cela inesthétique ou pensent que c’est le signe d’un malaise ou d’une maladie. Mais ce n’est pas le cas.

Bien qu’elles soient relativement communes à l’état sauvage, ces deux espèces sont considérées comme extrêmement rares dans le commerce.

Ceci est dû en partie au fait que leur reproduction est très exigeante.

Soyez prudent lors de l’achat d’un poisson portant ce nom, surtout s’il est expédié d’une animalerie à votre domicile, car le Cichlidé à damier (Crenicara punctulata) et les poissons du genre Dicrossus sont également souvent vendus sous cette appellation.

STATUT DE CONSERVATION

Statut IUCN

Statut dans la liste rouge de l’IUCN ► Référence : 120744

Crenicara latruncularium a été évalué pour la dernière fois en 2020 dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN.

Crenicara latruncularium est classé comme espèce de préoccupation mineure.

Justification

Bien que peu d’informations soient disponibles sur cette espèce, elle est classée comme de préoccupation mineure en raison de sa vaste répartition géographique.

Description de la gamme

L’espèce est présente dans le bassin du fleuve Amazone, dans les bassins versants de Guaporé et de Mamoré, en Bolivie et au Brésil (FROESE & PAULY, 2019).

Description de la population

Aucune information n’est disponible concernant les paramètres de population.

Menaces

On ne dispose d’aucune information concernant les menaces qui pèsent sur cette espèce.

Utilisation et échange

Aucune information n’est disponible concernant l’utilisation ou le commerce de ces espèces.

FishBase

https://www.fishbase.se/summary/Crenicara-latruncularium

CITES

Aucune réglementation CITES de Species+ n’a été trouvée pour cette espèce.

 

CMS

Non évalué.

MALADIES

Maladies courantes chez ces cichlidés (Cichlidae) :

Hypoeste infectieuse

Lors de l’hydropisie infectieuse, l’abdomen du poisson atteint est extrêmement gonflé, les excréments sont clairs et glaireux, et l’anus est enflammé.

Columnaris (pourriture de la bouche ou des nageoires)

Comme son nom allemand l’indique, des taches blanches laiteuses (semblables à de la moisissure) se forment sur les nageoires, le bord des écailles et autour de la bouche.

REFERENCES

« Crenicara latruncularium » (en anglais). Base de poisson. FROESE, RAINER ; PAULY, DANIEL (éd.).

KULLANDER, SO, 2003. Cichlidae (Cichlidés). p. 605-654. SONT. Reis, S.O. KULLANDER et Crenicara.

  1. FERRARIS, Jr. (éd.) Liste de contrôle des poissons d’eau douce d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale. Porto Alegre : EDIPUCRS, Brésil.

DYER, BS, 2003. Atherinidae (Silversides). p. 513-514. SONT.

REIS, S.O. KULLANDER et CrenicaraJ. Ferraris, Jr. (éd.) Liste de contrôle des poissons d’eau douce d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale. Porto Alegre : EDIPUCRS, Brésil.

CARRUTH, LAURA L. (2000), « Le cichlidé d’eau douce est un hermaphrodite séquentiel protogyne », Copeia , 2000 (1), pp. 71-82.

KULLANDER, Sven O. (1986), Cichlid fishes of the Amazon River drainage of Peru, Musée suédois d’histoire naturelle, p. 140.

KULLANDER, SO (1990), « Mazarunia mazarunii (Teleostei: Cichlidae), un nouveau genre et une nouvelle espèce de Guyane, en Amérique du Sud», Ichthyological Exploration of Freshwater 1 (1), pp. 3-14.

SCHINDLER, INGO ET W. STAECK (2008),  » Dicrossus gladicauda sp.n .– une nouvelle espèce de cichlidés nains crénicarins (Téléostéi: Perciformes: Cichlidae) de Colombie, Amérique du Sud,  » Vertebrate Zoology 58 (1), pp. 67-73.

https://www.tropicalfishkeeping.com/south-american/checkerboard-cichlid-189209/#ixzz68aUn45su

BIBLIOGRAPHIE DE LA LISTE ROUGE

FRICKE, R., ESCHMEYER, W.N. & VAN DER LAAN, R. (éd.). 2023. Catalogue des poissons d’Eschmeyer : genres, espèces, références. Mise à jour : 11 janvier 2023. Disponible à l’adresse :

www.iucnredlist.org . (Consulté le 7 décembre 2023).

KULLANDER, SO 2003. Cichlidae (Cichlidés). Dans : RE Reis, SO KULLANDER et CJ FERRARIS, Jr. (éd.), Liste de contrôle des poissons d’eau douce d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale , pp. 605-654. Porto Alegre : EDIPUCRS, Brésil.

BIBLIOGRAPHIE

AXELROD, H. R. Le lexique en couleurs le plus complet des cichlidés : tous les cichlidés connus illustrés en couleurs (en anglais). 2e édition. TFH Publications, 1993. ISBN 9780793800261.

AXELROD, HERBERT RICHARD (1996) : Poissons tropicaux exotiques. T.F.H. Publications. ISBN 0-87666-543-1.

ESCHMEYER, W. N. Genres de poissons récents (en anglais). iii + 697. California Academy of Sciences, 1990. ISBN 0-940228-23-8.

ESCHMEYER, W. N. Catalogue des poissons (en anglais). California Academy of Sciences, 1998. ISBN 978-0-940228-47-4. Goldstein, Robert J. Cichlidés du monde (en anglais). Neptune City, NJ : TFH Publications, 1988. ISBN 9780866228930.

HELFMAN, G. S. ; COLLETTE, B. B. ; FACEY, Dicrossus E. La diversité des poissons (en anglais). Blackwell Science, 1997. ISBN 9780865422568.

MOYLE, P. ; Cech, J. Poissons : Introduction à l’ichtyologie (en anglais). 4e édition. Prentice Hall, 2000. ISBN 9780130112828.

NELSON, J. S. Poissons du monde (en anglais). 3e édition. Wiley, 1994. ISBN 978-0-471-54713-6.

RIEHL, R. ET H.A. BAENSCH, 1996. Atlas des aquariums, tome 1. 10e édition. Mergus Verlag GmbH, Melle, Allemagne. 992 p.

RÖMER U. : Atlas des cichlidés, tome 1. Buy. 1311 p. 1998.

WHEELER, A. L’Encyclopédie mondiale des poissons (en anglais). 2e édition. Macdonald, 1985. ISBN 978-0356107158.

Sources de taxonomie

FRICKE, R., ESCHMEYER, W. N. & VAN DER LAAN, R. (eds) 2025. Eschmeyer’s Catalog of Fishes: Genera, Species, References. http://researcharchive.calacademy.org/research/ichthyology/catalog/fishcatmain.aspLINK

VAN DER LAAN, R., FRICKE, R., ESCHMEYER, W. N. (eds) 2025. Eschmeyer’s Catalog of Fishes: Classification. California Academy of Sciences. https://www.calacademy.org/scientists/catalog-of-fishes-classification

LINK

KULLANDER, SO & STAECK, W. 1990.Crenicara latruncularium(Teleostei, Cichlidae), une nouvelle espèce de cichlidés du Brésil et de Bolivie. Cybium 14 (2): 161-173.

Crenicara latruncularium in Catalogue of Fishes, ESCHMEYER, WN , FRICKE, R. & VAN DER LAAN, R. (eds.) 2019. Catalogue of Fishes version électronique.

LEXIQUE

[1] Le supracleithrum est l’os le plus dorsal de la cavité abdominale des poissons osseux, souvent articulé avec l’os post-temporal de la boîte crânienne.

[2] Guajará-Mirim est une municipalité de l’État brésilien de Rondônia.

Elle est située à une altitude de 128 mètres.

Sa population était de 46 556 habitants (2020) et sa superficie est de 24 856 km². Guajará-Mirim se trouve le long de la rivière Mamoré, juste de l’autre côté de la ville frontalière bolivienne de Guayaramerín.

C’était autrefois le terminus sud de l’Estrada de Ferro Madeira-Mamoré (le chemin de fer Madère-Mamoré), inaugurée en 1912.

C’est le siège du diocèse catholique romain de Guajará-Mirim.

[3] L’allopatrie est l’isolement géographique de deux populations d’une même espèce. Cet isolement géographique se traduit par un isolement reproductif.

Par conséquent, il n’existe plus de flux génétiques entre les deux populations allopatriques et chacune peut évoluer de son côté.

[4] Le río Guaporé est une grande rivière frontalière de Bolivie et du Brésil, et l’affluent principal du Mamoré.

En Bolivie on l’appelle río Iténez.

Son bassin est plus vaste que la moitié de la France.

[5] Le rio Madeira ou río Madera est un cours d’eau majeur de l’Amérique du Sud.

Sa longueur totale est de 4 207 km, formateurs et bras secondaires compris.

C’est le plus long affluent de l’Amazone et le seul qui reçoive les eaux issues de la partie de la cordillère des Andes située dans l’hémisphère sud. « Madeira », qui signifie ‘bois’ en portugais, se dit « madera » en espagnol.

De ce fait, on trouve l’un ou l’autre nom au long de son parcours.

Son bassin de 1 420 000 km2, réparti sur le Brésil, la Bolivie et le Pérou, lui donne un débit de plus ou moins 32 000 m3/s, soit deux fois plus que le Mississippi ou le Gange.

S’il n’était pas un affluent, il serait considéré par son débit comme le 6e fleuve du monde après l’Amazone (209 000 m3/s), le Congo (41 000 m3/s), le système Gange-Brahmapoutre-Meghna (41 000 m3/s), l’Orénoque (37 000 m3/s), et le Yangzi Jiang (34 000 m3/s).

[6] Le río Chapare est un cours d’eau de Bolivie branche mère du río Mamoré après confluence avec le rio Mamorecillo (lui-même formé par le rio Ichilo et le rio Chimoré), donc un sous-affluent de l’Amazone par le río Mamoré puis le rio Madeira.

[7] Le fleuve Machupo est un fleuve du département de Beni, en Bolivie, un affluent de l’ Amazone.

Il prend sa source dans les contreforts des Andes et coule vers l’est et le nord-est dans le fleuve Guaporé (Rio Itenez) juste à l’est de Forte Principe da Beira

[8] Un ovotestis (de ovum, œuf, et testiculus, testicule) est une gonade ayant à la fois les caractéristiques d’un testicule et d’un ovaire.

Chez l’être humain, les ovotestis sont une variation anatomique peu fréquente associée à la dysgénésie gonadique, qui est une forme d’intersexuation.

Chez les invertébrés qui sont naturellement hermaphrodites, tels que certains gastéropodes, l’ovotestis est un organe commun de l’anatomie reproductive.