Quelles nourritures pour nos poissons ?

La qualité de la nourriture des poissons est un point fondamental : elle les stimule et leur apporte des nutriments essentiels. Il est donc nécessaire que vos poissons aient une nourriture la plus variée possible.

Le but de cette fiche est de vous donner une idée des différentes nourritures que vous pouvez procurer à vos poissons et les différents avantages des unes et des autres.

 

La nourriture sèche

La nourriture déshydratée est facile à stocker et à distribuer. Elle ne convient pas forcément à tous les poissons mais pour ce qui est des poissons conseillés aux débutants, elle convient parfaitement.

Néanmoins beaucoup de poissons ont besoin d’une alimentation complémentaire, plus variée et riche.

La nourriture déshydratée est pratique mais fragile. Evitez de la ranger dans un endroit humide, lumineux et chaud. Fermez bien le couvercle hermétiquement après usage. On la trouve sous différentes formes : flocons, granulés, comprimés.

Vous devez utiliser la forme qui convient le mieux aux poissons de votre aquarium. Les flocons sont principalement réservés aux poissons qui mangent en surface, les granulés sont adaptés pour les poissons de fond et les comprimés peuvent être collés sur les parois de l’aquarium, ainsi les poissons « du milieu » peuvent se nourrir également.

Il existe dans le commerce de petites bêtes déshydratées, comme les daphnies séchées, qui complètent les possibilités de nourriture.

La nourriture surgelée

Nous trouvons facilement dans les bons magasins d’aquariophilie un congélateur avec différentes préparations surgelées. Cela peut être un mélange pour un type de poisson donné (exemple de la photo : mélange pour les poissons du Malawi) ou des bestioles surgelées.

Les plus intéressantes sont encore celles qui offrent une palette de mets variés dans le même blister comme des artémias, ver de vase, … Cette nourriture constitue un bon complément aux nourritures déshydratées. Vous pouvez donner des flocons la semaine et le week-end, variez l’alimentation avec de la nourriture surgelée.

La nourriture surgelée ne peut pas être mise directement congelée dans le bac. Le liquide congelé contenu dans cette nourriture est souvent fortement pollué et les poissons voraces avalent des morceaux encore congelés qui peuvent endommager leur estomac.

Il est donc indispensable de décongeler et de rincer la nourriture avant la distribution.

Pour gagner du temps, équipez-vous d’une passoire à thé (que vous réserverez à cet usage). Mettez dans la passoire le cube congelé de nourriture et passez l’ensemble sous l’eau claire et un peu tiède.

L’opération décongèle et nettoie rapidement la nourriture sans en perdre les valeurs nutritives et gustatives !

 

La nourriture vivante

Si certains poissons acceptent sans problème de la nourriture sèche (ou surgelée) d’autres poissons ou invertébrés n’acceptent que de la nourriture vivante (ex : poisson éléphant, grenouilles, …).

Quant aux poissons qui ne sont pas difficiles du point de vue de la nourriture, ces derniers peuvent tirer un grand bénéfice d’une nourriture variée et d’un apport régulier de nourriture vivante (apports en vitamines et en oligo-éléments).

Les avantages de la nourriture fraîche sont les suivants :

  • Les aliments non-consommés ne se décomposent pas immédiatement ;
  • Le prix de revient de la nourriture vivante fabriquée soi-même est relativement réduit ;
  • Stimule les poissons et leur activité hormonale ;
  • Augmente l’appétit et facilite la digestion ;
  • Renforce les défenses immunitaires des poissons ;
  • Les poissons adorent guetter leurs proies et les saisir lorsqu’elles tentent de leur échapper.

Dans le cas où vous décidez de vous lancer dans l’expérience de la reproduction de poissons, vous apprendrez vite que la nourriture vivante est souvent un des facteurs déclencheur de la ponte et parfois la seule nourriture acceptée par les alevins.

Autrefois, trouver de la nourriture vivante pour ses poissons d’aquarium était un grave problème et obligeait souvent l’aquariophile à avoir un élevage personnel, chez lui, des différentes nourritures vivantes.

Aujourd’hui la nourriture surgelée et même la nourriture vivante ne sont plus un problème : tout bon magasin d’aquariophilie dispose d’un réfrigérateur et d’un congélateur dans lesquels sont proposés différentes nourritures vivantes et surgelées en blister. La très longue conservation des surgelés et la relativement longue conservation des nourritures vivantes simplifie grandement le travail de l’aquariophile. Seule la micro-nourriture vivante est difficile à trouver sauf peut-être les œufs d’artémias et leur nourriture.

Ce paragraphe donne une liste des nourritures vivantes classiques et indique (lorsque c’est possible) comment les produire directement à la maison… Commençons par la base :

  

Le phytoplancton

Le phytoplancton est le premier maillon de la chaîne alimentaire de la vie. Nous ne pouvons pas le voir tellement il est minuscule mais c’est lui qui colore en vert (ou brun) l’eau des mares, étangs et lacs. Mais le phytoplancton n’est pas uniquement dédié à l’eau douce et il existe également dans le milieu marin. Pour vivre, se développer et prospérer, le phytoplancton a besoin de lumière et de divers sels minéraux.

Le phytoplancton n’est pas directement utile aux aquariophiles (les poissons n’en mangent pas) mais peut servir de nourriture à d’autres animaux qui eux peuvent être mangés par les poissons. Ainsi le phytoplancton est relativement indispensable à l’élevage des artémias (et du zooplancton en général).

Pour cultiver le phytoplancton, rien de plus simple : il suffit d’exposer un grand récipient d’eau au soleil et d’y ajouter quelques gouttes d’engrais liquide. Au bout de quelques jours, l’eau va prendre peu à peu une coloration verte : le phytoplancton est la !

  

Les rotifères

De fort petite taille (entre 0,05 et 0,3mm), les rotifères sont de petits animaux idéaux pour la nourriture des alevins.

L’élevage des rotifères est assez délicat. Il est parfois possible de trouver des œufs et une nourriture associée dans les commerces spécialisés. Ils s’épanouissent dans une eau de 22-23°C et se nourrissent de phytoplancton vivant ou séché.

Pour prélever les rotifères, il faut posséder un tamis très fin (mailles de 60 microns conseillées).

  

Les infusoires

Presque aussi petits que les rotifères (de 0,05 à 1mm), les infusoires sont des êtres unicellulaires à peine visibles à l’œil nu. Ils se nourrissent de bactéries et sont un met de choix pour les alevins.

La méthode classique pour les élever est la suivante : faire bouillir 10 cl d’eau dans lequel nous avons disposé une cuillère de “riz paddy” (riz entier, non-décortiqué que l’on trouve facilement au rayon bio des hyper-marchés) durant 15 minutes. Diluer le résultat obtenu avec 10 cl d’eau. Dans un tube à essai (ou une petite fiole) nous ajoutons 1 ml de vase d’aquarium ou de mare (si vous n’en avez pas utilisez juste un peu de l’eau de votre aquarium). Ensuite, fermez le tube à essai avec un petit bouchon de coton. Maintenez ce mélange à température ambiante (19 à 23°C).

Les bactéries vont se développer et l’eau va se troubler puis redevenir claire. Peu après les infusoires vont apparaître. 15 ml de cette préparation peuvent suffire à nourrir 30 alevins chaque jour.

Une autre méthode est la suivante : une soucoupe est remplie d’eau et une moustiquaire est posée dessus. Sur ce petit radeau, nous ajoutons quelques grains de riz. L’ensemble doit être disposé sous une forte lumière de manière à ce que le riz germe. La germination provoque le développement de bactéries puis l’apparition des infusoires. Pour nourrir les alevins il suffit de mettre le petit radeau dans le bac d’alevin… Des plantes de surface comme les Riccia peuvent créer sans rien faire des cultures d’infusoires.

 

 

La paramécie

La paramécie est également un infusoire minuscule (taille allant de 300 à 500 microns) qui est facilement cultivée tant que nous disposons d’une souche.

Prendre un récipient d’un demi-litre remplis d’eau de source (ou d’eau osmosée) et y verser la souche et quelques gouttes de lait. Fermer le récipient avec un gros bouchon de coton ou de mousse. Laisser reposer à température ambiante : une prolifération bactérienne va troubler l’eau. Lorsque l’eau sera redevenue claire, on ajoute de nouveau quelques gouttes de lait. Nous pouvons répéter l’opération autant de fois que nécessaire.

Au bout d’une bonne semaine la culture est prête. Le prélèvement se fait tout simplement avec une pipette.

  

Les artémias

Les artémias sont sûrement la nourriture vivante la plus connue des aquariophiles : ils sont faciles à trouver dans le commerce aquariophile sous forme vivante ou surgelée.

Ce sont de petits crustacés d’eau saumâtre visibles à l’œil nu. Leur élevage est simple si vous parvenez à vous procurer des œufs en magasin spécialisé. Les artémias sont également vendus adultes et vivants sous blister dans les réfrigérateurs des magasins d’aquariophilie.

Comment en faire l’élevage ?

Se procurer une bouteille de soda propre et vide, un tuyau d’air, un diffuseur et une pompe à air, des œufs d’artémias en magasin spécialisé (aquariophilie). Couper le cul de la bouteille de manière à ce qu’elle serve de support au reste de la bouteille (goulot en bas). Percer le bouchon en son centre d’une taille légèrement inférieure à celle du tuyau à air. Faire pénétrer le tuyau dans la bouteille bouchon fermé. Installer le diffuseur dans la bouteille (relié au tuyau à air) de sorte qu’il soit proche du goulot. Coller à la colle silicone le tuyau au bouchon. Attendre deux jours au moins que cela sèche. Remplir la bouteille d’eau avec 35g/l de sel non iodé et non fluoré. Bien dissoudre le sel. Mettre en marche la pompe à air, puis les œufs d’artémias. Attendre au moins 24 heures pour voir apparaître les bébés artémias que l’on appelle “nauplies”.

Les nauplies sont une nourriture parfaite pour les alevins. Elles peuvent être prélevées à l’aide d’un tamis très fin. Notez qu’il existe des kits dans le commerce avec le matériel et les œufs.

Il est possible de faire grossir les nauplies afin d’obtenir des artémias adultes à l’aide de nourriture spéciale en poudre fine à base de phytoplancton (vendue également en magasin spécialisé). Les kits du commerce permettant également de faire des artémias adultes ne sont, en général, pas appropriés et il est souvent plus difficile d’obtenir des artémias que de simples nauplies. Il faut un bac de 10 à 30 litres plus plat que haut dans lequel nous mettrons de l’eau de mer de préférence. Si le fond du bac est légèrement incliné, l’élimination des déchets par siphonage est facilitée. Ce bac doit être maintenu à une température autour de 28°C et bien éclairé 12 heures par jours environ. Vous pouvez alors introduire les nauplies et la nourriture (algues Liquizell, Preiss Microplan ou de la levure de boulanger non chimique). Un léger brassage de l’eau peut être utile. Avec des tamis de différente finesse, il est aisé de récolter soit des adultes (pour les poissons), soit des nauplies (pour les alevins). Pour le nettoyage du bac d’élevage, les nauplies et artémias sont facilement regroupés si le bac est placé dans l’obscurité et que l’on allume une lampe torche d’un côté du bac : ces animaux sont attirés par la lumière et cela permet de siphonner le fond sans perdre d’animaux. Le niveau d’eau doit être complété par de l’eau douce. Il est conseillé de rincer les artémias en les plongeant durant quelques minutes dans de l’eau du robinet.

Vous constaterez vous-même que une partie non négligeable des œufs ne n’éclosent pas. Plus les œufs non éclos sont nombreux, moins la qualité des œufs est bonne. Nous allons ici présenter rapidement une méthode permettant d’améliorer l’éclosion tout en gagnant du temps. Dans un récipient mettez quatre grammes d’œuf pour 100 ml d’eau. Aérez fortement les œufs avec une pompe à air durant une heure. Ajouter 100 ml d’eau de Javel et aérez encore durant au plus vingt-cinq minutes : cette opération permet de supprimer la coquille de l’œuf et ne laisse que l’embryon de couleur orange très pâle.

Vider les récipients dans un fin tamis et passez-le tout délicatement sous l’eau claire de manière à bien enlever toute trace d’eau de Javel. Utilisez la bouteille renversée avec un litre d’eau et trente grammes de sel non iodé et non fluoré. L’eau doit être idéalement à température de vingt-cinq degrés. Aérez fortement l’eau durant quinze minutes. Versez les œufs décortiqués et laissez l’aération de l’eau. Vous avez à ce stade le choix entre attendre treize heures environ que l’éclosion ait lieu ou vous préparer à congeler vos œufs décortiquer. Pour cette dernière opération, vous ne laisserez les œufs décortiqués que dix à quinze minutes dans l’eau salée. Videz le contenu de la bouteille dans un fin tamis et congelez les œufs (-5°C au moins) dans un bac à glaçon (avec des groupes d’œufs de cinq grammes). En cas de naissance non prévue, il est possible de décongeler un groupe d’œufs en le plaçant dans un peu d’eau du robinet (froide). Il suffit de tamiser le tout et de le mettre dans la fameuse bouteille d’eau d’un litre avec trente grammes de sel, etc.

  

L’anguillule du vinaigre

L’anguillule du vinaigre est un ver de quelques millimètres de long. Sa faculté de savoir nager le rend très attractif comme nourriture pour les poissons et les alevins. Il est capable de survivre durant plusieurs jours dans un aquarium : c’est une nourriture pratique lors d’un départ en week-end !

La méthode de culture est la suivante : dans un bocal fermé d’un à deux litres, réalisez un mélange de un volume de vinaigre de vin blanc, un volume demi de vin blanc et un demi-volume d’eau. Ajoutez un morceau de sucre et de petits morceaux de pomme.

Le vinaigre blanc et le vin blanc peuvent être avantageusement remplacés par du vinaigre de cidre non pasteurisé et du cidre sans bulles. Maintenir le mélange entre 15°C et 25°C (20°C est idéal). Attendez deux ou trois jours et ensemencez avec une souche existante puis fermez le bocal.

Quinze jours après vous avez un élevage d’anguillule du vinaigre parfaitement fonctionnel (rendement maximal au bout de six mois). Le prélèvement peut être fait à l’aide d’un pinceau en récupérant les vers à la limite de la surface. Vous pouvez également siphonner la surface et filtrer le tout dans un filtre à café en papier. Rincez le tout à l’eau claire.

 

Les microvers

Les microvers sont encore plus petits que les anguillules du vinaigre (de 0,4 à 1,5mm). Ils sont une bonne nourriture aussi bien pour les petits poissons que pour les alevins. Ils ne nagent pas et coulent ce qui en fait une nourriture de choix pour les poissons de fond insectivores (Corydoras par exemple). Ne pas trop en distribuer car ils meurent assez rapidement dans l’eau. Ce sont des vers vivants dans des débris de fruits et de végétaux.

Pour l’élevage de ces vers il y a deux méthodes : dans un pot de yaourt en verre (ou équivalent), mettez un à deux centimètres d’une purée de pomme de terre (à base de lait et de flocons, sans sel, œuf ou crème, etc.).

Ensemencez à l’aide d’une demi-cuillère d’une souche existante lorsque la purée est froide. Recouvrir le pot avec de la cellophane et maintenez l’ensemble aux alentours de 20°C. Le lait peut être remplacé par de l’eau, cela diminue fortement les odeurs mais diminue également le rendement… L’élevage sera prêt au bout de quelques jours (rendement maximal au bout de dix jours). Il sera alors facile de prélever les nombreux vers sur les parois à l’aide d’un pinceau. L’élevage doit être renouvelé tous les trois à quatre semaines environ, il peut donc être intéressant d’en commencer plusieurs en parallèle et en décalé…

Autre recette : prenez quatre volumes de flocons d’avoine et un volume de levure de bière auquel vous ajouterez trois volumes d’eau. Mélangez le tout et laissez cuire le tout durant deux ou trois minutes. Verser la préparation dans un bocal en verre afin d’obtenir une couche de deux à trois centimètres. Lorsque le mélange est froid vous pouvez ensemencer.

Les élevages de microvers sont sensibles aux champignons et aux acariens.

 

 

Les vers grindals

Les petits vers grindals portent le nom de l’anglaise qui les fit connaître dans les années cinquante. Ils sont une nourriture riche intéressante pour les alevins, les petits et les poissons de moyenne taille. Vous utiliserez un récipient plat muni d’un couvercle dans lequel vous pratiquerez une ouverture qui sera bouchée par un tampon d’ouate.

Dans la boite vous déposerez de la laine synthétique de couleur sombre (les vers blancs seront plus facilement repérés) qui aura été humidifiée. Vous pouvez utiliser une petite plaque de verre (pas épaisse) ayant une de dimension égale à la moitié de la boite ou des morceaux de pots de fleur comme support de nourriture. Sur le support vous pouvez mettre des biscottes ou du pain dur trempé dans de l’eau ou, éventuellement, du lait.

Vous pouvez également utiliser des flocons d’avoine La température doit être comprise entre 25 et 28°C. Ensemencez la laine avec une souche existante. L’élevage aura un rendement maximal au bout de dix jours environ. Il faut de temps en temps rincer la laine sous l’eau claire et avoir une attention particulière pour les mouches, moucherons et acariens.

Il faudra redémarrer la culture lorsque le rendement baissera ou si l’hygiène de l’ensemble diminue. Pour le prélèvement un pinceau humide permet de récupérer les vers qui sont sur la vitre. Ne donner que la quantité exacte que les poissons peuvent manger rapidement. Ne pas donner de vers grindals plus de deux fois par semaine vue la teneur en lipides de ces derniers.

 

 

Les enchytrées

Les enchytrées sont des vers que l’on trouve dans les végétaux en décomposition et qui sont de plus grande taille que les vers grindals.

Comme ces derniers, ils sont riches en lipides et ne doivent pas être distribués plus de deux fois par semaine. Dans un récipient de terre cuite ou dans une petite caisse en bois, déposez huit centimètres d’un mélange constitué de 2/3 de terreau et d’un tiers de sable. Humidifiez légèrement le tout et entreposez-le dans un endroit sombre et frais (ne jamais dépasser 20°C, 11°C étant l’optimum).

Vous utiliserez une plaque de verre ou des morceaux de pot de fleur pour poser la nourriture qui sera constituée de pain ou de biscotte imbibée d’eau ou de lait. Ajouter de la nourriture dès qu’elle est consommée et supprimez la nourriture de plus de deux jours. Les vers ont tendance à s’agglutiner près de la nourriture est sont donc faciles à prélever. Il faut tout de même leur faire prendre un bain d’eau claire avant la distribution.

Les problèmes peuvent être liés aux moisissures, aux acariens, aux moucherons et aux mouches qui peuvent pondre sur la nourriture.

  

Les drosophiles

La drosophile est une petite mouche bien connue des chercheurs en génétique, elle est également utile aux aquariophiles. Un de ses inconvénients est de voler et donc d’avoir une tendance forte à s’échapper…

Pour la culture il faut utiliser de grands bocaux (2 litres si possible) que l’on fermera soit par un gros tampon d’ouate, soit par un morceau de bas de femme que l’on fera tenir grâce à un élastique.

On créera un mélange sec de 20 g de farine de maïs (quatre cuillères à café), 16 g de levure de bière sèche ou de boulanger (trois cuillères à café), dix grammes de Maïzena (deux cuillères à café) et dix grammes de Tapioca (deux cuillères à café). Ajoutez alors 200 ml d’eau et mélangez le tout.

Vous pouvez faire cuire une partie de cette préparation (garder le reste en réserve) durant vingt minutes environ. Utilisez cette préparation de manière à remplir trois centimètres environ du bocal. Laissez refroidir et maintenez le bocal entre 20 et 25°C. Introduire un morceau de papier essuie-tout ou de filtre à café : ceci servira de support aux mouches et aux larves tout en absorbant l’excès d’humidité. Ensemencez avec une souche existante que vous poserez directement sur le sol nutritif. Veillez à ce qu’il n’y ait plus d’humidité dans le bocal : les drosophiles se noient facilement… Quelques jours après, les asticots se transforment en pupes qui vont donner naissance aux mouches (compter quinze jours en tout).

Le prélèvement est facile avec les drosophiles de laboratoire (sans ailes), c’est plus difficile avec des drosophiles sauvages. Vous pouvez profiter de ces naissances pour ensemencer un nouvel élevage.

 

Les daphnies

Les daphnies sont une nourriture facile à trouver dans le commerce aquariophile sous forme vivante ou surgelée. Il existe différentes sortes de Daphnies dont la taille est assez variable (de un millimètre à quelques millimètres). Elles vivent dans toutes les mares, bassins, et poches d’eau sans poisson. Les daphnies ont une bonne valeur nutritive lorsqu’elles sont vivantes mais ne valent rien lorsqu’elles sont séchées.

Pour l’élevage prenez un grand récipient (un seau, une grande bassine, une poubelle propre…) que vous remplissez d’eau. Ensuite il y a plusieurs méthodes.

La première consiste à mettre de l’engrais liquide pour aquariums dans l’eau et d’exposer le récipient au soleil jusqu’à obtention d’une eau verte. Autres possibilités : ajouter dans l’eau de la levure de boulanger ou du crottin de cheval ou un peu de bouse de vache ou bien encore un peu d’eau verte d’une marre. Se procurer en magasin spécialisé (aquariophilie) des daphnies vivantes et les disperser dans la poubelle. Peu à peu elles vont se multiplier et il n’y a plus qu’à prélever la juste quantité nécessaire pour nourrir vos poissons à l’aide d’un tamis.

 

 

Les vers de vase rouge

Les vers de vase sont une nourriture facile à trouver dans le commerce aquariophile sous forme vivante ou surgelée.

Ce sont de petites larves rouges vifs d’un insecte proche du moustique et vivent dans la vase des étangs. Ils peuvent atteindre 2 cm de long. C’est une nourriture très appréciée des poissons et il faut veiller à en distribuer qu’une quantité raisonnable car sinon des indigestions sont possibles.

Pour récolter ces vers dans un étang, confectionnez-vous une petite caisse en bois dont le fond est un grillage (mailles de 1,2 à 1,5 mm).

Récupérez l’équivalent de quelques poignées de vase avec une petite pelle et mettez-la dans la caisse. Trempez la caisse dans l’eau et éliminez la vase et les fins déchets par de petits mouvements de rotation. Trempez délicatement la caisse de nouveau dans l’eau et les vers de vase flottent quelques instants : récupérez-les à l’aide d’une épuisette. Ils peuvent se conserver huit jours au réfrigérateur.

  

Les tubifex

Les tubifex sont des vers bruns longs et minces vivant dans les eaux fortement polluées en matières organiques et pauvres en oxygène, ils se trouvent donc naturellement dans la vase des étangs, dans les mares des champs mais également dans les égouts, les cours d’eau ou les mares d’eau sales.

Ce sont donc des aliments pour poissons qu’il convient de très bien nettoyer sous peine de pollution forte de l’eau de l’aquarium. Ils peuvent être dangereux également pour les hommes et les poissons. Pour les nettoyer, il faut les laisser dégorger pendant plusieurs jours sous un filet d’eau claire. Pour la distribution, utilisez une mangeoire flottante et ne donnez pas trop de vers aux poissons : c’est une nourriture riche. Attention, dans certains pays (comme en Belgique) il faut avoir un permis pour les pécher !

 

Les cyclops

Les cyclopes sont de petits crustacés d’eau douce qui n’ont qu’un seul œil (d’où leur nom !).

Seuls les cyclops de petite taille sont acceptables comme nourriture pour les poissons et alevins, en effet, si leur taille dépasse 5 mm ils deviennent dangereux pour les poissons et sont de véritables prédateurs.

 

Les vers de terre ou de terreau

Les vers de terre ou de terreau (plus petits) sont une bonne nourriture pour les poissons. Pour les élever, il suffit de prendre une simple caisse en bois dans laquelle vous mettez du terreau, des débris de végétaux (feuilles mortes, etc.).

Ensemencez ensuite avec quelques vers. Ajoutez de temps en temps du marc de café. Les vers trop grand peuvent être coupés grâce à une lame de rasoir.

 

 

Les Gammares

Les gammares sont les plus abondants des crustacés vivant dans les rivières et petits ruisseaux. Ils sont une nourriture très appréciée des truites (et donnent leur couleur rose à la chair de ces dernières). Les gammares sont, en conséquence, très utilisés pour la pêche à la truite.

Elles peuvent atteindre 1 cm de long. Les gammares se pèchent en utilisant une épuisette et en remuant le fond de l’eau et les cailloux : cela les fait fuir et il suffit de filtrer l’eau avec l’épuisette. Elles pourront être mises dans un bocal fermé.

Les gammares ont un grand besoin d’oxygène et elles ne se conservent pas longtemps en captivité. Il faut donc procéder à la distribution immédiatement après la pêche, le reste peut être cuit et congelé.

 

 

Les ténébrions

Les ténébrions, appelés également vers de farine, est un coléoptère.

Il s’agit d’un aliment de choix pour les gros poissons insectivores et il est facile d’en trouver dans les magasins d’articles de pêche (1,5 Euros environ pour une trentaine de vers). Pour réaliser un élevage, prendre un bocal en verre (de 0,5 litre à un litre) qui sera fermée par une moustiquaire. Vous remplirez la boîte de son (ou de petits copeaux de bois) et introduirez de petits morceaux de carottes et/ou de pommes sur la surface. La boite sera maintenue entre 20 et 25°C.

Les nymphes peuvent se faire attaquer par les vers et un simple morceau de laine peut les protéger efficacement. Il est préférable de prélever les larves lorsqu’elles viennent de muer : leur peau est plus fine et les poissons auront moins de mal à faire un festin. Lorsque vous avez des adultes, il est plus efficace de les mettre dans une boite dons le fond est constitué de farine recouverte d’une petite grille : cela évite que les adultes mangent leurs œufs…

 

 

Notes concernant la nourriture vivante

Les souches dont on parle dans cet article sont parfois difficiles à trouver. Si vous avez l’occasion d’en avoir une c’est vraiment le moment de commencer un élevage. En revanche, si vous n’en avez pas, vous pourrez trouver parfois des œufs dans les magasins spécialisés et parfois même des adultes vivants. Sinon vous avez de fortes chances de trouver des gens qui pourront vous en donner dans les nombreux clubs d’aquariophilie de votre région. En dernier recours, vous pouvez toujours tenter de contacter un élevage de poisson et voir s’ils veulent bien vous en vendre ou vous en passer.

Certains élevages sont sensibles aux acariens et aux champignons. Pour lutter contre les acariens il suffit d’utiliser un insecticide que l’on utilisera sur le contour du bocal ou du bac. Pour les champignons il faut utiliser un antifongique du commerce. Le plus connu des éleveurs est le Parahydroxybenzoate de méthyle, qui doit être dilué à raison de 50 grammes pour 1/2 litre d’alcool à 90° et incorporé dans les préparations nutritives (ne pas le faire bouillir). On peut également utiliser quelques grammes de la Mycostatine (vendue en pharmacie, expliquez au pharmacien l’usage que vous voulez en faire) que l’on mélangera à la préparation nutritive.

Lorsque vous pêchez des larves dans la nature veillez à ne pas introduite de larves ou d’insectes nuisibles qui pourraient s’être introduits par mégarde dans le produit de votre pêche (larves de libellule, larves de dytique, hydres, notonectes, argulus, gerris, larves d’aeschne…).